Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Les tricycles dictent leur loi

Confectionnés pour le transport des bagages, les tricycles de Tambacounda se sont lancés sur le transport urbain. Un phénomène qui dérange les taximans et les charretiers. Dix personnes, filles comme garçons, assises face à face attendent d'arriver à destination. C'est le décor qu'offrent les tricycles de Tambacounda.

Ces moyens de transport qui ne font pas l'affaire des taximans qui ont vu leur clientèle diminuée à cause de ces motos à trois roues. Même les charretiers ne sont pas épargnés par ces moyens de transport qui s'imposent de plus en plus si on en croit à Lassana Diakité.

Cet homme d'une soixantaine d'année trouvé au garage des taxis, pas loin du marché de Tambacounda, s'inquiète du « terrorisme » des tricycles. Lassana Diakité, les yeux fixés sur sa montre entendant l'heure de couper le jeun martèle que les tricycles nous empêchent de faire notre travail. C'est ainsi que « ce qu'on gagnait avant on ne peut plus l'avoir à cause des tricycles. Si tu veux prendre un client, ils se précipitent pour venir les prendre », nous informe Lassana Diakité. Avant d'ajouter qu'on arrive plus à avoir un versement journalier normal.

Il y a plusieurs taximans qui rendent les clés des voitures à leur propriétaire, faute de ne pas pouvoir respecter leur engagement. « J'interpelle, lance Lassana Diakité, les autorités pour qu'elles nous viennent en aide pour se débarrasser des tricycles mais aussi sur l'état des routes ». Pour ce qui est des taxis jaunes de Dakar, Lassana Diakaté, annonce que « c'est l'état des routes qui fait que les autorités hésitent encore à nous apporter des taxis jaunes communément appelés taxis iraniens. »

Pour Kaly Camara, membre du Groupement des chauffeurs de taxis de Tambacounda, « c'est des personnes qui ont mis en place ces moyens de transports pour faire du transport urbain. Or ces motos sont affectées uniquement pour transporter des bagages ». Selon toujours notre interlocuteur, « les chauffeurs de ces tricycles n'ont même pas de permis de conduire. Ils prennent au moins 10 personnes par voyage, alors que sur leur carte grise, il est mentionné qu'une seule personne doit être à bord, c'est-à-dire le chauffeur seulement ».

Pour ce qui est du danger qui guette les passagers de ces motos, Kaly Camara d'informer que du coté du poids, il est mentionné sur leur carte grise que le poids total est de 175 kg et les 10 personnes plus le chauffeur et les bagages peuvent faire minimum 700 kilogrammes. Ce qui est une chose anormale.

C'est dans ce sillage que nous les chauffeurs de taxi « on a eu à interpeller les autorités compétentes en l'occurrence le gouverneur, les autorités policières, et les gendarmes à prendre toutes leurs responsabilités concernant les tricycles pour qu'on n'assiste pas à un autre Joola ici à Tambacounda », déclare Kaly Camara.


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