Après avoir chanté pendant des mois le titre devenu hymne du M23, Na dem (dégage en Wolof), El Hadji Dia alias Red Black sort enfin son premier album tant attendu.La production, présentée hier à la presse, porte le même nom et appelle Wade à plier bagage.
Sous le pseudonyme 'Red Black', le rappeur sénégalais El Hadji Dia a annoncé hier la sortie de son premier album pour aujourd'hui.
Les mélomanes ont déjà une idée du contenu. Car le chanteur bénéficie d'un large public et a fait parler de lui pour sa chanson 'Na dem' qui est l'hymne du mouvement du 23 Juin (M23).
Ce tube annonce la couleur. C'est un album engagé de quatorze titres dans lequel Red Black dénonce la mauvaise gestion du pays, la corruption. Tous les maux qui touchent le Sénégal en particulier et l'Afrique en général y sont évoqués.
Côté Sénégal, le rappeur ordonne à Abdoulaye Wade de quitter le pouvoir après avoir pointé du doigt les nombreuses tares du pays (dictature, mensonge, système éducatif corrompu et sans débouchés, saleté...).
Ce fameux 'dégage' (Na dem en wolof) sonne comme du déjà entendu en Afrique puisque c'était déjà le refrain qui a rythmé le 'printemps arabe', faisant tomber les régimes tunisiens, égyptiens...l'année dernière. Un effet domino dont le Sénégal semble vouloir profiter, en lançant peut être sa propre révolution...
'Comment, nous jeunes, pouvons-nous confier notre avenir à quelqu'un qui a près de 90 ans ?', interroge l'artiste. 'La candidature de Wade ne va pas, elle ne permet pas la paix au Sénégal. Et si le Conseil constitutionnel la valide, il est évident que le Sénégal sera à feu et à sang', assure-t-il.
'Donc lui qui veut la paix doit respecter les Sénégalais, se respecter lui-même et respecter sa parole. C'est dans ce sens-là que Red Black supporte le M23. Je suis un ambassadeur du M23 et je l'assume', insiste-t-il alors.
Cet engagement d'opposant est bien visible dans les premiers morceaux de son album. Puisque le morceau qui suit l'intro est appelé Conseils aux présidents africains. Le suivant est le fameux Na dem qui vient avant Gorgui Déena (le vieux est mort en Wolof).
S'il assume ce titre qu'il qualifie de 'contre attaque', le rappeur se justifie néanmoins en expliquant que 'c'est vrai que ce message lui est adressé [à Wade, Ndlr].
Mais 'Gorgui Déena' est une métaphore, puisque Gorgui c'est un personnage. Dans la chanson on dit que physiquement il est vivant, mais constitutionnellement il n'est pas valable'.
Aussi avoue-t-il n'avoir pas cité explicitement le nom de l'actuel président du Sénégal pour éviter d'éventuelles poursuites judiciaires.
Malgré toutes ses plaintes du régime libéral, Red Black reste positif pour son pays. Avec le tube Un autre Sénégal est possible. Il envisage des solutions à tous les problèmes décrits, afin de ne pas les considérer comme de tragiques fatalités. 'Il suffit de combattre le mensonge, d'appliquer les lois et de respecter les deniers publics', affirme-t-il simplement.
Et côté Afrique, le rappeur est également engagé, car 'Na dem dépasse même le Sénégal. Je parle au nom de l'Afrique', ajoute-t-il.
D'où ce fameux pseudonyme de Red Black. Si pour lui le noir représente l'Afrique, le rouge symbolise le sang et la violence qu'a vécu et que vit encore ce continent.
Sur la pochette de l'album, des images marquantes rouges et noires renvoient aux maux dont souffre l'Afrique. 'Il faut une rupture avec toute cette négativité. Donc 'Na dem', qu'il s'en aille. Tout ce qui n'est pas positif, on essaye d'en faire une rupture'.
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