Le Pays (Ouagadougou)

Burkina Faso: Réfléchir sur l'accès des femmes aux soins

Le 8 mars 2011, les femmes de l'inter-comité des femmes des centrales syndicales, celles de l'association Kebayina des femmes du Burkina et la division femme-enfant du MBDHP ont organisé à la bourse du travail de Ouagadougou, les activités de commémoration de la journée internationale de la femme. Une grande conférence suivie de "dassandaga" et des activités qui permettront de réfléchir sur le thème "l'accès des femmes aux soins de santé au Burkina Faso".

Le 8 mars 2011 marque le centième anniversaire de la Journée internationale de la femme, une journée que les femmes de différents groupes syndicaux n'ont pas voulu se faire conter. Elles ont, pour l'occasion, organisé une journée de réflexion sur un thème qui leur tient à coeur. "Accès des femmes aux soins de santé au Burkina Faso", c'est le thème choisi par les femmes pour apporter leur contribution à la quête de meilleures conditions de vie des femmes au Burkina Faso. Pour le conférencier, Pissyamba Ouédraogo, attaché de santé au CHU-YO et secrétaire général du SYNTSHA, section du Kadiogo, parler de la question de l'accès des femmes aux soins dans notre pays, c'est évoquer celle de toute la population, les femmes constituant la majorité de la population avec 52%.

Pissyamba Ouédraogo, dans son adresse aux femmes des centrales syndicales, s'est appesanti sur quatre grands axes. Ces points s'articulent autour de l'aperçu fait du système de santé du Burkina Faso de 1960 à nos jours, de l'offre spécifique de santé à la femme, de l'analyse de fait de la situation du système, des facteurs limitant l'accès des femmes aux soins ainsi que des perspectives pour une meilleure prise en compte de la question. Le système de santé de l'époque coloniale était surtout basé sur la productivité. L'intention du colon étant de produire le maximum, le colonisé devait être toujours en bonne santé. Il a fallu attendre les années 1970 pour voir les premières orientations gouvernementales en matière de santé, puis la politique sur les soins de santé primaires en 1978 et l'adoption de l'initiative de Bamako par le Burkina Faso. Cet élan a été ralenti par les politiques d'ajustement structurels (PAS) en 1990 qui ont amené le gouvernement à se désengager du secteur.

De la politique nationale de développement sanitaire à la politique de développement de la santé, rien n'a pu améliorer l'accès de la femme aux soins. Selon Pissyamba Ouédraogo, il ressort des dernières études que le Burkina Faso dispose de 3 CHU, 9 CHR, 1373 CSPS, une pyramide qui n'oblige pas le patient à se rendre spécifiquement dans tel centre de soins ou dans tel autre. Il est libre de se rendre dans le centre de son choix. En termes d'infrastructures, des efforts restent à être consentis. Au regard des ratios recommandés par l'Organisation mondiale de la santé, le Burkina Faso a d'énormes retards à rattraper. Le pays dispose de 43 gynécologues dont 2/3 à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso ; les sages-femmes et maigneuticiens d'Etat sont au nombre de 1057 dont un ratio de 01 pour 14 883 pendant que l'organisation mondiale de la santé recommande 01 pour 5 000. En termes financiers, le budget de l'Etat a reservé au secteur de la santé pendant quelques années, 8,3 à 9,5% du Budget de l'Etat, ce qui est inférieur au minimum requis fixé à 15% du budget national.

Les indicateurs actuels donnent un taux de mortalité très élevé avec 307 décès pour 100 000 naissances vivantes au Burkina Faso ; les régions les plus touchées sont le Centre et le Sahel. De nombreux facteurs limitent l'accès des femmes aux soins, a dit Pissyamba Ouédraogo. Ces facteurs sont entre autres, la pauvreté, les facteurs politiques et institutionnels, la disponibilité des agents, l'analphabétisme des femmes, les facteurs socioculturels. Pour l'occasion, le message des organisatrices portait surtout sur la nécessité que tous oeuvrent pour un meilleur accès des femmes aux soins de santé. Si rien n'est fait, la moyenne de décès risque de s'augmenter.

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