Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Fonction publique - De 65.700 recrutés en 2000, l'Etat est passé à 88.255 en 2010

Un grand bond dans le recrutement.â-àCette information a été rendue publique, vendredi dernier, lors du projet de budget 2011 du ministère de l'Emploi et de la Fonction publique, qui a été voté à l'unanimité par quelques députés présents à l'hémicycle. Celui-ci est arrêté à la somme de 2.655.861.010 FCfa contre 3.996.558.320 FCfa en 2010, soit une diminution de 1.340.697.310 FCfa en valeur absolue et 33,55% en valeur relative. De 65.700 en 2000, le gouvernement du Sénégal est arrivé à prendre 88.255 postulants.

Après la lecture du rapport (état des lieux des recrutements dans la Fonction publique), par le député Seydou Diouf, le ministre dudit département, Zacharia Diaw, a reconnu « entièrement » le contenu de ce document. C'est alors l'ouverture du débat général, sous la houlette du parlementaire de Walaldé, Moussa Sow. Sur une liste de 17 orateurs, les représentants du peuple ont eu des préoccupations diverses.

L'une des interventions les plus importantes est celle de l'honorable député Ndiawar Wade. Ce dernier a demandé au ministre de lui donner le chiffre du taux de chômage au Sénégal. Selon la parlementaire Seynabou Wade, il est tant de motiver davantage les ingénieurs agronomes, avant que le syndrome de la fuite des cerveaux n'arrive.

Cette inquiétude est partagée par Ndèye Guèye Cissé, préoccupée aussi par la situation des arabisants, et Emilie Diatta. Madiop Bitèye s'est indigné, lui, de la précarité de l'emploi. D'où la préoccupation de Mously Diakhaté qui s'intéresse aux statuts des préventionnistes recrutés en 2005 et affectés dans les régions.

Le député Néné Marième Kane a constaté le vieillissement du personnel. Il a demandé au ministre Zacharia Diaw de tenir compte des us et coutumes des femmes puulaar, car ces dernières n'acceptent pas d'être examinées par des infirmiers.

De ce fait, la parlementaire a laissé entendre que les prochains recrutements dans la Fonction publique ne doivent pas occulter cette donne traditionnelle.

22.555 recrutés entre 2000 et 2010

Famara Senghor a interpellé M. Diaw sur le recrutement de policiers dans la Fonction publique. M. Zacharia Diaw a rassuré que des efforts seront fait dans ce sens. «

Au niveau de la police, il y a un effort qui est en train d'être fait. Certes, il est insignifiant pour recruter quelques agents aussi bien de la police que de la gendarmerie », a laissé entendre le ministre qui fait savoir que des recrutements sont prévisibles.

« Il y a une période faste ou on a recruté 15.000 sur trois années, mais, aujourd'hui, au regard de l'environnement économique mondial, la situation de nos budgets et les obligations que nous avons au niveau de la sous-région de respecter certains critères font qu'on n'a pas toujours recruté autant qu'on aurait souhaité », a fait savoir l'ancien directeur de Cabinet du président Wade.

« Jamais dans la Fonction publique on a recruté en si peu de temps. Elle était à 65.700 en 2000. Aujourd'hui, nous sommes à 88.255 », a souligné le chef du département de la Fonction publique.

« Au courant de l'année 2010, le ministère des Finances, le Premier ministre, sur instruction du président de la République, nous ont autorisés à recruter 2910 agents publics répartis comme suit : 1500 dans l'éducation, 590 dans la santé, 220 dans la gendarmerie, 220 à la police, 90 dans l'administration pénitentiaire, 60 au niveau de la Douane, 20 pour l'agriculture , 70 agents des eaux et forêts, 20 architectes... », a-t-il affirmé.

Les retraités en chiffres

«  En 2011, au niveau du secteur de l'enseignement, 845 sont prévus pour aller à la retraite, 994 en 2012. Il y aura 1148 en 2013, 1171 en 2014, 1294 en 2015 », a informé Zacharia Diaw. Cette tendance se poursuit également « chez les fonctionnaires : 312 en 2011, 324 en 2012 et 300 en 2013, etc.

On a une courbe ascendante. C'est un tableau de bord que nous avons et, en début d'année, nous gérons les départs à la retraite », dira le ministre. « Trois mois avant leur départ, ils ont la décision de radiation », a affirmé Zacharia Diaw.

« Les personnes ne savent pas ce qu'il faut faire pour que, aussitôt allé à la retraite, bénéficier des droits à la pension », s'est désolé l'invité des parlementaires, vendredi, en début d'après midi. « Il y a tout un dossier complémentaire à faire », note-t-il.

Recrutement sur concours

L'une des idées qui y a retenu l'assistance de l'hémicycle est sans doute celle qui a trait au recrutement dans la Fonction publique via le concours. « Dans certains pays, à un certains niveau de responsabilité, c'est le concours qui est fait », a plaidé Zacharia Diaw.

« Je rentre du Canada. Les hauts fonctionnaires sont gérés d'une manière rationnelle, et c'est le concours qui permet d'accéder », convainc-t-il. « Le concours d'entrée est une garantie », a ajouté M. Diaw.

« La politique de promotion de l'éducation du président de la République fait que tous les jeunes formés ne peuvent pas être accueillis dans la Fonction publique », a annoncé l'ancien gouverneur qui a ajouté que plus de 100.000 demandes sont en état de traitement.

Le relèvement du point indiciaire des salaires

En défenseur aguerri de la politique du gouvernement de l'emploi, le ministre lève toute équivoque : « Je suis bien placé pour le dire. Jamais dans l'histoire du pays on a accédé à ces niveaux de salaires.

Il faut le reconnaître. En 2004, on a relevé le point indiciaire de 13%, en 2006, on a ajouté 4%, en 2007, on a ajouté 2,4% ». A l'en croire, cette courbe va atteindre en 2011, 29% d'augmentation.

« Le point indiciaire était bloqué à 39,86F », rappelle-t-il, avant de laisser entendre que toutes ces modifications sont dues à l'envie du président de valoriser les ressources humaines.

Listant les indemnités qui accompagnent les salaires (celles du risque, de motivation...), le ministre a souligné que des efforts considérables ont été fait, malgré nos contraintes budgétaires.

Reconnaissance de l'arabe

L'apprentissage de la langue arabe dans le cycle primaire a permis au ministre de bien cerner cette partie de la question. La situation de ces arabisants préoccupe plus d'un.

Le ministre a reconnu la valeur de leur savoir avant de rassurer qu'avec leurs partenaires comme la Bid (Banque islamique de développement), ces derniers seront pris en charge.

Car, déclame-t-il, « on veut donner les mêmes chances à ceux qui sont formés en français ou en arabe ». Pour étayer ses propos, M. Diaw est revenu sur le cas de certains opérateurs économiques qui ne savent parler que la langue arabe et arrivent à « monter des structures qui sont au top ».

Diplôme reconnu dans la Fonction publique

« Je pense que c'est un problème très crucial. Les parents d'élèves, du fait de la publicité, de l'envie que tout le monde a de donner des capacités à ses enfants, ont vu des écoles privées de formation essaimer ici.

C'est des écoles reconnues, autorisées, mais dont les diplômes ne sont pas classables, ne sont pas sur la liste des diplômes reconnus pour accéder à la Fonction publique. C'est ça le problème », a déclaré notamment Zacharia Diaw.

Il a noté que le président de la République les a instruits, en rapport avec le ministre de l'Enseignement supérieur, de régler ce problème. « Je ne suis pas le maître d'oeuvre, moi je constate que tel diplôme est reconnu, vous le présentez, je le prends.

Je participe aussi à l'évaluation. Mais, c'est ceux qui sont chargés de la formation académique, en rapport avec le Cames, qui donnent la liste des diplômes classables  », narre-t-il.

Plus de 3.000.000 de personnes inoccupées au Sénégal

« Aujourd'hui, on peut dire qu'il y a dans la structure formelle, privé-public environ 400.000 », remarque Zacharia. Il poursuit pour dire qu'il y a 3.500.000 personnes en âge d'être occupées qui ne le sont pas sur les 11 millions d'habitants et plus.

« Le taux de chômage est de 14% », répertorie le ministre. Selon lui, c'est l'économie qui doit promouvoir l'emploi ou des politiques comme la Grande offensive agricole pour la nourriture et l'abondance (Goana).

« La Fonction publique ne peut pas être élitiste. Je parle des chauffeurs, des agents de services, des courtiers, de tout le personnel qui est utile et indispensable pour traiter certaines questions ».

Révision de la Convention Etat-employeur

Au chapitre toujours des réponses, M. le Ministre a répondu à l'honorable député libéral Wack Ly que la Convention Etat-employeur doit être révisée pour qu'elle soit beaucoup plus opérationnelle.

Il faut la mettre en cohérence avec la nouvelle politique de l'emploi dégagée par le gouvernement afin qu'elle soit un levier de promotion de l'emploi, parce qu'il est persuadé que la vraie bataille, c'est l'emploi.

Ads by Google

Copyright © 2010 Le Soleil. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.