La Tribune (Algiers)

26 Décembre 2010

Algérie: Agents de joueurs - La bonne personne qui prodigue le conseil adéquat ?

Une vingtaine d'agents de joueurs, un secteur encore méconnu et qui semble rapporter gros, exercent actuellement ce métier en Algérie. La profession d'agent de joueurs ne requiert pas une qualification particulière, bien qu'on n'y débarque pas comme ça. Sous l'égide de la Fifa, les fédérations affiliées organisent des sessions annuelles de concours d'agent de joueurs ; une profession qui suscite de plus en plus d'engouement.

Pour devenir un agent de joueurs, il n'y a pas de diplôme académique exigé, mais ce n'est pas pour autant facile comme métier. Il est vrai que la plupart des agents sont d'anciens joueurs, mais cela n'empêche pas que certains n'avaient rien à voir avec le monde du foot avant d'intégrer cette profession qui requiert un sens poussé de la communication et du commerce.

Un agent de joueurs doit impérativement avoir du flair pour les bonnes «occasions» et il doit connaître du monde dans l'univers du foot ; son carnet d'adresses est son outil principal de travail pour vendre sa «marchandise».

Pour devenir un agent de joueurs licencié et agréé par la Fifa, il faut se soumettre à une session d'examens qu'organise la plus haute structure du foot, en collaboration avec les Fédérations nationales affiliées, deux fois par an (mars et septembre).

Pour devenir un agent de joueurs licencié par la Fifa, il faut passer par un examen portant sur vingt questions, dont quinze concernant la réglementation internationale et cinq sur la réglementation nationale (selon l'affiliation du candidat).

Ces questions portent généralement sur le droit civil et celui des obligations en matière de foot et les règles des transferts. Il faut préciser qu'en cas d'échec, le candidat recalé peut se présenter à une deuxième session sans délai.

Seulement, s'il n'obtient pas le nombre de points requis, il lui est alors interdit de prendre part aux deux sessions suivantes. Et si la troisième fois, le candidat ne parvient toujours pas à être admis, il devra alors attendre deux ans avant de pouvoir se représenter à une autre session.

C'est la Fifa qui détermine le nombre de points requis pour être admis

C'est la Fifa qui détermine au préalable le nombre de points requis pour être admis. Pour prendre part à ces sessions, toute personne qui aspire à l'obtention d'une licence d'agent de joueurs doit se conformer à certaines exigences.

Elle doit adresser une demande écrite à la Fédération nationale du pays dont elle est originaire, ou du pays dans lequel elle a élu son domicile légal depuis au moins deux ans, s'acquitter des frais d'examen et avoir une parfaite réputation dans le milieu footballistique. Une cotisation de 5 000 dinars est nécessaire.

Tout candidat ayant réussi cet examen doit souscrire une police d'assurance de responsabilité civile professionnelle auprès d'une compagnie d'assurance du pays dans lequel il a réussi l'examen et la faire parvenir à la Fédération nationale concernée.

La couverture maximale doit être fixée en fonction du chiffre d'affaires réalisé par l'agent de joueurs qui est tenu de renouveler immédiatement son assurance dès expiration sous peine de retrait de sa licence. Il doit ensuite souscrire par écrit au code de déontologie.

Ainsi accordée, la licence est délivrée pour une durée indéterminée et l'agent de joueurs est autorisé à exercer son activité de médiation à l'échelle mondiale. Bien que la Fifa ait mis en place certains critères pour exercer la profession d'agent de joueurs, la réalité est toute autre. En effet, à l'image de notre football d'ailleurs, cette profession connaît aujourd'hui une anarchie totale ; des agents de joueurs, on ne voit qu'eux.

Les dirigeants des clubs, les entraîneurs et même les supporters deviennent, comme par enchantement, des agents. De là, le secteur ressemble à une «dlala» (marché aux puces) où chacun propose sa «khorda».

Il suffit juste d'un joueur du continent, un CD de ses «exploits» et une commission décidée par tel ou tel dirigeant pour faire passer ce joueur pour une «star» et le tour est joué. Que n'a-t-on pas vu et entendu ?

Des maçons venus d'Afrique ont été proposés à des clubs de première division sous forme de joueurs internationaux. Les sommes colossales des transferts et le pourcentage de l'agent pour chaque transaction sont pour beaucoup dans ce désordre que connaît actuellement le secteur. L'engouement pour cette profession est à l'image du foot lui-même qui est devenu un créneau porteur et un commerce qui rapporte des sommes colossales.

La profession connaît aujourd'hui une anarchie totale

La Fifa interdit formellement aux joueurs et aux clubs d'avoir recours aux services d'agents de joueurs non licenciés, ce qui n'est malheureusement pas le cas chez nous, où le nombre d'agents non agréés dépasse même celui des agents licenciés ; gain facile oblige. Il est urgent de régulariser ce métier.

C'est un secteur qui a besoin de s'améliorer en Algérie et ailleurs. Il y a beaucoup d'opportunistes qui opèrent dans ce domaine. Un parent ou un avocat peut représenter un joueur.

Il faut que les parents sachent choisir, surtout ceux qui ne veulent pas recourir à des agents de représenter eux-mêmes leurs fils, même quand ils dépassent les 18 ans. C'est la loi que beaucoup ignorent. Il faut savoir qu'un joueur peut mettre fin, à tout moment, au contrat qui le lie à un agent.

Il suffit qu'il rédige une lettre recommandée, mentionnant qu'il ne veut plus être représenté par l'agent en question. Pas mal de carrières de footballeurs ont été brisées à cause de l'ignorance des règlements.

Enfin, ce que l'agent peut apporter au joueur et au club, c'est une pierre à l'édifice. On constate qu'il y a de plus en plus d'agents de joueurs dans le monde du sport, tout particulièrement dans la discipline du football.

C'est un fait ! Tous nos clubs ont eu, à un moment ou à un autre, à négocier avec eux, lors d'opérations de recrutement. Dans un passé récent, on a vu bon nombre de joueurs - près de 47 - venus intégrer les rangs du club par l'intermédiaire justement d'agents. Et dans la plupart des cas, ils ont été leurrés, trompés sur la qualité. Les plus avisés ont, en ce début de saison, plutôt opté pour la formation des jeunes au sein du club.

Prudence, prudence...

Autrement dit, ils n'ont pas eu recours à des agents de joueurs pour entreprendre de bâtir une équipe. Aujourd'hui, il faut être très prudents et très méfiants à leur égard d'une manière générale, même si on rencontre des agents crédibles.

La preuve, certains clubs ont été très satisfaits du rendement de leurs recrues locales ou étrangères grâce à ce genre d'intermédiaires. Il semble que le temps est venu pour instaurer des lois avec beaucoup de vigueur et de rigueur pour organiser tout cela. Un cadre juridique est nécessaire pour protéger les intérêts de toutes les parties : joueurs, clubs et agents de joueurs également. Les droits de chaque partie pourront ainsi être préservés.

Normalement, un agent de joueurs est un professionnel chargé de trouver des contacts aux joueurs dont il s'occupe, de les mettre en rapport direct avec des clubs en vue de la conclusion de transferts, en contrepartie d'une rémunération ou d'une commission. Il peut être sollicité au sujet de la revalorisation des termes d'un contrat ou même de la gestion de l'ensemble de la carrière d'un joueur.

Seulement, là où le bât blesse, c'est que la profession n'est pas bien réglementée et n'est pas bien définie, à l'image de notre professionnalisme, et verse souvent dans la confusion et le tâtonnement.

Agents, joueurs et dirigeants confondent les tâches assignées aux uns et aux autres, émettent des réserves quant à la fiabilité des intentions et des démarches et comprennent mal les finalités et les procédures.

Ce qui explique l'existence de quelques abus dans la gestion des affaires des joueurs et la présence d'intrus peu soucieux d'éthique et de probité. Pour y remédier, il est indispensable d'être un peu plus exigeants et sévères au niveau des critères de sélection et d'accréditation des agents de joueurs, notamment en ce qui concerne leurs qualités de communication, de marketing et de relations publiques. Et surtout réglementer et baliser davantage la profession pour éviter le moindre dérapage et épargner notre mièvre football d'un autre désagrément.

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