Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Ignorés par le nouveau statut dans la police - Les policiers à la retraite portent plainte contre l'Etat

Ils sont 105 mille policiers à la retraite ayant servi sous le drapeau national. Ils ont longtemps attendu le nouveau statut afin de voir leur situation s'améliorer. Mais au finish, ils ne se sentent pas concernés par le nouveau statut. Voilà pourquoi, ils réclament, depuis lors, une rencontre avec Wade, mais en vain. Pour se faire entendre, ils menacent et portent plainte contre l'Etat du Sénégal.

La loi n° 66-07 du 18 janvier 1966 relative au statut du personnel des forces de police est dépassée par les nouvelles réalités sociales.â-¨ Aussi, pour apporter des réponses adéquates à toutes ces réalités, le renouvellement profond du statut du personnel de la Police nationale est devenu nécessaire. Le gouvernement en est conscient et voilà pourquoi un nouveau statut des policiers a été voté. Mais ce nouveau statut n'agrée guère les policiers à la retraite. Réunis à Rufisque, les anciens flics, tous corps confondus, ont dit leur courroux. 'Nous demandons au président Wade de nous recevoir pour discuter du nouveau statut de la police. Depuis des années, nous courons derrière cette rencontre, mais rien. Et dès demain (ce lundi, Ndlr), nous allons ester en justice contre l'Etat du Sénégal. Nous allons rencontrer ce lundi Me Aïssata Tall Sall pour engager la procédure judiciaire et retrouver tous nos droits', révèle le porte-parole des anciens policiers Cheikhouna Keïta.

Mais ils n'entendent pas se limiter à user des voies de droit. Et M. Keïta le précise et fait dans la menace : 'Nous sommes 105 mille membres établis partout au Sénégal avec nos familles. Par conséquent, nous allons engager la bataille politique. Sur le système et Abdoulaye Wade, nous connaissons beaucoup de choses. Nous irons vers l'opposition, être actif et aider l'opposition à faire partir ces gens. Nous allons non seulement leur donner nos cartes et celles de nos familles, mais nous allons leur demander de nous laisser occuper les bureaux de vote afin que nous soyons leurs mandants. Si le directeur général de la sûreté nationale fait de la politique, il la fait pour lui-même. Il ne défend pas l'intérêt des policiers car il aurait dû parler'.

Au cours des travaux de la commission parlementaire sur le statut des policiers en 2009, il avait été observé que, depuis plus d'une décennie, le niveau d'études des candidats recrutés dépasse de loin celui requis pour les concours pour lesquels ils ont postulé. A titre d'exemple, pour le concours de recrutement des gardiens de la paix, il s'est avéré que le niveau réel des candidats est celui du baccalauréat, voire plus, alors que le diplôme requis est, à ce jour, le Certificat d'études primaires élémentaires (Cepe).C'est ainsi que le relèvement des niveaux de recrutement pour tous les corps de la police est devenu une exigence de premier ordre.

Conséquemment à ce relèvement du niveau de recrutement et pour parachever cette mutation, une nouvelle dénomination des corps est envisagée. Ainsi le corps des gardiens de la paix devient celui des agents de police, le nouveau corps des sous-officiers de police regroupe les anciens inspecteurs de police et sous-officiers de paix, le nouveau corps des officiers de police est exclusivement ouvert aux sous-officiers de police par voie de concours professionnel, le corps des commissaires de police regroupe désormais les anciens commissaires de police et les officiers de paix supérieurs.Par ailleurs, pour être conforme à l'évolution de l'institution policière au plan international, il s'avère nécessaire de créer les grades hors hiérarchie d'Inspecteur général de police et de Contrôleur général de police, comme il en existe dans plusieurs pays. Restée trop longtemps en dehors de cette évolution, la police sénégalaise franchirait, avec ces nouvelles dispositions, un pas décisif vers la modernité.

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