Ce dimanche 18 décembre 2011, le Niger fête le 53e anniversaire de la proclamation de la République. Dans son message à la Nation, le président Issoufou a, entre autres, mis l'accent sur la lutte contre les malversations financières. Il a annoncé avoir instruit son ministre de la Justice de demander à l'Assemblée nationale la levée de l'immunité parlementaire de tous les députés cités dans des affaires de détournement. Une véritable bombe dans le milieu politique nigérien.
Le président Issoufou a aussi promis de résoudre le problème de la construction de classes en faisant appel à l'argent de la vente des produits pétroliers, donnant ainsi satisfaction aux élèves qui protestaient, il y a quelques jours, dans tout le pays.
« Je suis conscient de la forte adversité qui se dressera sur le chemin. Mais le Niger doit cesser d'être la vache à lait d'une minorité de personnes indélicates. Pour que chacun sache que personne n'est au-dessus de la loi, le ministre de la Justice est instruit, pour demander à l'Assemblée nationale la levée d'immunité de tous les députés, soupçonnés d'être compromis dans des dossiers de détournement de deniers publics.
C'est dire que les recettes du pétrole dont la production a démarré le 28 novembre dernier, serviront à financer les besoins des plus pauvres, pour prendre l'exemple de l'école. Ce n'est pas moins de 340 milliards qu'il faudra mobiliser, rien que pour transformer le lourd héritage des 42 000 classes en paillotes, tous niveaux d'enseignement confondus, en classe en matériaux définitifs.
Ne pas le faire c'est condamner à l'ignorance, ou dans le meilleur des cas à une semi alphabétisation, les enfants de l'immense majorité des pauvres des villes et des campagnes ».
Meeting de l'opposition à Niamey
L' opposition nigérienne sort de son mutisme, observé depuis l'arrivée au pouvoir du président Issoufou. Profitant sans doute des derniers mouvements sociaux dans le pays, elle s'est faite entendre à travers un meeting, hier samedi 17 décembre, à Niamey. La première grande sortie politique de l'opposition nigérienne, après neuf mois de gestion des autorités de la 7e République.
Devant plusieurs centaines de militants et entouré de ses alliés, dont Mahamane Ousmane de la CDS-Rahama, Seyni Omar, président de l'Alliance pour la réconciliation nationale, brosse son bilan de la 7e République.
« Face à la réalité de la gestion du pouvoir, les nouvelles autorités tournent en rond. Rattrapées par leur péché originel, elles font du sur place, tous les secteurs de la vie socio-économique et politique de notre pays, le régime actuel démarre avec la mal gouvernance, caractérisée notamment par l'affaire des fausses factures ».
Profitant des derniers mouvements sociaux au Niger, Seyni Omar parle de violations massives de la Constitution en moins d'un an : « Jamais les Nigériens n'ont observé dans l'histoire de leur pays, autant de violations de leur Constitution, en moins d'une année. Vous avez sans doute remarqué qu'il ne se passe pas un seul jour sans qu'une autorité de la 7e République ne fasse référence, par l'un des principes qui guide leur action à la bonne gouvernance. Mais il convient de rappeler que la bonne gouvernance ne peut prendre corps que dans un Etat de droit et dans une démocratie ».
Un absent de taille lors de ce meeting : le président d'honneur du MNSD Nassara, l'ancien président Tandja Mamadou.
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