Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Fuite des cerveaux a l'Isra - Une enveloppe de 800 millions pour arrêter la saignée

L'Etat a enfin décidé de satisfaire une longue revendication du personnel chercheur de l'Institut sénégalais de recherche agricole (Isra). A partir de janvier 2012, une partie des coûts de revalorisation de leurs salaires, prise en charge. Une enveloppe de 800 millions de FCfa a ainsi été dégagée dans ce sens pour « enfin » arrêter la « saignée » qui frappe la structure.

Une grosse épine vient d'être enlevée dans le pied de l'Institut sénégalais de recherche agricole (Isra). L'Etat a enfin accordé un début de financement aux projets de nouveau règlement d'établissement et de nouvelle grille de salaires qui sont chers aux membres du Comité scientifique et technique (Cst) de l'Isra.

L'annonce qu'aurait faite le ministre de l'Agriculture, le jeudi dernier à Dakar, a été réaffirmée, lors de la session annuelle du Cts qui s'est tenue avant-hier, lundi 31 octobre dans les locaux de l'Isra-Hann, par le directeur général de l'institut de recherche et le président de son conseil d'administration.

M. Macoumba Diouf, directeur général de l'Isra, a estimé que « ces dossiers sont d'autant plus importants qu'ils se sont avérés les seuls à même de permettre une reconstitution de nos effectifs de chercheurs ».

A son avis, la nature du mal qui ronge l'Isra a pour nom la « fuite de cerveaux ». Avant de confirmer qu'un « antidote » a été trouvée à ce problème avec le gouvernement qui vient de faire inscrire sur le projet de loi de finances 2012, une enveloppe initiale de près de 800 millions de FCfa (précisément 790 millions de FCfa).

D'après lui, cette importante dotation budgétaire additionnelle est allouée pour la prise en charge d'une partie des coûts de revalorisation des salaires du personnel, particulièrement du personnel chercheurs. Avant de faire savoir que c'est une décision majeure réclamée en choeur par le comité scientifique et technique.

Pour confirmer l'importance de cette mesure par rapport à la bonne marche de l'Isra, le président de son conseil d'administration, M. Mouhamadou Daff, a confié qu'à son arrivé dans cet institut, il a été « ahuri » de constater le niveau de faiblesse des salaires des chercheurs de l'Isra. Le directeur de cabinet du ministre de l'Agriculture, de son côté, parle de conditions de rémunération « non favorables ».

Face à cette nouvelle donne, avec la revalorisation de la grille salariale, il a salué l'effort de recrutement de jeunes chercheurs entamé par l'Isra. Il appelle à adopter une démarche « rationnelle » en privilégiant le recrutement de chercheurs.

Ainsi, avec cette nouvelle mesure, les responsables de l'Isra pensent que les chercheurs n'auront aucune raison de déserter les ateliers de recherche au profit des universités et autres instituts de formation.

Hormis cet acquis, l'Isra doit s'atteler à soulever d'autres embuches qui parsèment son chemin. Entre autres difficultés auxquelles elle est confrontée, l'institution compte se batailler pour la réouverture de ses centres au niveau régional. Des dispositifs de recherche qui sont en milieu rural et qui servaient de faire des démonstrations sur les variétés au niveau des champs.

A cela s'ajoute le cas des activités de recherche prioritaire. « On ne demandera jamais à l'Etat de financer toute la recherche », a fait savoir M. Diouf. D'ailleurs, a-t-il fait savoir, « à la date d'aujourd'hui, avant le nouveau règlement d'établissement, 50% du budget de l'Isra venait des conventions particulières. Ce sont les chercheurs qui le négociaient eux-mêmes en faisant des projets.

Ce qui veut dire qu'il faut se battre pour trouver des financements ». Devant cet état de fait, a expliqué le directeur général de l'Isra, « le Sénégal qui, par exemple, veut développer du manioc peut ne pas trouver un bailleur intéressé par ce programme.

C'est à l'Etat du Sénégal de mettre la main à la poche». Un postulat qui pose un problème de disponibilité de ressources financières devant accompagner la réalisation des projets de recherche notamment celle agricole.

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