Journalistes, politiques, spécialistes en communication et citoyens saluent la décision d'ouvrir le champ audiovisuel et expriment leur impatience de voir fleurir les chaînes de télévision et de radio dans un terreau fertile. Un sentiment de fierté se dégage chez les citoyens approchés pour donner leur avis sur l'ouverture du champ audiovisuel à l'investissement privé.
L'Algérie a enfin décidé de se mettre au diapason des nations libres où la communication est le moteur de la société et le vecteur du développement économique et social. Beaucoup de noms et de sigles révèlent leurs intentions de relever le défi de doter le paysage audiovisuel algérien de nouvelles stations.Le retard pris dans l'ouverture du secteur audiovisuel a pénalisé l'Algérie tant sur le plan politique et communicationnel, que sur le plan humain et technique. L'Algérie qui a été isolée pendant les longues années du terrorisme, n'avait pas de voix à l'étranger face à de puissants lobbies médiatiques arabes et occidentaux. La presse écrite, à elle seule, ne pouvait pas y faire face en raison de sa faible diffusion au niveau national. Dans ce genre de situation, seuls des médias lourds crédibles, professionnels et objectifs peuvent riposter aux mensonges et aux campagnes médiatiques calomnieuses mais qui réussissent souvent à s'imposer comme des vérités absolues y compris aux yeux de l'Algérien lambda.
Mais s'il est aisé pour les futurs investisseurs dans l'audiovisuel de se doter des moyens techniques et technologiques modernes nécessaires pour équiper les stations radio et les chaînes de télévision, pourront-ils, avec la même aisance, trouver sur le marché national des compétences capables de faire fonctionner et d'optimiser ces équipements de sorte à offrir aux téléspectateurs et auditeurs, algériens et étrangers, des produits de qualité avec un contenu à même de faire exploser l'audimat, sachant que l'Algérie et l'Algérien sont bombardés quotidiennement par des chaînes satellitaires qui ont pris beaucoup d'avance sur les médias algériens ? Les promoteurs algériens seront-ils obligés de recourir à des compétences étrangères non seulement pour faire fonctionner leurs projets audiovisuels mais pour les concevoir dans la forme et dans le fond ?Si les spécialistes de la communication émettent certaines critiques de fond sur le projet de loi sur l'information, plaidant essentiellement pour une loi sur la communication et attirant l'attention sur les entraves pouvant travestir le sens de l'ouverture de l'audiovisuel au risque de voir des ENTV bis, le plus grand problème réside dans le déficit en ressources humaines compétentes et compétitives.
D'autant plus qu'en Algérie, il n'existe pas de centre de formation en technologie de la communication et spécialement en audiovisuel. Le centre d'Ouled Fayet nécessite une réelle mise à jour et une revalorisation, voire une reclassification, pour en faire une université des technologies de communication, tant la demande sera énorme.
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