Afrique: L'organisation mondiale de la santé veut éradiquer les maladies tropicales négligées

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Washington — L'Organisation mondiale de la santé (OMS) redouble d'efforts pour prévenir, maîetriser et éliminer les maladies tropicales négligées qui pèsent sur le monde en développement. La nouvelle campagne de l'OMS vise à éradiquer au moins 10 de ces maladies d'ici à 2020.

En annonçant ce nouveau plan, la directrice générale de l'OMS, Dr Margaret Chan, a dit « qu'il représente l'étape suivante sur la voie qui permet d'alléger et, dans de nombreux cas, d'éliminer enfin la grande misère causée par ces anciennes maladies de la pauvreté ».

En oeuvrant en partenariat avec des compagnies pharmaceutiques, des organisations non gouvernementales (ONG) et des pays tels que les États-Unis, l'OMS espère réduire considérablement l'impact de ces maladies à l'échelle internationale.

Les maladies tropicales négligées (MTN) touchent plus de 1 milliard de personnes de par le monde et mènent à une réduction considérable de l'espérance de vie et des revenus. La plupart de ces maladies, qui sont transmises par des insectes ou par de l'eau contaminée, peuvent être prévenues grâce à de simples moyens, tels que des moustiquaires ou des médicaments. Cependant, dans les pays pauvres, même des solutions simples peuvent être inabordables ou indisponibles.

Le plan d'action énonce une stratégie internationale qui suit les mêmes lignes que l'Initiative en matière de santé mondiale (GHI) du gouvernement Obama. Le président Obama a déclaré : « S'agissant de prévention, il n'est plus question de s'attaquer à chaque maladie isolément. L'interdépendance qui caractérise notre monde d'aujourd'hui nous commande d'appliquer une approche intégrée. »

Le plan de l'OMS, intitulé « Accélérer les travaux pour surmonter l'impact mondial des maladies tropicales négligées : une feuille de route pour leur mise en oeuvre », cible 17 MTN qui vont de la fièvre dengue aux helminthiases, ces maladies parasitaires transmises par le sol. Chacune de ces maladies est unique, avec une distribution géographique, un mécanisme de transmission et un effet sur la santé qui lui sont propres.

Par exemple, les helminthiases transmises par le sol, appelées communément vers intestinaux, se disséminent par trois vecteurs. Les personnes humaines en sont infectées en consommant des aliments ou de l'eau contaminés ou en marchant sur un terrain infesté d'oeufs de vers.

Après quelques semaines, les patients ressentent des douleurs intestinales et souffrent de diarrhée. Les infections par les helminthes sont les plus courantes dans le monde. La feuille de route de l'OMS vise à endiguer l'infection par le biais de thérapies préventives et de systèmes d'assainissement améliorés.

Le rapport recommande aussi l'administration aux masses de médicaments qui peuvent éliminer une autre maladie tropicale négligée, la filariose lymphatique ou éléphantiasis. L'infection se produit quand les parasites filaires responsables de la maladie sont transmis à l'homme par des moustiques. Elle cause des oedèmes, des douleurs aiguës et des infirmités. L'OMS estime que plus de 120 millions de personnes sont touchées par cette maladie qui entraîene des difformités considérables. La feuille de route prévoit de maîetriser les moustiques avec des pesticides et d'utiliser des moustiquaires pour en endiguer la propagation.

Certaines maladies tropicales négligées sont transmises de personne à personne. Le trachome est la cause principale de cécité qui peut être prévenue, et il se propage souvent d'un enfant à l'autre. La rage, en revanche, est transmise d'un animal à l'homme, souvent par la morsure. Certaines de ces maladies, telles que la lèpre, affligent les populations depuis l'ère biblique.

Pour réduire l'impact des maladies tropicales négligées, l'OMS a établi une stratégie de mise en oeuvre de sa feuille de route en cinq volets pour les zones appauvries où ces maladies sévissent à l'état endémique. Ces volets sont la chimiothérapie préventive, la gestion intensifiée des maladies, la maîetrise des vecteurs et des organismes hôtes, les mesures vétérinaires liées à la santé publique, et l'approvisionnement en eau potable et l'assainissement.

La feuille de route nouvellement mise au point par l'OMS vise à prévenir les maladies grâce à des médicaments sûrs et à usage unique. Quand ces maladies se produisent, la recommandation est alors d'assurer un dépistage précoce et des traitements améliorés. Le rapport souligne aussi l'importance de maîetriser la source de ces infections par le biais de l'amélioration des installations sanitaires, de l'hygiène et des soins aux animaux.

Les États-Unis ont déjà pris des mesures agressives contre les MTN, semblables à celles que recommande l'OMS dans son nouveau plan. Annoncée en 2009, l'Initiative du président Obama en matière de santé mondiale cible la santé des femmes et des enfants ainsi que les maladies infectieuses. Selon l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), l'un des principaux objectifs de la GHI est de « réduire la prévalence de 7 maladies tropicales négligées de 50 % chez 70 % des populations affectées, et d'éradiquer l'onchocercose en Amérique latine d'ici à 2016, la filariose lymphatique dans le monde entier d'ici à 2017, et la lèpre. »

Pour réaliser ces objectifs, le président a assuré à l'Initiative un soutien financier considérable. Dans son projet de budget pour l'année fiscale 2012 soumis au Congrès, le président Obama a demandé 100 millions de dollars pour la lutte contre les MTN. Cette somme représente une hausse de 30 % par rapport à 2011 et souligne la détermination des États-Unis à éradiquer ces maladies.

Les États-Unis multiplient l'effet de leur soutien financier en collaborant avec d'autres entités internationales de la santé. Des compagnies pharmaceutiques américaines, notamment Gilead, Johnson & Johnson et Pfizer, fournissent gratuitement des médicaments. Merck, par exemple, offre un approvisionnement illimité d'une certaine thérapie pendant aussi longtemps qu'elle est nécessaire. Des organisations non gouvernementales américaines contribuent elles aussi à cet effort. La fondation Bill et Melinda Gates s'est engagée à donner 363 millions de dollars sur cinq ans pour financer les recherches sur de nouveaux médicaments et méthodes de lutte contre ces maladies. L'OMS et les États-Unis espèrent élargir l'élan qui a découlé en 2007 de la première Conférence des partenaires mondiaux qui ont accordé le rang de priorité mondiale aux maladies tropicales négligées. Depuis, la prévalence de la plupart de celles-ci a diminué grâce à un accès amélioré aux traitements et à des méthodes plus efficaces de maîetrise de leur propagation.


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