Dakar — Le projet de lutte contre les tracasseries frontalières dans la zone Sénégal-Mauritanie-Gambie a été lancé mardi à Dakar, au ministère des Affaires étrangères, à l'initiative de Student And Youth Travel Organisation (SYTO).
La cérémonie de lancement s'est déroulée en présence de l'ambassadeur Makhtar Guèye, directeur de l'Intégration économique africaine, de Ndioro Ndiaye, présidente de l'Alliance pour la migration, le leadership et le développement, de parlementaires et de représentants de forces sécuritaires, etc.
Bien que consacré depuis 1979 par un protocole, le principe de la libre circulation des personnes n'est pas encore effectif dans l'espace CEDEAO à cause de nombreuses barrières.
Illustration en a été donnée récemment avec le boycott de la traversée de la Gambie, pays enclavé dans le Sénégal, par les transporteurs sénégalais pour fustiger les tracasseries dont ils se disent victimes sur place.
Le projet de lutte contre les tracasseries aux frontières est financé par l'UE, dans le cadre de la Convention UE-CEDEAO du 9e fonds européen de développement (FED) intitulé 9 ACP ROC 16 dont l'administration contractante est la CEDEAO.
Il sera mis en oeuvre sur une période de 6 mois en Gambie avec Concern Universal, en Mauritanie avec l'Initiative pour la promotion de l'initiative citoyenne et du dialogue politique et au Sénégal avec la Plate-forme nationale des forums des organisations de la société civile de l'Afrique de l'Ouest (FOSCAO).
Le projet a pour but "de contribuer à la prise de conscience sur l'application adéquate et effective des termes du protocole sur la libre circulation, les conséquences négatives des tracasseries au niveau des frontières", a expliqué Moustapha Fall, coordonnateur du projet.
Il s'agit aussi, selon lui, de "sensibiliser et d'informer les populations sur les droits et devoirs vis-à-vis de l'Etat lors de la traversée des frontières et d'associer les populations nationales au processus d'intégration régionale en Afrique de l'Ouest".
La mise en Å"uvre du projet passe par l'organisation de séminaires de formation sur les mécanismes et les instruments juridiques adoptés par le CEDEAO dans le cadre de l'intégration régionale, de campagnes d'information, de sensibilisation et de plaidoyers dans les gares routières, les aéroports et des postes frontaliers des pays-cibles, a expliqué Moustapha Fall.
A cela s'ajoute l'installation de mécanismes participatifs de surveillance des frontières.
Pour l'ambassadeur Makhtar Guèye, ce projet "vient à son heure", car la libre circulation des personnes "reste une question centrale dans le processus d'intégration régionale".
Dans le cadre la participation des acteurs non étatiques au processus d'intégration régionale en Afrique de l'Ouest, Student And Youth Travel Organisation (SYTO) assure la mise en oeuvre du projet de lutte contre les tracasseries frontalières.
Créée en 1998, Student And Youth Travel Organisation ou Organisation pour le voyage de l'étudiant et du jeune est une association qui prend en charge les questions de jeunesse avec une orientation particulière sur les échanges culturels et académiques et dans le rôle que peuvent jouer les jeunes dans le développement communautaire.
Elle est membre du réseau SYTO présent dans 5 pays africains : Ghana, Bénin, Burkina-Faso, Côte-d'Ivoire et Sénégal.
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