16 Août 2011

Cameroun: Yaoundé - François Bingono Bingono échappe à la mort

Parti d'Ebolowa, un homme de 27 ans est arrivé samedi à la Crtv dans le but d'assassiner le journaliste. C'est un homme serein qui reçoit des visiteurs, ce dimanche 14 août 2011 dans son bureau sis à la Maison de la radio à Yaoundé.

Confortablement installé dans son fauteuil, François Bingono Bingono, sous-directeur des programmes à la Cameroon Radio Television (Crtv), entretient les arrivants sur l'incident survenu la veille et qui aurait pu lui coûter la vie. Ce 13 août en effet, un jeune homme s'est présenté à la guérite aux alentours de 12h30.

Après s'être fait enregistrer sous le nom de Freddy Blaise Bite'e Akom, il déclare aux vigiles en poste qu'il est venu rencontrer M. Bingono Bingono. «M. Bingono a l'habitude de recevoir plein de monde : des marabouts, des sorciers, des psychologues, des malades mentaux, etc. Il avait laissé des consignes selon lesquelles toute personne qui souhaiterait le voir soit préalablement identifiée à la guérite.

Le jeune homme n'ayant pas demandé où se trouve le bureau de M. Bingono, nous l'avons laissé passer sans le fouiller, pensant que c'était un habitué des lieux», confie Zacharie Assogolo, le chef de la sécurité et superviseur des vigiles de la société Dak-Services.

Il reconnaît que ses hommes ont été quelque peu «négligents» sur ce coup. Mais personne ne pouvait se douter que, dans son petit sac noir cadenassé, Freddy Blaise Bite'e Akom y cachait un marteau, un couteau de cuisine et une carabine à air comprimé qu'il aurait subtilisée à son père, selon ses dires. «On a retrouvé 25 munitions sur lui», confie un témoin oculaire employé à la Crtv.

Au lieu de pousser les battants qui donnent accès au Poste national, le visiteur va plutôt s'attaquer aux installations de la Crtv en cassant l'une des vitres donnant sur le hall d'entrée. Un énorme trou y est encore visible, 24 heures après les faits ainsi que des débris de verre.

«Malade mental»

Alertés par le vacarme, le visiteur sera maîtrisé par les vigiles selon certains, et par des techniciens de la radio, selon M. Bingono Bingono. A l'en croire, les vigiles censés être postés l'un dans le hall, et l'autre au balcon, «n'étaient ni l'un ni l'autre présents à leur poste» au moment des faits.

C'est au poste militaire de la Crtv que Freddy Blaise Bite'e Akom, étudiant en Master à l'université de Dschang, sera fouillé et les armes qu'il transportait découvertes. Selon une source proche de l'enquête à la compagnie de gendarmerie du lac municipal, où il est actuellement gardé à vue, le forcené aurait déclaré que «Bingono Bingono le perturbait à travers les ondes, mais n'a toutefois pas pu expliquer ce qu'il voulait dire par là».

«Lorsqu'on l'a arrêté, il a dit qu'il venait assassiner Bingono Bingono parce que ce dernier le torture moralement, lui et ses parents. Il disait que c'est à cause de lui, ou plutôt de son émission ('Au coeur de la nuit', diffusée de lundi à vendredi entre 23h et 02h du matin depuis 11 ans, Ndlr), qu'il n'arrive pas à avoir son Master depuis 03 ans et qu'il a dû interrompre ses études pour aller s'installer chez ses parents à Ebolowa», confie notre témoin.

Mis au courant de l'incident, M. Bingono Bingono, qui se trouvait dans son bureau au moment des faits, est descendu au poste militaire pour une confrontation avec le présumé assassin.

«J'étais assis face à lui, on a eu une conversation de plus de 05mn, mais il ne m'a pas reconnu», confie le sous-directeur des programmes de la Crtv, indiquant que l'homme avait un discours «plus ou moins incohérent».

Un constat corroboré par plusieurs autres personnes. «Je ne compte pas déposer de plainte contre lui, car c'est un malade qu'il faut soigner», conclut François Bingono Bingono.

Ads by Google

Copyright © 2011 Le Quotidien Mutations. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.