Près de 400 individus d'une même tribu ont exécuté deux villageois devant les gendarmes. Le frère des victimes aurait tué l'un des leurs, en poursuivant les bandits. Une tribu défie les gardiens de la loi à Sihanaka Befandriana -sud.
Le samedi 10 septembre au petit matin, deux chefs de famille, Retiraky et son frère Gervais, ont été exécutés sous les yeux et à la barbe de trois éléments de la brigade de gendarmerie de Befandriana-sud. Les deux hommes ont été lynchés à mort à coups de hache, avant d'être fusillés puis décapités.
Selon la gendarmerie de Befandriana-sud, près de 400 individus d'une même tribu, brandissant fusils de chasse et armes blanches sont les auteurs de ce crime odieux. Les trois gendarmes ont beau essayé de les en empêcher, en tirant en l'air mais la meute de villageois sanguinaires les ont encerclés.
Selon les informations recueillies sur place, la populace leur aurait réservé le même sort que Retiraky et Gervais s'ils avaient le malheur d'intervenir. De ce fait, ils ont été contraints de se retirer.
Dans l'autre camp, les auteurs du double meurtre n'en avaient pas encore fini avec les défunts. Ils ont pris d'assaut les foyers de ces derniers pour dérober leurs biens. Ils ont fait main basse sur tous les objets de valeur à portée de main, dont fusil de chasse, moto, charrette, valises.
Impuissants, les proches des victimes n'ont opposé aucune résistance. Les habitants de Sihanaka sont médusés. « Une plainte a été déposée par la famille des victimes mais les enquêtes n'avancent que très lentement », lâche Armand Fatora, président du conseil communal de Befandriana-sud.
Ce qui s'est passé a défrayé la chronique locale. Agissant en toute impunité, certains auteurs de ces crimes courent toujours . En revanche, quatre commanditaires présumés, ont déjà fait l'objet d'arrestation, toujours de source auprès de la gendarmerie de Befandriana-sud.
En furie
Déposée par l'un des frères des défunts, une plainte indique que c'est un vol de boeufs, perpétré la veille qui a mis le feu aux poudres. En lançant une poursuite contre les villageois, le plaignant a ouvert le feu avec son fusil, tuant l'un des présumés bandits de grand-chemin pendant sa fuite.
Au crépuscule, il est revenu sur les lieux, accompagné de ses deux frères Retiraky et Gervais et trois gendarmes qui allaient faire le constat lorsque le père du suspect abattu et toute sa tribu les y avaient attendus de pied-ferme, armés de fusils et d'armes blanches.
Rassurés par la présence des gendarmes Retiraky et Gervais ne se sont pas enfuis, contrairement à leur frère. Du coup, ils n'ont pu échapper aux griffes des 400 individus en furie.
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