En marge du conseil des ministres extraordinaire de l'UEMOA qui a planché sur la situation alimentaire et les mesures urgentes, à moyen et long termes, la commission de l'UEMOA a remis le 20 février dernier un appui financier au Mali, au Burkina et au Niger pour faire face aux conséquences de la crise touarègue.
Le président de la Commission de l'UEMOA, Cheikhe A. Soumaré a remis symboliquement des chèques d'un montant total de 350 millions de F.CFA aux pays affectés par la résurgence de la rébellion touarègue dans le nord Mali. L'insécurité dans le nord Mali occasionne des déplacements massifs de populations, déstabilisant ainsi des Etats membres de l'Union. La Commission de l'UEMOA vole au secours des gouvernements en difficulté à travers ce geste de solidarité. Le Mali a reçu 150 millions de CFA. Le Niger et le Burkina ont reçu respectivement un chèque de 100 millions de F CFA. Cet appui est destiné à faire face au volet sécurité alimentaire et au déplacement des populations. Les derniers chiffres au Burkina font état de 12 000 réfugiés et le Niger compte pas moins de 23 000. Ces chiffres sont susceptibles d'évoluer si la situation n'est pas maîetrisée dans le nord Mali. Ce pays est lui-même confronté à un flux de personnes déplacées fuyant les zones de combats. La situation des réfugiés est compliquée avec l'insécurité alimentaire, conséquence des mauvaises récoltes de la campagne 2011/2012 . Le Burkina était représenté à cette remise par le ministre délégué à la Coopération régionale, Vincent Zankané. Le Mali par son ministre en charge du Budget et le Niger par celui des Finances, ......
Vincent Zankané, ministre burkinabè délégué à la Coopération régionale « Depuis le déclenchement des événements au mois de janvier, nous avons eu un afflux important de populations maliennes qui sont chez elles au Burkina. Nous sommes dans un espace de solidarité et de fraternité et c'est tout à fait normal que nous nous mobilisions pour les accueillir avec l'espoir que la crise puisse s'éteindre rapidement. Nos pays ont besoin de paix et de sécurité pour se consacrer aux tâches de développement. Le Burkina abrite près de 12 000 réfugiés dont une partie est à Ouagadougou. Mais le gros lot se trouve dans la région du Sahel, dans les provinces du Soum, du Séno et de l'Oudalan. Ces populations vivent dans des conditions précaires. C'est ainsi que le gouvernement a mis en place un dispositif sécuritaire mais aussi humanitaire qui requiert la mobilisation des collectivités locales. Mais face à l'afflux des populations, les efforts du gouvernement ne suffisent pas à eux seuls. L'appui de l' UEMOA vient à point nommé. Il permettra de soutenir nos efforts et ceux des collectivités locales pour aider les populations en détresse. Nous sommes reconnaissants à l'UEMOA qui est l'expression institutionnelle de notre solidarité communautaire. C'est tout le sens de notre intégration.
Ministre nigérien de l'Economie « La crise au Mali intervient dans un contexte très particulier au Niger » Comme vous le savez, la saison agricole a été très mauvaise et le département de Tilabery qui accueille les réfugiés est un des départements les plus affectés par la crise alimentaire. Malgré ce contexte, les populations nigériennes ont ouvert leurs portes et leur coeur à leurs frères. Elles s'organisent pour que les personnes déplacées soient reçues dans de bonnes conditions, que tous puissent avoir un toit et avoir accès à l'eau et à la nourriture. La situation de prise en charge s'est améliorée. Nous comptons environ 23 000 réfugiés à ce jour, répartis sur trois sites que nous avons sécurisés. Ce chiffre évolue de jour en jour. Nous espérons fortement que les choses vont rentrer dans l'ordre avec les efforts entrepris par l'armée malienne pour sécuriser tout son territoire.
Ministre malien du Budget Sanabou Wagué. « Depuis janvier, certains de nos compatriotes ont décidé de s'exprimer par les armes. C'est très dommage dans un pays comme le Mali, engagé résolument dans la voie démocratique. Actuellement nous sommes en voie de sécuriser les populations dans leur intégrité physique. Ce travail est en train de se faire sur tout le territoire. Sur le plan humanitaire, le gouvernement a mis à la disposition des gouverneurs et des préfets de régions qui ont été attaquées un certain nombre de moyens pour faire face à la situation.

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