Wal Fadjri (Dakar)

21 Juillet 2011

Sénégal: Sit-in de l'intersyndicale de la Rts - Les travailleurs réclament son départ

Au départ de leur directeur général, Babacar Diagne, les travailleurs de la Rts en sit-in hier ajoutent aussi l'audit de l'entreprise de presse du Triangle sud minée par 'une gestion gabegique' du Dg qui ne compte pas se laisser mener à l'abattoir sans réagir.

L'intersyndicale Synpics/Cnts de la Rts a corsé sa lutte hier pour le départ du directeur général, Babacar Diagne. Les travailleurs de la radiodiffusion télévision sénégalaise (Rts) ont déroulé le premier jalon de leur plan d'action en organisant un sit-in devant les grilles de leur entreprise de presse pour réclamer aussi l'audit de la boîte.

C'est vers 11 heures comme prévu que tout a commencé. Les travailleurs étaient déjà massés devant le hall d'entrée de la Rts. De loin, on pouvait les reconnaître par les brassards rouges attachés au bras ou sur la tête.

Certains d'entre eux tiennent des pancartes où on peut lire : 'Départ de Babacar Diagne pour la survie de la radio nationale', ' 60 ans, c'est la retraite : Babacar Diagne dégage !', etc.

Des journalistes de la télévision nationale ne se sentant pas concernés, vaquent à leurs occupations. La presse venue couvrir la manifestation n'est pas autorisée à franchir le portail de la Rts. L'accès est aussi interdit aux membres du Bureau exécutif national du Synpics et aux syndicalistes du journal Le Soleil venus soutenir leurs confrères.

Six agents de sécurité filtrent les entrées. Cette situation oblige les grévistes à s'approcher des grilles de la Rts pour plus de visibilité. Leur mot d'ordre est unanime : 'Na dem ! na dem ! na dem ma dem ! (Qu'il parte, Ndlr)', crient-ils en choeur sous le regard des automobilistes et des piétons.

Le départ de Babacar Diagne de la direction de la Rts est sur toutes les lèvres. Pour Diouf, syndicaliste au Soleil 'la loi est là pour tout le monde, si Babacar Diagne a atteint l'âge de la retraite, il doit partir. Nul n'est indispensable'. Secrétaire général adjoint du Synpics, Ibrahima Khaliloulah Ndiaye abonde dans le même sens. 'Nous souscrivons à cette revendication.

Babacar Diagne a été admis à la retraite et il existe des compétents qui peuvent prendre sa place à la Rts', dit-il à la foule. Pour les syndicalistes de la Rts, de multiples raisons expliquent cette revendication devenue récurrente depuis le 23 juin dernier. 'Babacar Diagne est incompétent pour régler les problèmes de la radiodiffusion nationale', soutient Moustapha Diop, membre de l'intersyndicale de la Rts.

Selon des journalistes, la radio nationale a 71 ans et n'a ni véhicule ni équipements adéquats. Les travailleurs dénoncent 'l'assassinat planifié de la radio' et 'les recrutements dynastiques' dans la boîte. Les grévistes estiment détenir des preuves sur un reclassement discriminatoire au sein de la Rts. Et, disent-ils, 'au moment opportun nous en parlerons'.

Ils demandent aussi où sont passés les fonds destinés à la réhabilitation des radios régionales ? 'L'Etat avait accordé une somme de trois milliards à la Rts pour la réhabilitation des stations régionales et l'achat d'émetteurs, mais jusque-là, aucune réalisation n'a été faite', note Pathé Thiam, membre de l'intersyndicale de la Rts. Les travailleurs ne croient plus aux promesses de leur directeur général.

Parce que, affirment-ils, 'depuis cinq ans qu'il est là, aucun accord n'a été respecté, on ne croit plus en lui'. Il ne fait que du 'wax waxeet (dire et se dédire, Ndlr)', lancent les travailleurs.

Une expression en vogue depuis le 14 juillet et lancée par Wade dans son discours face aux élus locaux. Face à ce qu'ils appellent 'une gestion gabegique' de leur entreprise de presse, les syndicalistes exigent l'envoi d'inspecteurs pour auditer la boîte.

Les camarades de Moustapha Diop rappellent que la Rts est une télévision de service public. 'Nous voulons que Babacar Diagne enlève sa mainmise sur la télévision nationale pour permettre à toutes les sensibilités du pays de s'exprimer', réclame Diop.

Les travailleurs se disent victimes de cette censure parce que différentes manifestations organisées par des citoyens n'ont pas été diffusées à la télévision nationale. Ce qui explique les huées manifestées à l'endroit de journalistes de la télévision nationale venus couvrir leur sit-in.

Les manifestants ont aussi fustigé l'attitude de certains travailleurs de la Rts qui roulent pour le directeur général, notamment les membres de l'amicale des jeunes de la boîte.

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