Pour la énième fois, l'ancien président Marc Ravalomanana réagit par rapport au verdict de la CCO sur la tuerie du 07 février, le condamnant à des peines de travaux forcés à perpétuité. En effet, dans une lettre en date du 07 septembre, dans laquelle il s'adresse aux « personnes concernées de Madagascar » depuis l'Afrique du Sud, l'ancien locataire d'Ambohitsorohitra dénonce « les abus sur notre système judiciaire ».
« Malheureusement, notre système judiciaire autrefois indépendant a été corrompu », déplore Marc Ravalomanana, avant de souligner : « J'ai soutenu la proposition d'une enquête indépendante pour établir les faits. J'ai demandé à l'Union européenne et à la SADC de mener conjointement cette enquête, mais le régime de Rajoelina a empêché cette enquête. »
Pourquoi ? A cette question, l'ancien président répond par des questions: « Etait-ce parce que la majorité de ceux qui ont péri le 07 février à Ambohitsorohitra semblent avoir été victimes des tirs par derrière? Etait-ce parce que la façade du Palais présidentiel présente des traces de balles suggérant que les tirs venaient de l'extérieur de l'enceinte du Palais- et non de l'intérieur? Etait-ce parce que je n'étais pas présent dans le Palais présidentiel au moment des tirs? ». « Tant que ce régime illégal continue de s'accrocher au pouvoir, la vérité restera cachée », indique dans sa lettre Marc Ravalomanana dont la condamnation sur le procès relatif à la tuerie du 07 février a été dénoncé par le gouvernement du pays où il a trouvé asile après le coup de force du 17 mars 2009.
Perpétuité. Jusqu'ici, bon nombre d'observateurs se posent des questions non seulement sur la précipitation avec laquelle la Cour Criminelle Ordinaire a jugé l'affaire du 07 février, mais aussi et surtout sur cette condamnation à perpétuité. Le verdict a été prononcé alors que la CNOSC, en partenariat avec la SADC, organisait une table ronde politique à l'Espace « Les Hérons » de Vontovorona. La mouvance Ravalomanana a demandé la suspension du procès pour instaurer un climat d'apaisement durant les négociations, hélas.
Or, la HAT sait pertinemment qu'un tel jugement compromet le processus en cours, en vue de trouver une issue consensuelle à la crise. L'opinion nationale est partagée sur le verdict. Une partie trouve ridicule la condamnation à perpétuité, une autre se dit satisfaite, car la Justice vient de sévir contre une personne accusée d'avoir donné l'ordre de tirer sur les preneurs du Palais.

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