Le sergent-chef nigérien Souley Oumarou a remporté en 2h26' la troisième édition du Marathon international « Bank of Africa » (BOA) de Bamako le 23 janvier 2011. Les ambassadeurs du Burkina, Anatole Gouba et le caporal Harouna Ouédraogo, se sont classés parmi les 15 premiers de cette compétition dont le coup d'envoi et l'arrivée ont eu lieu au stade omnisports Modibo-Kéïta.
Inéluctablement, on se dirige vers l'institutionnalisation du marathon international BOA de Bamako. Et l'ambition affichée est de faire en sorte que, chaque année, au mois de janvier, les athlètes accourent des 12 pays du continent où Bank Of Africa (BOA) dispose d'une filiale pour participer à ce sport d'extrême endurance. Financé par la banque, ce marathon est organisé par la Fédération malienne d'athlétisme (FMA).
La troisième édition de cette compétition a été placée sous la présidence du chef de l'Etat malien, Amadou Toumani Touré. Le nombre de participants a beaucoup augmenté, car près de 3 020 personnes ont été annoncées sur la ligne de départ contre 2 000 l'an passé. Pour ce troisième jamboree sportif, 8 pays étaient représentés : Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Kenya, Niger, Sénégal, Tanzanie et bien sûr le Mali.
Ce dernier pays a inscrit plus de 1 500 militaires et autres corps habillés à cette compétition. Et puisque nous sommes dans le domaine marathonien, les supputations allaient bon train. On misait davantage sur un triomphe du Kenya (3 athlètes) et de la Tanzanie (2 athlètes), qui sont des nations des sports de fond, mais aussi du Niger (2 athlètes) qui s'impose assez bien depuis quelques années sur ces segments de compétition. L'un dans l'autre, on était sûr d'une chose : ce marathon serait de bonne facture.
Pour assurer un succès éclatant et de la visibilité à cette rencontre sportive, le financier, le groupe BOA n'a pas lésiné sur les moyens. Ainsi, il a déboursé 66 millions de francs CFA pour l'organisation de la compétition dont de larges pans ont été retransmis en direct par la radiodiffusion télévision malienne. Les prestations de vedettes musicales et les sauts de parachutistes ont, entre autres, contribué à égayer le public qui avait fait massivement le déplacement au stade omnisports Modibo-Kéïta.
Souley Oumarou sur la plus haute marche du podium
750 policiers et agents de sécurité ont veillé au bon déroulement de la fête sportive. Le top de départ du marathon a été donné sur le coup de 15 heures par le ministre malien de la Jeunesse et des Sports, Hamane Niang. Comme un long train, le cortège des athlètes s'est ébranlé pour parcourir les 42 km 195 m de ce marathon qui s'est déroulé dans un circuit fermé à l'intérieur de la capitale malienne. Mais le parcours sera de courte durée pour nombreux des concurrents, véritables plaisantins et dont certains n'ont pas pu courir 300 m. Les plus téméraires des plaisantins sont arrivés à boucler 3, voire 5 Km.
Par contre, au niveau des vrais athlètes, la lutte était âpre. Très vite un peloton de tête s'est constitué avec 10 coureurs. On était au Km5. Plus tard les Nigériens Souley Oumarou et Abdoul Kader Rabé Hassaou, le Kenyan Limo Joel Karonei et le Tanzanien Mashaka Msumbuko prennent le large. Derrière, les autres trottinent avec peine. Au Km27, les deux Nigériens et le Kényan se détachent nettement. Ils ne seront plus rattrapés par leurs poursuivants. La course est menée par le Niger. Mais puisant dans ses réserves, le Kényan parvient à se positionner entre ses challengers.
Une place qu'il ne quittera plus. Du coup, on a ainsi le trio d'arrivée de ce marathon. Mais c'est Souley Oumarou qui franchira le premier la ligne d'arrivée avec un chrono de 2h 26 mn 27 sec. Il empoche du même coup la coquette somme de un million de nos francs. En tout, parmi les dix premiers, on enregistrera cinq pays : le Niger (1er et 3e), le Kenya (2e et 6e), le Mali (4e, 5e, 8e et 10e), la Côte d'Ivoire (7e), le Sénégal (9e). Les Burkinabè, Anatole Gouba et le caporal Harouna Ouédraogo, se sont placés parmi les quinze premiers avec des chronos de 2h55 et 2h59.
Alors qu'il s'était classé deuxième l'an dernier, le sergent-chef Souley Oumarou vient de monter sur la plus haute marche du podium. Mais il a le triomphe modeste : « Vu le travail qu'on a fait avant de venir, on peut dire qu'on était un peu confiant. La seule inquiétude était le manque de repos, car on est arrivé à Bamako la veille de la compétition à 22 heures. Le marathon n'est pas prévisible ; tant que tu n'as pas franchi la ligne d'arrivée, tu ne peux pas dire que tu as gagné.
Mais quand j'ai terminé le 40e km, j'ai eu confiance en moi et je me suis dis que je vais gagner. Je dédie le prix à mon entraîneur. Il nous a beaucoup encouragés lors des entraînements. Cela fait 7 marathons auxquels j'ai participé ». Son coach est le lieutenant Inkad Gado, entraîneur de fond de l'équipe nationale du Niger. Celui-ci est très satisfait, surtout que ces athlètes n'ont pas fait la reconnaissance du circuit mais heureusement que « le climat du Mali est le même que celui du Niger. Notre secret, c'est le travail, c'est l'entraînement. Mais les autres secrets tactiques de l'entraînement, on ne les dévoile pas ».
« Le Burkina n'a pas à rougir »
Côté burkinabè, on n'est pas découragé pour autant, même si les résultats sont en deçà des attentes pour Anatole Gouda : « Je suis rentré 13e en 2h 55. Je ne suis pas trop déçu. Car beaucoup ont terminé (avant ou après moi) mais on les a évacués à l'hôpital. Merci à la Banque of Africa. Je salue aussi un ami, Ouédraogo Seydou, qui m'aide beaucoup dans la préparation de mes marathons ».
Le caporal Harouna Ouédraogo est à son troisième marathon. Il a bouclé le circuit en 2h 59 mais il a estimé que la difficulté pour lui a été de courir une telle distance dans l'après-midi. Mais qu'a cela ne tienne, il a déclaré avoir appris beaucoup de cette compétition même si « je regrette qu'on ne soit pas rentrés parmi les dix premiers. Mais on espère mieux faire la prochaine fois ».
Le coach burkinabè, Bamouni Idrissa, professeur d'Education physique et sportive (EPS) à Ouahigouya au lycée Yadéga, préfère voir le verre à moitié plein qu'à moitié vide : « Quand on venait, au regard du manque de compétition, on n'espérait pas prendre le trophée mais au moins classer un des athlètes parmi les 10 premiers. Mais on est quand même satisfait, car les places qu'on a eues nous ont réconfortés. Franchement les athlètes se sont battus. Je suis assez content pour eux surtout qu'ils ont pu terminer la course.
Les difficultés, ce sont les côtes, les montées d'échangeurs et la fin du parcours puisqu'on terminait la course par une longue montée. J'exhorte la Fédé à lancer des compétitions de fond, dans la mesure où cela nous permettra de mieux défendre les couleurs nationales à l'extérieur ». Amadou Diallo, le secrétaire général de la Fédération burkinabè d'athlétisme (FBA), il n'y a pas à rougir, car « on s'est classé parmi les 15 premiers, ce qui est une performance vu le nombre et la qualité des participants.
Il y avait des Kényans, des Tanzaniens, des Nigériens... franchement je crois que c'est un très bon résultat d'autant que cette discipline n'est pas très pratiquée ici au Faso ». Ce qui est certain, c'est que la FBA espère un partenariat durable avec la BOA, car « On a d'autres projets au plan national et on compte approcher la banque pour qu'elle nous accompagne. Notre ambition est de bâtir un partenariat qui va au-delà du marathon de Bamako ».
Signalons qu'outre ce marathon il y a eu une course de 5 km pour les cadets garçons et filles et une de 10 km pour les femmes de plus de 18 ans. Le Groupe Bank of Africa, fondé en 1982 au Mali, est aujourd'hui présent dans 12 pays, à travers un réseau de banques commerciales et de sociétés financières, toutes entièrement dédiées au continent africain. Le Groupe Bank Of Africa croit en l'avenir de l'Afrique et y contribue. Les Banques du Groupe BOA facilitent la scolarisation des enfants grâce à des services adaptés. Elles sont attentives aux nouvelles générations en proposant des produits spécifiquement conçus pour accompagner leurs premiers pas dans la vie active.
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