Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Festival de théâtre pour rire (Frite) de Saint-Louis - De l'humour à l'actualité à gogo

La première édition du festival de théâtre pour rire qui a pris fin samedi, a été un plateau d'humour de haute facture. Les spectacles 'In' ont vu défiler sur scène Moussa Ouédraogo du Burkina Faso, Soumahoro Raphael de la Côte d'Ivoire, Omar Defunzu Onguengué du Gabon le premier jour.

Le samedi était animé par Gaego Eric du Burkina Faso et Mohamed Hady Niang du Sénégal. Diarra Mahamane du Mali, Kader Pichinini et Pape Samba Sow de Saint-Louis ont présenté leurs oeuvres l'avant-dernier jour. La clôture a été assurée par Mamane du Niger.

Ce fut samedi sur la place Faidherbe. Une première pour ce lieu depuis l'ouverture du festival. La clôture le justifie. Le public est bien présent. L'envie de découvrir la voix de Rfi a touché plus d'un.

Pour cette fin, il y avait, bien sûr, le parrain. Le public en a bidonné. L'on peut dire que le Nigérien, Mamane a décroché la timbale. Il a infusé de l'humour à tire-larigot à la soirée.

La cérémonie d'ouverture l'a vu offrir une avant-première sur la scène de l'institut français, durant une dizaine de minutes. Mais samedi soir, le fondateur de la 'République de Gondwana' y était pour beaucoup plus que ça. Il a décortiqué l'actualité pendant deux heures.

La première séquence de son spectacle était consacrée à l'actualité de sa République. Les maux de Gondwana sont présentés. L'on aurait pensé au Sénégal. L'actualité y a été présente.

Il y est allé de la vice-présidence à l'élection présidentielle, en passant par le découpage administratif, les délestages et les inondations. Mamane a survolé l'actualité du Sénégal.

Un tee-shirt avec l'effigie du festival du rire remplace son ensemble veste, après une heure de scène. Ça marque la fin de la première séquence. Le Nigérien est plus à l'aise. Il peut, maintenant, déambuler et même courir sur la scène.

Cette phase le fait sortir du Sénégal. Elle est d'abord consacrée à la politique de l'Afrique. Le président mauritanien Abdel Aziz, Idriss Déby et Gbagbo ont eu leur dose. L'artiste du rire bascule, ensuite, vers le quotidien des étrangers en France.

L'actu sénégalaise, ce n'est pas l'affaire de Mamane uniquement. Le seigneur du rire en a aussi fait la sienne. Il était encore là, samedi. Sa première prestation était enregistrée le premier jour. Soumahoro Sea Raphael ne s'est seulement pas limité à en parler.

Il s'est également aventuré à mettre en garde le Président du Sénégal. En conversation avec le Président déchu de son pays, il demande à Wade de faire gaffe pour ne pas avoir le même sort que Gbagbo.

Du contraste dans la place

A la tombée du rideau, ce fut également une affaire de contraste. Les artistes sénégalais bien connus du petit écran s'exprimaient dans les différents quartiers de la ville. Mais samedi soir, tous s'étaient donné rendez-vous sur la scène de la place Faidherbe.

Après les hôtes, les artistes comédiens sénégalais ont pris place. Les Arctos de Diourbel Dakar, Saint-Louis, Kader, Demby, pour ne citer que ceux-là, ont assuré de bonnes heures de rigolade.

Ils étaient deux Ma(ha)mane au festival du rire. Venus d'horizons divers, le destin les a réunis à Saint-Louis, pour une première. Mahamane Diarra du Mali s'est produit vendredi soir sur la scène de l'institut français Jean Mermoz. Comme son homonyme du Niger, l'humoriste Malien a aussi 'malmené' la politique africaine. Le fait de porter le même nom que le célèbre humoriste nigérien ne le dérange guère.

'Cela me ravit d'être son homonyme'. 'Cela a été un plaisir pour moi de trouver Mamane ici, surtout qu'il est un peu supérieur à moi, du côté carrière, plus connu que moi'. Leur rencontre est également un avantage pour lui. 'En suivant les spectacles, je vais en tirer des leçons qui vont me permettre d'approfondir mes recherches. C'est vraiment une chance de le rencontrer', soutient le Malien.

A en croire Mahamane Diarra, les gens font parfois la confusion entre eux deux. 'Quand je dis que je m'appelle Mamane, certains pensent que c'est moi le vrai. Il faut que je m'adonne à des explications pour enlever la confusion'.

De cette rencontre entre homonymes humoristes, est né un projet. 'On a eu à échanger quand on s'est vu. On avait décidé de faire un spectacle entre Ma(ha)mane, c'est dans nos projets'.

Mahamane Diarra porte le sobriquet de Pro Mad Caij (Professeur Mahamane Diarra Artiste Concret Juriste International). Une appellation choisie par cet originaire de la région de Koulikoro. Un choix loin d'être hasardeux.

Il ambitionne d'être une référence. Pro Mad Caij a obtenu sa maîtrise en droit, il prépare sa soutenance. Ainsi, il se dit juriste. L'international, il le tire de son rêve d'en être un. 'Je ne voulais pas prendre le nom de quelqu'un d'autre. C'est pourquoi je me suis donné ce nom'. Son souhait d'être international attend toujours réalisation. Toutefois, 'c'est en bonne voie', est-il convaincu.

Vendredi soir, un autre Mahamane

Vendredi, le public a suivi un de ses spectacles nommé mon Afrique. Il a parlé du parcours de l'Afrique. Il fait état de l'évolution de la société africaine, le management des dirigeants Africains et leur comportement envers la société.

La sensibilisation est, d'ailleurs, son but, dans ce 7ième art. 'Mon objectif est de dire à la population ce qui ne va pas, comment on doit faire pour évoluer et mettre nos dirigeants sur la bonne voie', souligne l'artiste.

Mahamane Diarra est jeune dans le milieu de l'art. Il est élève au conservatoire de Bamako. Pro Mad Caij en est à sa deuxième année dans cette école supérieure d'art. L'artiste a opté pour le théâtre.

Il raconte : 'Je suis dans le milieu de l'humour depuis trois ans. Avant d'entrer au conservatoire des arts et musique, je faisais rire mes collègues de la faculté. J'avais vocation à être un porte-parole, mais je ne savais pas comment.

Je me suis référé aux artistes, en général. Je me suis dit que j'allais m'aventurer dans le milieu du théâtre pour dire ce que je vis au Mali et en Afrique. J'ai, par la suite, entendu parler du concours d'entrée au conservatoire, une école supérieure d'art de Bamako. Actuellement, je fais la deuxième année en théâtre au conservatoire'.

L'humoriste projette de monter une pièce sur Thomas Sankara. 'Il m'a vraiment plu. J'aime sa façon de voir comment l'Afrique doit se développer', justifie-t-il son choix.

Pour lui, l'Afrique n'est toujours pas indépendante. 'On parle de 50 ans d'indépendance, mais l'Afrique n'est pas indépendante. Ce sont toujours les Blancs qui nous dirigent'. D'ailleurs, 'j'ai fait un texte sur ça', a-t-il informé.

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