La Tribune (Algiers)

Algérie: L'administration a autorisé un congrès des redresseurs - Moussa Touati crie au complot

Moussa Touati est en colère. Et pour cause, il s'apprête à organiser un meeting d'envergure national le 31 décembre à la Coupole du 5-Juillet, seulement voilà, un congrès extraordinaire des redresseurs du parti dirigé par le député de la wilaya Drali El Hadi, à Boumerdès, est autorisé en parallèle. Le président du FNA ne mâche pas ses mots contre le ministre de l'Intérieur et le wali de Boumerdès, qu'il accuse de complot. Parce que, estime-t-il, «le FNA dérange les calculs de ceux qui manoeuvrent en eaux troubles», et «ceux qui ont peur qu'il devienne la première force du pays». Criant au complot, M. Touati a, lors d'une conférence de presse hier, exprimé son étonnement, lui qui dit avoir été toujours respectueux des lois du pays, notamment la loi sur les partis, tenu dans les délais ses congrès, et informé régulièrement l'administration de ses activités. Il s'est exclamé sur les facilités avec laquelle ledit congrès extraordinaire a été accordé, s'interrogeant si le ministre de l'Intérieur s'est enquis de l'identité des organisateurs. Sont-ils des membres du Conseil national comme l'exigent les statuts du parti ? Ont-ils atteint le quorum qui est de 2/3 du Conseil national ? La réponse est évidente pour le président du FNA.

Les redresseurs n'ont pas la qualité requise de congressistes, dit-il, en expliquant qu'ils sont d'abord des exclus du parti, à commencer par le chef des redresseurs. «Le député en question, qui était chef de bureau de la wilaya, n'a pu être reconduit, pas même dans la liste du bureau de wilaya», raconte-t-il. De plus, ce dernier n'a pas versé de cotisations annuelles depuis son arrivée à l'Assemblée et qu'il ne s'est pas distingué par une seule question orale ou écrite à l'APN, raconte M. Touati. Selon lui, son détracteur fait partie d'une liste de 18 membres exclus par la commission de discipline du parti pour diverses raisons, dont des raisons répétées au Conseil national, faute grave ou ayant démissionné. «Des redresseurs ? On en a pas au FNA, on n'est pas le FLN», s'est-il exclamé. «Nous sommes un parti des mahgourine (opprimés) et le plus proche du petit peuple», dira le président du FNA. Moussa Touati a affirmé avoir rendu le ministre de l'Intérieur destinataire d'une correspondance, suivie d'un accusé de réception, en réaction à cette donne surprenante à ses yeux.

De même qu'il ne compte pas en rester là, puisqu'il a décidé d'aller sur les lieux du congrès, conscient qu'il ne trouverait qu'une poignée de militants, selon ses dires. Plus que jamais décidé à défendre ses acquis, le président du FNA a introduit une action en justice devant la Chambre administrative contre le ministère de l'Intérieur et la wilaya de Boumerdès. Car, pour lui, l'action de l'administration relève d'une manoeuvre destinée à réduire le poids du FNA, lors des prochaines élections, qui se préparerait à être «la première force politique du pays en 2012».

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