Notre Voie (Abidjan)

Cote d'Ivoire: Entrée en 6ème, BEPC, baccalauréat - Le régime Ouattara prépare la catastrophe

Le mardi 6 septembre prochain, les épreuves écrites de l'entrée en sixième démarrent. 14 jours après les résultats seront proclamés. Le 20 de ce même mois jusqu'au 23 septembre 2011, ce sera au tour des élèves de terminale qui du 13 septembre 2011 au 16 septembre 2011 auront déjà subi les épreuves orales et pratiques.

Le 10 octobre 2011, les candidats à l'examen du baccalauréat seront situés sur leur sort. Quant aux candidats du BEPC, ils vont composer du 4 octobre 2011 au 5 octobre 2011. Les résultats seront connus le vendredi 21 octobre prochain.

Le test d'orientation en seconde a été fixé quant à lui, du 4 octobre 2011 au 5 octobre 2011, les résultats attendus le vendredi 21 octobre prochain. Les candidats au baccalauréat artistique plancheront du 12 septembre 2011 au 16 septembre prochain, ceux de la catégorie technique du 6 septembre 2011 au 16 septembre prochain.

Ces différentes programmations faites dans la précipitation et dans l'improvisation par Kandia Camara, la ministre de l'Education nationale, pour sauver les meubles posent problème en ce qu'elles vont fortement et négativement influencer les résultats des examens à grand tirage qui s'annoncent déjà calamiteux.

Tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette session 2011, l'une des plus mauvaises après 51 ans d'indépendance. L'inquiétude est grande du coté des parents d'élèves et des enseignants.

Le piège des trois mois de bosse

Les trois mois de vacances ont toujours été une tradition en Côte d'Ivoire. Enseignants, chef d'établissements, parents d'élèves.. , tous sont d'avis à reconnaître que fixer trois mois pour permettre aux différents candidats de bien se préparer va plutôt les desservir.

Bon nombre d'acteurs de l'école ivoirienne, interrogés accusent ouvertement Mme Kandia Camara, d'amener les candidats à l'abattoir, arguant qu'il est pratiquement impossible pour un élève dans ce contexte de se concentrer pendant 3 mois.

« Justement ces trois mois de préparation vont laisser plutôt la porte ouverte à la déconcentration, à la distraction. Il aurait fallu seulement un mois de bosse aux candidats. Cela leur aurait permis de prendre conscience de la proximité de la date des examens et d'être concentrés sur leurs cours.

Nous savons tous que le niveau des élèves en Côte d'Ivoire est déjà très bas. Nous savons que nos enfants sont beaucoup distraits et s'amusent beaucoup. Leur donner trois mois pour se préparer, ce n'est pas leur rendre service», soutiennent G.P et K.A, respectivement professeur de sciences physiques et de philosophie.

Trois mois de préparation n'obéissent à aucune norme de l'éduction, selon des syndicalistes du SYNESCI et de la COGEECI qui n'approuvent pas les décisions de la tutelle. La note, comme on le voit, risque d'être très salée à l'issue des examens.

L'autre inquiétude, c'est que des élèves déplacés continuent d'arriver dans des établissements pour s'inscrire et poursuivre les cours alors que l'arrêt des notes est fixé au 15 juillet prochain, seulement dans quelques jours.

Le drame des élèves déplacés retardataires

Certains établissements ont déjà pris les devants. Objectif, libérer les candidats aux différents examens pour leur permettre de bien se préparer. Mais le paradoxe, c'est qu'à moins d'une semaine (et il y a encore quelques jours) des élèves déplacés qui ont fui seul, ou avec leurs parents les zones de guerre continuent d'arriver dans leurs établissements pour suivre les derniers cours.

Quel sera le sort de ces élèves ? Pourront-ils être classés avant d'espérer une réussite à leurs examens ? Autant de difficultés qui vont certainement concourir à de piètres résultats aux examens cette année.

« Les professeurs ne vont pas reprendre les cours pour eux ! Ils feront avec ce qu'ils recevront comme dernier cours. Qu'ils prennent attache avec leurs camarades pour qu'ils leur expliquent ce qu'ils n'ont pas compris.

Ce qui est sûr, ils seront classés mais pas sur des bases saines, qui n'expriment pas leur valeur réelle. Et c'est déshonorant pour notre système éducatif qui a véritablement pris du plomb dans l'aile depuis l'arrivée de Ouattara.

Ce n'est pas la faute à ses élèves déplacés traumatisés qui ont fui les affres de la guerre par la faute du nouveau régime. Ce sont eux les génocidaires de l'école ivoirienne», explique avec amertume un enseignant du lycée municipal Gadié Pierre de Yopougon qui rend entièrement responsable le régime Ouattara de ce génocide intellectuel.

Déjà, lors de la reprise de l'école en pleine exaction des Forces républicaines, le taux de remplissage des établissements scolaires selon des sources bien informées, étaient de l'ordre de 10 à 15 %.

Des milliers d'élèves n'ont reçu, en réalité, que des bribes d'enseignements d'enseignants qui ont dispensé des semblants de cours, et fait du bachotage, donnant l'impression de finir dans le temps les programmes scolaires alors qu'en réalité il n'en n'est rien.

Des professeurs qui arrivaient au compte-gouttes et qui, compte tenu de la rareté des élèves étaient obligés de rassembler les présents de différents niveaux dans une même classe. C'est maintenant que les programmes du second trimestre viennent d'être achevés.

Les bulletins du second trimestre n'ont pas encore distribués aux parents d'élèves. Une véritable arnaque, une escroquerie intellectuelle, c'est le moins qu'on puisse dire. Une escroquerie intellectuelle justifiée par un enseignement de mauvaise qualité.

Les candidats de la zone CNO en danger

Le cas de ces milliers d'élèves de troisième, de terminale et de CM2 des zones centres nord et ouest méritent une attention particulière. Livrés aux mains de bénévoles pour la plupart sans niveau (parfois inférieur à ceux mêmes à qui ils dispensent les cours), ce sont ces élèves là qui seront bientôt évalués dans les salles d'examen, mais pour quels résultats ?

L'on se rappelle que bien avant le déclenchement de la guerre (avant le 31 mars 2011), l'école avait pratiquement cessé de fonctionner dans ces zones. La grande majorité des enseignants a fui les exactions commises par la rébellion sur les militants de la majorité présidentielle (LMP). Les inspecteurs de l'enseignement primaire et secondaire ont également pris la clé des champs.

Il n'y avait plus de contrôle sur la qualité des enseignements donnés par ces bénévoles. Un véritable massacre intellectuel s'est tranquillement opéré au su et au vu de la rébellion.

Le gouvernement Soro a étendu l'année scolaire en zone CNO jusqu'au 12 août prochain pour tenter de relever un tant soit peu le niveau des élèves, surtout des candidats qui passent bientôt leurs examens, mais le mal est déjà profond.

Pour éviter ce naufrage intellectuel, les syndicats du secteur éducation formation très remontés contre Kandia Camara proposent le retour aux deux sessions, l'une pour la zone gouvernementale et la seconde pour la Zone CNO où la formation des dés élèves laisse à désirer.

Pour eux, les quelques enseignants militants du RHDP qui ont prêté leur service à la rébellion en dispensant des cours aux élèves n'ont fait que du bricolage. « Les cours ont été approximatifs en zone CNO.

Les enseignements dispensés n'ont pas répondu à des normes de qualité. Une session pour la zone CNO aurait été la bienvenue pour éviter de pénaliser les élèves de ces zones qui en vérité n'ont rien reçu comme formation », confesse un des rares enseignants non bénévoles de Ferkessédougou. La cerise sur le gâteau, c'est la décision selon des sources proches de la tutelle, de mettre fin au repêchage pour réduire le nombre d'admis.

La cerise sur le gâteau, le non repêchage

La ministre Kandia Camara a décidé, selon des sources bien introduites, de mettre fin au repêchage. A quoi répond cette décision ? Certainement pour éviter un trop plein d'admis aux portes des universités publiques quant on sait que le régime Ouattara a décidé de fermer ces universités sous prétexte de les réhabiliter. L'on ne devrait donc pas s'attendre à un miracle tant les conditions de la débâcle sont réunies.

Le régime sait qu'il a sacrifié deux générations d'étudiants de première année qui n'ont pas encore passé les examens encore moins terminé les cours. Plus d'une semaine après les promesses du chef de gouvernement de sauver l'année académique dans les universités publiques, rien ne semble poindre à l'horizon. Les universités publiques n'ont pas rouvert tant les dégâts causés par les Forces républicaines sont considérables.

Kandia Camara, prise à la gorge par les problèmes que la rébellion a créés par les armes a bien de soucis en ce moment. Elle finira par se mettre à dos tous les syndicats du secteur éducation formation et les parents d'élèves.

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