Les convoyeurs de fonds et les agents de sécurité menacent de régler, à leur manière, les problèmes auxquels ils sont confrontés. En plus de salaires variant entre 25 mille et 90 mille francs quand ils sont payés, ils n'ont pas de bulletins de salaires et les contrats sont illégaux. Mais, c'est surtout le comportement des employeurs que fustigent ces agents qui ont écrit au Premier ministre pour le mettre en garde.
Dans une lettre adressée au Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, les convoyeurs de fonds et les agents de sécurité affiliés à la Cdsl crient leur désarroi face à leurs 'conditions exécrables' de travail. Cependant, ces travailleurs qui sont pour l'essentiel d'anciens militaires, préviennent qu'ils ne vont pas se limiter à se lamenter sur leur sort.
Si le gouvernement ne réagit pas, ils menacent de régler leurs problèmes à leur manière. 'En tant que républicains, il ne sera jamais question d'accepter cet état de fait. Il y a une limite à tout, et il est temps que les autorités politiques, administratives, parlementaires et militaires prennent leurs responsabilités avant que nous ne réglions nos problèmes à notre manière, parce qu'on ne nous aura pas laissé le choix', prévient, dans cette missive, Jean Léopold Diouf, le secrétaire général du syndicat.
Dans la lettre adressée au chef du gouvernement, ces agents de sécurité et convoyeurs de fonds, qui dressent un tableau sombre de leurs conditions de travail, soutiennent qu'ils en ont assez d'avaler des couleuvres.
Pour eux, leur situation ne peut pas durer infiniment.'Permettez-nous de vous dire que ce genre de situation ne peut pas être éternel, car nous aussi avons droit de vivre avec un minium de confort et d'entrevoir des perspectives heureuses.
Nous pensons qu'il est impensable que des travailleurs aussi nombreux dans un secteur aussi important, puissent continuer à vivre et travailler dans ces conditions pénibles', expliquent ces travailleurs, qui invitent le président de la République à se saisir de la question.
A titre d'exemple, le secrétaire général du syndicat fait savoir que les salaires varient entre 25 mille et 90 mille francs, quand ils sont payés. Il dénonce aussi l'absence de bulletins de salaires et les contrats illégaux.
En outre, il déplore l'inexistence de prise en charge médicale pour la quasi-totalité des travailleurs et les défauts de cotisation à l'Ipres et à la Caisse de sécurité sociale. Mais, c'est surtout le comportement des employeurs que fustigent ces agents, puisqu'ils leur renient le droit de s'organiser en syndicat, d'après le secrétaire général du syndicat.
Par ailleurs, Jean Léopold Guèye, qui poursuit sa complainte en affirmant que le mécontentement grandit dans leurs rangs, ajoute qu'ils ont fait le constat du manque de considération de la part des autorités politiques, voire de leur complicité dans la précarité dans laquelle ils survivent. '
Et pourtant, nous sommes partout dans les domiciles des dirigeants nantis de ce pays, dans les usines, les sociétés, les services et autres secteurs de la vie de notre pays', souligne Jean Léopold Diouf.
Et le pire, selon lui, c'est qu'en tant qu'anciens militaires qu'ils sont, ils sont laissés à la merci des chefs d'entreprise, 'des véritables hors la loi' à qui tout est permis, alors qu'à contrario, rien ne leur est pardonné. Selon le secrétaire général dudit syndicat, quelque cinquante mille jeunes soldats ont quitté les drapeaux depuis vingt ans.
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