Liberia: Procès Taylor - La défense demande la prise en compte d'un nouveau document

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L'ancien président libérien Charles Taylor .

Charles Taylor attend toujours dans une cellule néerlandaise le verdict de son procès pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre. L'ancien président du Libéria est accusé d'avoir favorisé le déclenchement de la guerre civile en Sierra Leone.

Ses avocats comptent sur un nouveau document pour défendre leur client. L'audition des témoins et les plaidoiries sont terminées depuis mars 2011, mais pour les défenseurs de Charles Taylor, le rapport du panel d'experts des Nations unies sur le Liberia publié en décembre dernier vient appuyer leur cause. Selon ce rapport, des mercenaires libériens ont combattu dans les forces pro-Gbagbo et dans les forces pro-Ouattara sans que les autorités de Monrovia soient impliquées.

Depuis l'ouverture du procès de Charles Taylor deux théories s'affrontent : celle du procureur, selon qui l'ex-président libérien était à la tête d'une entreprise criminelle ayant lancé la guerre civile en Sierra Leone pour en tirer des profits financiers, et celle des avocats de la défense, pour qui leur client n'avait aucun contrôle sur des milliers de combattants libériens monnayant leurs services dans toutes les crises de la sous-région.

Pour le principal défenseur de Charles Taylor, les investigations des Nations unies permettent de faire un constat : si l'an dernier le gouvernement de Monrovia n'a pas été en mesure d'empêcher les recrutements de mercenaires par les belligérants ivoiriens, pourquoi n'en serait il pas de même une décennie plus tôt pour la Sierra Leone ?

Maître Courtenay Griffiths déclare : « Les activités des mercenaires libériens en Côte d'Ivoire sont à mettre en lien avec ce que l'on reproche à Monsieur Taylor. Dans les faits, ces combattants agissaient de leur propre chef. Ils étaient organisés par des chefs de milice sans qu'au dessus d'eux il y ait une main telle que celle de Monsieur Taylor tirant les ficelles.

Beaucoup de ces gens agissaient à titre privé. Ils sont sans emploi et ils ont donc trouvé là un moyen de subsistance soit en étant payés par Gbagbo ou Ouattara soit en pillant les villages en Côte d'Ivoire. C'est exactement ce qui d'après nous s'est passé en Sierra Leone ».

En décembre dernier, Maître Courtenay Griffiths avait déjà demandé à ce que de nouveaux documents, deux câbles diplomatiques américains révélés par WikiLeaks, soient portés au dossier de la défense. Les juges avaient alors rejeté sa requête.


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