Alors que le monde rend hommage à Léopold Sédar Senghor, les éditions Perrin annoncent la parution en 2012 d'une biographie pour pérenniser l'ancien président sénégalais, ce premier Africain à siéger à l'Académie française.
Initialement annoncé pour le 23 février, l'ouvrage sobrement intitulé Léopold Sédar Senghor est signé du professeur de littérature francophone Romuald Fonkua, auteur en 2010 d'une biographie remarquée d'Aimé Césaire aux éditions Perrin. Dans cette nouvelle biographie, il entend retracer, sans complaisance, le parcours d'un homme qui vécut sa vie à cheval entre les lettres et la politique.
Poète, écrivain, tour à tour député et secrétaire d'Etat sous la IVe République française, Léopold Sédar Senghor a marqué l'Histoire de son empreinte. Théoricien du concept de la négritude avec son ami Aimé Césaire, il est le co-fondateur de la revue L'Etudiant noir où il publiera nombre de ses textes. Il est l'auteur de plusieurs essais et recueils de poèmes dont Hosties Noires, Nocturnes ou encore Le lion Rouge qui deviendra l'hymne national sénégalais. Malgré ses zones d'ombre, Léopold Sédar Senghor laisse derrière lui le souvenir d'un grand politicien, fervent démocrate qui devint le premier président de la République du Sénégal : «A petites touches, note son éditeur, Romuald Fonkoua restitue avec brio l'intelligence rare et joyeuse qui animait l'intellectuel noir amoureux de la France, sans occulter ses parts d'ombre : la répression et l'encadrement strict des libertés dans son pays et aussi l'élimination de son complice et compatriote, artisan avec lui de la décolonisation africaine, Mamadou Dia».
D'anciens collaborateurs, des parents, des amis, des admirateurs, des hommes de culture et de lettres, des hommes politiques, des religieux ont rendu hommage et prié, au cimetière catholique de Bel-Air (Dakar), pour le défunt poète-président Léopold Sédar Senghor (1906-2001), décédé il y a 10 ans, soit le 20 décembre 2001. Si les jeunes le connaissent mal, nombre de politiques sénégalais se réclament encore du président-poète disparu.
«ACTUALISATION DE LA PENSEE DE SENGHOR»
Rendant hommage au défunt président, Ousmane Tanor Dieng, le secrétaire général du Parti socialiste (PS, opposition), préconise, à l'heure de "la mondialisation", "l'actualisation de la pensée de Senghor". De son côté, Moustapha Niasse, se dit habité par "un profond sentiment de reconnaissance et d'admiration" à l'égard de celui qu'il a servi de directeur de cabinet pendant une dizaine d'années. "Cet homme est le premier à poser les premières pierres de l'Etat du Sénégal. C'est lui qui a construit ce pays et lui a insufflé l'âme de la démocratie, de la liberté et de la protection des droits humains. Il a fait aimer et respecter les Sénégalais à l'étranger. La Nation lui doit énormément", soutient M. Niasse, secrétaire général de l'Alliance des forces de progrès (AFP, opposition). Présent à la cérémonie, Farba Senghor du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir), a déposé une gerbe de fleurs sur la tombe du défunt président "au nom de Viviane Wade", la Première Dame. Comme on peut le constater, le dixième anniversaire de Léopold Sédar Senghor a été célébré avec faste.
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