Wal Fadjri (Dakar)

Afrique: Canada-Afrique - des échanges commerciaux timidement en progression

Montréal — Certes en croissance soutenue depuis quelques années, les échanges commerciaux entre le Canada et l'Afrique demeurent encore faibles.Handicaps géographiques, méconnaissances mutuelles, faiblesses de l'offre africaine sont avancés entre autres comme explications. Mais une telle tendance s'inverse de plus en plus avec l'intérêt suscité à l'endroit de l'Afrique par le Canada.

Le tableau des échanges économiques présenté par Industrie Canada renvoie à une faiblesse du partenariat économique entre le Canada et l'Afrique. Figurez-vous qu'en 2006, les exportations canadiennes de marchandises à destination de l'Afrique n'ont représenté que 1 % de l'ensemble des exportations canadiennes, soit un volume financier de 1,95 milliard de dollars canadiens. Pourtant, nonobstant une telle faiblesse dans les chiffres, Industrie Canada explique que ceux-ci représentent une croissance de 41 % depuis 2002 ; alors que l'ensemble des exportations du pays sur la même période n'ont progressé que de 11 %. Il est à remarquer que pour les importations canadiennes de marchandises africaines, les hausses sont plus marquées, car se situant en 2006 à 8,13 milliards de dollars soit une progression de 264 % par rapport à 2002.

Seulement, le Canada ne commerce pas avec la totalité du continent. Industrie Canada fait remarquer qu'en 2006, 72 % des exportations canadiennes de marchandises à destination de l'Afrique sont concentrées pratiquement autour de cinq pays. L'Afrique du Sud (654 millions de dollars pour 33,5 % de parts des exportations), L'Algérie (253 millions de dollars pour 13 % de parts des exportations), le Nigéria (225 millions de dollars pour 11,5 de parts des exportations), le Maroc (168 millions de dollars pour 8,6 % de parts des exportations), le Ghana (110 millions de dollars pour 5,6 % de parts d'exportation). Ces cinq pays africains représentent environ 1 million 412 mille 641 dollars des exportations canadiennes en direction de l'Afrique.

Dans les détails, le Canada commerce avec l'Afrique du Sud en produits aérospatiaux et leurs pièces, en machines pour la construction, la culture du blé, l'abattage et la transformation d'animaux, en machines pour l'extraction minière et l'exploitation pétrolière et gazière. Avec l'Algérie, le Canada offre des produits dans les domaines de la culture du blé, de machines pour l'extraction minière et l'exploitation pétrolière et gazière, de culture de pois et haricots secs et de fabrication de machines pour la construction et d'usines de papier. Le Maroc reçoit du Canada des machines pour la culture du blé, l'extraction pétrolière et gazière, la culture de pois et haricots secs, la fabrication de matériel informatique et périphérique, et la fabrication de produits laitiers, sauf les produits laitiers congelés.

Avec le Nigeria, l'offre canadienne tourne autour de produits aérospatiaux et leurs pièces, du blé, de raffineries de pétrole, d'abattage et transformation d'animaux, d'automobiles et camions légers neufs et d'occasion. Pour le Ghana, on retrouve des machines pour la culture du blé, des grossistes-distributeurs de matières recyclables, la fabrication de machines pour la construction, de grossistes-distributeurs d'automobiles et de camions légers neufs et d'occasion, la fabrication de machines pour l'extraction minière et l'exploitation pétrolière et gazière. En tout, les cinq principaux produits canadiens exportés vers l'Afrique ont représenté 54 % de l'ensemble des exportations canadiennes à destination du continent.

L'Algérie en dominatrice pour les importations africaines au Canada

Il est à noter que le tableau d'exportations canadiennes ne suit pas la même logique pour les importations. Puisque, dans ce dernier segment, on retrouve des pays comme l'Angola et la Guinée équatoriale aux côtés de l'Algérie, de l'Afrique du Sud et du Nigeria. Un rapide survol de la configuration des importations canadiennes montre une orientation claire vers les produits pétroliers et miniers. A ce jeu, l'Algérie dame le pion au reste du continent avec près de 80 % des importations canadiennes de pétrole et de gaz qui proviennent de l'Algérie ; soit un volume financier estimé à 4 millions 953 mille 605 dollars représentant 60,8 % de parts des importations.

Avec le temps, le Canada a établi une bonne relation commerciale avec l'Algérie, et il existe de bonnes possibilités d'exportation et d'investissement dans une vaste gamme de secteurs qui correspondent aux capacités canadiennes, notamment le matériel et les services pour l'extraction pétrolière et gazière, les transports, les technologies de l'information et de communications, l'électricité, l'infrastructure, les applications environnementales et l'exploitation minière, note Industrie Canada. Le second de la classe, l'Afrique du Sud, est reléguée très loin par l'Algérie avec 815 mille 386 dollars canadiens pour des parts d'importations de 10 %. Le Nigeria suit la tendance pour un volume financier d'importations canadiennes de 734 mille 011 de dollars canadiens. Si pour l'Algérie, le Nigeria, l'Angola et la Guinée équatoriale, la structure des échanges tourne autour du pétrole et de ses dérivés, pour l'Afrique du Sud, le Canada achète des produits de fabrications minières.

Industrie Canada fait remarquer que : 'En général, les possibilités d'investissement pour les entreprises canadiennes se concentrent dans les secteurs de ressources naturelles, comme l'extraction minière, le pétrole et le gaz. Les pays riches en pétrole comprennent le Nigeria, l'Angola, le Tchad, la Guinée équatoriale, l'Algérie et le Soudan'. 'Toutefois, la croissance des produits de base au cours des dernières années a également encouragé les gouvernements à revoir les lois actuelles sur l'exploitation minière, car ils cherchent à profiter des prix élevés sans précédent. C'est le cas en Tanzanie et en Zambie, où ce processus est en cours. Mais, bien que les changements aux lois et/ou aux contrats puissent augmenter les coûts d'exploitation dans ces pays, il est peu probable que les modifications soient si radicales qu'elles nuisent gravement à leurs environnements d'investissement', indique Industrie Canada.


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