Gabonews (Libreville)

Gabon: « Nous permettrons aux slammeurs et aux conteurs de s'exprimer durant une semaine de rencontres et de partage », Latif Ogoula, coordonnateur de « Dire en Fête » 2010

interview

Libreville — Dans une interview accordée , il y a peu, à GABONEWS, le coordonnateur de la seconde édition du Festival « Dire en fête », qui débute lundi au Centre Culturel Français (CCF) de Libreville, Latif Ogoula, a mis en relief l'un des objectifs des organisateurs, en déclarant: « Nous permettrons aux slammeurs et aux conteurs de s'exprimer durant une semaine de rencontres et de partage ».

A partir de lundi 4 octobre, Libreville abritera la deuxième édition du Festival « Dire en fête », que vous coordonnez. Quelle sera la valeur ajoutée de cet évènement, cette année ?

Le CCF, dans son souci d'apporter sa contribution à la langue française, a décidé d'organiser la deuxième édition du Festival des Arts de la Parole, qui se tiendra du 4 au 9 octobre. La particularité de cette année, c'est que nous avons comme objectif, d'abord, de former les jeunes et d'initier des pédagogies. Nous avons choisi de le faire à travers la poésie urbaine, sans oublier le conte. A travers ces évènements, nous auront également des séances de formations destinées aux jeunes.

Puis, nous aurons la chance d'avoir des professionnels internationaux qui viendront encadrer ces jeunes et montrer le côté sensible de leur art. Cela permettra aux apprenants de valoriser ce qu'ils ont de mieux en eux.

La présente édition de « Dire en Fête » a été complétée de l'intitulé «Festival des Arts de la Parole», une nouveauté par rapport à l'année dernière. Pourquoi ce choix ?

Nous avons constaté qu'en Afrique, l'oralité est nôtre. En Afrique, on parle plus que l'on écrit. Lorsqu'on essaie d'effectuer des recherches, en termes d'écritures africaines, l'on se rend compte que beaucoup de choses n'ont pas été rédigées.

Il faut revaloriser ces valeurs africaines qui font notre fierté. Il s'agit de dire à travers ces jeunes, qui ont ce pouvoir, qui savent s'exprimer, savent ce qu'ils veulent, et présentent des textes assez « conscients », que l'art africain se base sur la parole.

Quels ambitions affichez-vous pour ce « Dire en fête 2010 » ?

Nous souhaitons que les jeunes gabonais saisissent la valeur de ce projet, et faire en sorte que ceux qui vont bénéficier des formations soient en mesure de pouvoir les retranscrire autour d'eux avec d'autres jeunes.

Mais surtout, nous invitons le public gabonais à profiter de ces opportunités qui leur sont offertes pendant pratiquement une semaine. Il y aura l'exposition photographique sur la tournée Slamophonie et des films éducatifs qui seront diffusés. En gros, nous permettrons aux slammeurs et aux conteurs de s'exprimer durant une semaine de rencontres et de partage.

D'une manière générale, quelles sont vos perspectives pour les années à venir ?

A travers cet évènement, nous souhaitons permettre à ces jeunes de pouvoir aller défendre les couleurs du Gabon à l'échelle internationale. L'année passée, lorsqu'on a monté le projet et réalisé, six jeunes ont participé à une initiative, Slamophonie, financée par culture France et la Francophonie. Ils ont effectué une tournée dans six pays africains sensiblement d'une durée de deux mois et pendant laquelle, il y avait également des formations, des spectacles. Cela a permis aux jeunes défendre les couleurs du Gabon hors des frontières du pays, et de confronter leur expérience avec celle des professionnels étrangers.

En Mars 2010, vous le disiez, plusieurs slammeurs africains ont pris part à la tournée sous-régionale de slam, Slamophonie. Peut-on s'attendre à un nouvel évènement du genre dans les mois prochains ?

Nous attendons le feedback des bailleurs de fonds et des personnes qui seraient à même de le financer. Mais, les projets sont là. Nous attendons juste qu'ils y répondent favorablement. Cependant, connaissant la portée du projet et son côté pédagogique, nous sommes sûrs que les choses iront dans un sens positif. La troisième édition verra le jour, la quatrième aussi. Et progressivement, les jeunes gabonais pourront vivre de leur art et seront reconnus comme des professionnels au niveau international.

Je vous remercie.

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