La Presse (Tunis)

Tunisie: Zarzis - Les protestations se poursuivent

Plusieurs citoyens de Zarzis ont organisé, vendredi après-midi, une manifestation pacifique au centre-ville pour exprimer leur mécontentement pour le manque de moyens à l'hôpital régional de Zarzis et revendiquer des améliorations et du renfort humain et matériel au profit de cette institution hospitalière qui a connu une affluence massive dans les derniers mois avec l'exode des Libyens.

Le rassemblement a eu lieu suite au décès de Mohamed Miladi, 29 ans et père d'une petite fille, victime d'un accident de la circulation, à 18 km de Zarzis : le jeune a attendu plus qu'une heure, agonisant, avant l'arrivée de l'ambulance qui l'a récupéré.

A l'hôpital de Zarzis, «pas de médecin de garde, pas de sang pour la transfusion, pas de scanner ; rien que des infirmières qui ne savaient pas quoi faire», dit l'un des proches du défunt, avant d'ajouter :

«Ne pouvant pas attendre, nous l'avons transporté en ville chez un médecin privé pour lui faire un scanner puis nous l'avons transféré à la clinique où Mohamed a rendu l'âme, laissant derrière lui une fillette de quatre ans et une femme enceinte».

Ses parents et ses amis ont exprimé leur colère contre les autorités locales et régionales qui ne font toujours rien pour améliorer la situation de l'hôpital, depuis sa création en 2001».

Un hôpital régional qui manque de cardiologue, de radiologue, de réanimateur-anesthésiste, de scanner...C'est inconcevable!», s'exclame un manifestant.

Les présents ont également fustigé les nombreux représentants des partis politiques, sans exception, qui circulaient par dizaines, à longueur de journée, la semaine écoulée, distribuant des dépliants et induisant les citoyens en erreur par des promesses fictives». «Où sont-ils ces arrivistes qui voulaient bénéficier de notre vote pour décrocher un siège à la Constituante?», se demande une jeune fille.

De leur côté, les chauffeurs de taxi, ce secteur vital important, avec un parc-auto qui avoisine les 400 véhicules, ont envahi le poste de police de la ville, dimanche matin, bloquant la circulation, pour protester contre le laxisme des agents de l'ordre et le manque de sécurité , malgré les supplications des habitants, surtout dans la zone touristique.

Ces conducteurs sont là après le braquage de l'un de leurs collègues, samedi après-midi, sur la route de Ben Guerdane. Il a été griévement blessé ; sa voiture saccagée et la caisse volée.

L'énergumène auteur de l'agression court toujours. «C'est le septième acte de violence subi parles chauffeurs de taxi et en dépit de nos avertissements, la situation n'a pas l'air de s'améliorer puisque le même fléau perdure», déclare M. Jamel Smaâli, président du syndicat des chauffeurs de taxi à Zarzis.

«De la drogue, des faux billets de banque, des bombes lacrymogènes, des armes blanches, des vols, des agressions, des braquages...Que font-ils ces policiers?», enchaîne un jeune à la limite de la crise de nerfs.

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