Dr. Adama Coulibaly, directeur général par intérim de la Caisse générale de retraite des agents de l'Etat (Cgrae), a soutenu, mercredi, au cours d'une conférence de presse tenue au siège de la structure d'Etat sis au Plateau, que «sans réforme, il sera impossible d'éponger le déficit de la caisse.»
Un déficit qu'il a qualifié de structurel, c'est-à-dire lié à son statut de société d'Etat. En effet, selon des études actuarielles menées depuis 2008, le déficit de la Cgrae est de 46,5 milliards de Fcfa. Pour le directeur général par intérim, l'actuel statut n'est pas adapté. Selon lui, «il y a des prestations où il n'y a pas de cotisation. » C'est le cas, a-t-il illustré, des allocations viagères des anciens ministres, des frais liés au décès d'un agent de l'Etat Comment la Caisse s'arrange-t-elle pour payer malgré tout les pensions ? «C'est grâce à l'Etat que nous arrivons à faire face à nos responsabilités», a-t-il révélé.
A en croire Adama Coulibaly, qui est par ailleurs le directeur de cabinet du ministre Gilbert Kafana, «les travaux de refonte des textes régissant les régimes des pensions et le cadre juridique et institutionnel de la Cgrae tout comme la réforme du régime de base par répartition sont totalement achevés. Il ne reste plus aujourd'hui que le passage de ces textes fondateurs devant le conseil des ministres pour leur adoption.» Cette réforme s'impose, selon lui, Car, son adoption fait partie des engagements pris avec les partenaires au développement dans le cadre du programme économique et financier, et dans la perspective de l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative Pays pauvres très endettés (Ppte). Il n'a pas écarté l'hypothèse d'une cohabitation entre le système par répartition obligatoire en vigueur en ce moment et un système complémentaire par capitalisation.
Pour conduire cette réforme, la Cgrae entend mettre en place une nouvelle équipe dirigeante qui va se caractériser par la nomination d'un directeur général suite à un appel à candidature. «La procédure est en cours depuis le 12 octobre dernier», a confié Dr. Coulibaly, qui a assuré qu'il n'est pas candidat à sa succession. En outre, il y aura, a-t-il promis, une valorisation du travail par la promotion interne des agents ; la redynamisation des différents services par un mouvement général des agents ; le rapprochement de l'institution de ses bénéficiaires et, surtout, «la lutte implacable contre tous les faussaires.»
Comments Post a comment