Débutée en Février 2011 et interrompue pour cause de calendrier trop chargé, la tournée effectuée par le secrétaire général de l'Alliance des forces de progrès (AFP) les 17, 18, et 19 octobre dernier dans la région de Fatick est une manière de réactualiser les besoins économiques des populations du pays en général en matière d'agriculture, d'élevage, de pêche de tourisme, pour une carnet de route beaucoup « plus objectif » au sein de son parti d'une part et de la coalition « Benno » de l'autre. Reportage.
Le périple qui a conduit Moustapha dans les localités de Fimela, Fatick commune, Keur Saloum Diané, Nioro Alassane Tall, Keur Samba Guèye, Karang sur la frontière avec la Gambie, Gossas, et Mbar, s'inscrit, selon lui « dans un esprit participatif et un principe de concertation entre politiques et populations à la base. » Il s'agit d'être en dialogue permanent avec les populations sur les priorités qui les interpellent et surtout sur la situation qu'elles vivent afin de proposer des pistes de solutions pour les sortir de l'ornière.
Ainsi pour l'agriculture, le secrétaire général de l'AFP qui était accompagné du bureau politique national a surtout fait comprendre qu'il s'agissait surtout de revoir fondamentalement les composantes du programme agricole. Depuis 1960 à l'époque où Senghor venait tout juste d'occuper les reines du pouvoir sénégalais, le secteur agricole sénégalais est composé de quatre (4) dossiers suivants : la question des semences, celle des engrais et autres intrants, la question des phytosanitaires, de la soudure, le moment où tout a germé, « rien n'a mûri et que la faim commence à envahir la population et enfin la question du prix au producteur ».
Les populations, en ces moments cruciaux de l'année, ont toujours besoin d'un soutien alimentaire en provenance de l'Etat pour pouvoir survivre jusqu'au début des premières récoltes. Dans ce dialogue direct avec les populations, qui sera élargi dans les sept (7) régions économiques naturelles du pays, le secrétaire général de l'AFP n'a pas manqué de proposer des solutions.
Moustapha Niasse a ainsi émis l'idée de régler le problème du capital semencier, un problème technique et réel, « pour que les paysans puissent disposer de semences en qualité et en quantité suffisante et suffisamment à temps ».
La question de l'engrais, selon lui, doit aussi connaître une solution. Mais tout cela doit passer par une volonté politique pour faciliter l'accès aux fertilisants en faveur des paysans. L'aide alimentaire qui doit accompagner les paysans quand tout a germé, selon le leader de l'AFP doit être aussi tenu en compte en même temps que la fixation du prix au producteur en ce qui concerne l'arachide, le mil et les céréales, car les producteurs méritent d'être encouragés avant même le début des opérations. S'agissant du volet infrastructures, Moustapha Niasse préconise un programme routier pour multiplier et aménager les pistes de production avec la reprise des axes comme Gossas/ Mbar. Pour lui, avec 50 ou 60 Millions de FCfa le kilomètre, « ces axes peuvent être réhabilités au lieu d'aller faire des routes bitumées à Dakar à des financements à échelles variables entre 400, 500 Millions de FCfa le kilomètre et parfois même plusieurs milliards le kilomètre. »
« Après 11 ans de gestion, le kg d'arachide n'a subi qu'une augmentation de 10 FCfa »
Le secrétaire général de l'AFP Moustapha Niasse annonce que le kilogramme d'arachide, au moment où Diouf quittait le pouvoir en 2000, était acheté à 165 FCfa. Jusqu'en 2011, cette fixation tarification n'a pas changé, a-t-il estimé. Pour la prochaine campagne de commercialisation, 11 après son avènement au pouvoir, le régime en place a décidé d'augmenter la mise en fixant le prix au producteur à 175 FCfa. Comparé aux prix de certaines denrées de première nécessité, riz, huile, sucre et autres denrées ayant connu une augmentation exponentielle au cours de ces dernières années, Moustapha Niasse a fait savoir que c'est surtout cette donne qui explique la baisse des capacités des populations rurales à accéder aux denrées de première nécessité.
Absence de pistes de production
Le développement économique partout dans le monde passe sans conteste par le développement des réseaux routiers. Pour accéder à une politique économique de qualité, les gouvernements doivent nécessairement mettre en place des moyens de connexion naturels pour mieux faciliter les transactions commerciales entre opérateurs internes et externes. Au Sénégal et particulièrement dans la région de Fatick, ce manque d'infrastructures routières pose d'énormes problèmes aux populations dont la majeure partie s'active soit dans l'agriculture, soit dans la pêche, le tourisme ou l'élevage.
Dans cette tournée économique où les populations ont, elles-mêmes, exposé leurs problèmes, la question des routes est souvent revenue au menu des revendications populaires. Car, se sont-elles persuadées, la grande majorité des spéculateurs n'arrivent guère à mener convenablement leurs activités commerciales, du fait de l'état défectueux des routes et pistes, surtout si ces activités sont liées à la spéculation des produits frais tels que le poisson ou les crevettes. Le secrétaire général de l'AFP, en guise de solution à cette problématique, a ainsi proposé l'installation d'un pont ralliant la ville de Foundiougne à Ndakhonga, petit village situé sur l'autre rive du bras de mer traversant cet ancien port colonial.
Il faut dire que la traversée à ce niveau de la circulation entre Fatick et Foundiougne est assurée par un bac qui a été rendu fonctionnel depuis 2001, alors que Madièyna Diouf dirigeait encore le Ministère des infrastructures. Aujourd'hui, les populations signalent qu'après dix (10) ans de service, les moteurs de cet engin flottant commencent à vieillir. Mais, indiquent certains interlocuteurs trouvés sur place, le véritable calvaire des populations dans leurs déplacements, se situe plus sur les tronçons Foundiougne/ Passy, Keur Waly Ndiaye / Sokone, mais aussi de l'autre côté sur les axes Keur Saloum Diané / Toubacouta en passant par Nioro Alassane Tall et Keur Samba Guèye / Karang entre autre. Ces routes et pistes sont aujourd'hui dans un état de délabrement si avancé qu'elles n'offrent plus le confort souhaité à la circulation et aux véhicules qui les traversent.
La pêche, le tourisme et l'élevage souffrent
Outre les secteurs précités en quête d'une résurrection, le développement économique dans la région de Fatick, selon les populations locales, bute également sur la pêche, le tourisme et l'élevage. Sur l'ensemble de ces secteurs, la population active attend encore des solutions. Le manque de moyens, de pirogues motorisées, d'armements adéquats et les difficultés liées à l'accès aux crédits constituent les facteurs bloquant pour sortir de la pêche artisanale et pratiquer une pêche semi industrielle. Concernant le tourisme, l'incohérence de la politique accordée à ce secteur, selon les populations, n'a pu permettre le développement des réceptifs hôteliers, des circuits d'excursion.
Cette situation a ainsi conduit à la mévente de la destination Sénégal observée ces dernières années au sein même des agences de voyage. Quant à l'élevage, la situation est quasiment la même. Le Sénégal est un pays où l'élevage est pratiquement extensif. Les éleveurs du pays dans leur écrasante majorité connaissent d'énormes pour disposer de parcours de bétail à la hauteur de l'importance de ses cheptels. En période d'hivernage, comme en saison sèche, les éleveurs se retrouvent dans l'obligation de parcourir plusieurs kilomètres pour trouver le lieu où leurs animaux peuvent brouter paisiblement. A cela s'ajoute le problème criard du vol de bétail.
Les populations de Fatick ont ainsi porté cette vieille revendication au leader de l'AFP qui va sans doute l'inscrire dans le rapport de la résolution finale au terme de sa tournée, afin de rétablir plu tard le déséquilibre économique entre les régions du Sénégal et celles de certains pays africains.
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