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Gabon: Société / Angondjé en route pour la CAN 2012

Libreville — Les coups de pioche et de marteau rythment la vie des habitants d'Angondjé, banlieue nord de Libreville, la capitale gabonaise, notamment en cette période de saison sèche propice aux travaux de construction des nombreuses villas haut -standing qui y émergent au moment où le stade de l'Amitié sino-gabonaise, lui, quitte progressivement l'allure de chantier pour s'imposer comme un bijou architectural, à six mois de la phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) de football 2012.

Ce samedi matin-là, le quartier, encore enveloppé d'une légère brume, s'éveille. Et, débutent le ballet incessant des véhicules personnels et autres poids lourds sur les voies (goudronnées et pavées) nouvellement livrées à la circulation, après le calvaire causé par la poussière, ces cinq dernières années.

FRENESIE

Angondjé connait une boulimie, une sorte de frénésie. Au quotidien, des maisons de toute dimension prennent forme dans un paysage naguère clairsemé de foret et de savane.

Aux Å"uvres réalisées par la Société nationale immobilière (SNI), s'ajoutent les cités "Italiennes", "Canadienne" ou "Sherko", " Amissa", " Entraco" et à la lisière, les villas de particuliers. Cet ensemble de bâtisses se caractérise par des toitures aux couleurs diverses (bleu, vert, rouge) agréables, vue du ciel.

Borné par Avorbam, Malibé et Okala, Angondjé et ses milliers d'habitants semble se parer pour devenir le 7ème arrondissement de la capitale. L'édile de la ville, Jean-François Ntoutoume Emane, y songe.

De son côté, Agathe, mère au foyer, caresse le secret espoir d'une accélération du développement de cette banlieue où les coupures d'eau sont légions et les lampadaires presqu'une arlésienne.

" Je suis fort surprise de constater les changements intervenus, ici, en si peu de temps. En 1980, début 90, il n'y avait que des arbres et des reptiles. Avec mon mari, nous avons néanmoins pris le risque de mettre en valeur cette parcelle, sans eau potable et électricité à cette époque", se souvient-elle, heureuse de son "statut" de pionnière.

Celle qui devient aujourd'hui voisine d'un « certain nombre de personnalités gabonaises et étrangères » se réjouit aussi de cette " mixité" voulue désormais par les plus hautes autorités afin de valoriser l'habitat et tordre le coup aux "ghettos" voire aux cités « sans âmes », synonyme d'exclusion sociale.

Angondjé dispose d'équipements collectifs. Un hôpital en voie d'achèvement, un Collège d'enseignement secondaire (CES), des écoles publiques, un Centre d'accueil pour enfants défavorisés, un Commissariat de police...

Parallèlement, des structures privées se multiplient à l'image des lycées, des internats et de la Fondation Amissa Bongo, connue pour ses actions dans le domaine de la santé.

LE STADE, FIERTE LOCALE

Fierté de la population locale et du reste du pays, le Stade de l'Amitié sino-gabonaise poursuit ses travaux de finition. La pose de la couverture avance à grands pas. Les aménagements extérieurs, dont les routes d'accès au site, s'accélèrent.

En novembre prochain, commencent les tests grandeur- nature des installations par une série de rencontres amicales de foot, prélude à la CAN conjointement organisée par le Gabon (Libreville-Franceville) et la Guinée-Equatoriale (Malabo-Bata), en janvier - février 2012.

Toutefois, les habitants constatent l'absence flagrante, dans la zone, d'un centre commercial, des parcs de loisirs, des restaurants ou une promenade. Est-ce une omission dans le schéma directeur d'urbanisme ou une relecture des projets prévus?

Dans l'attente des éclairages qu'il faut apporter à ses préoccupations, Emmanuel, cadre dans une entreprise, fulmine : " la vocation d'Angondjé n'est pas de se transformer en cité dortoir. Nous voulons des infrastructures adaptées au visage de notre quartier ! » .

Daniel, 16 ans, élève déjà en vacances et qui trompe l'ennuie avec ses patins à roulette, n'en pense pas moins : " en dehors du stade en construction et des belles villas, nous n'avons rien d'autres pour satisfaire notre curiosité ".

Mais, à regarder de près, Angondjé propose quelques lieux d'évasion. Son côté rurale comporte des plantations de manioc, bananes et des arbres fruitiers ainsi que des cultures maraichères dans le cadre de l'agriculture périurbaine.

La pêche y prospère également. Il suffit de gagner le débarcadère où s'arrachent des produits de mer, comme des capitaines, des "rouges", des "dorades", des mulets, des coquillages...

En cette saison sèche, des piroguiers peuvent conduire le visiteur, plus au nord, à la découverte de la Pointe Akanda, la Pointe Moka et de la Pointe Bolokouboue, hauts lieux de la biodiversité, en passant par les eaux saumâtres du bras de rivière qui mouille Angondjé.

BOOSTER LE COTE TOURISTIQUE

Au delà, la réalisation effective du Centre International de Civilisations Bantu va, sans doute, "booster" le côté touristique du quartier.

Abandonné depuis des lustres, le chantier doit-être relancé. Le président Ali Bongo Ondimba - qui met l'accent sur la coopération avec les pays de l'espace bantu - s'y est engagé, assure-t-on.

Ainsi, la présence du CICIBA à Angondjé peut contribuer à une plus grande ouverture de cette nouvelle banlieue sur le monde.

L'imposant immeuble du siège social de Gabon Télécom demeure, à la fois, le fleuron de l'urbanisation d'Angondjé et sa première fenêtre sur l'extérieur.

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