Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Quinquennat, éducation, pouvoir d'achat, conseil constitutionnel, crise casamançaise - Macky Sall s'engage !

Quinquennat, crise de l'éducation, le conseil constitutionnel, la résolution de la crise casamançaise, la réduction de la pauvreté, l'application des conclusions des Assises nationales, le rétablissement du pouvoir d'achat des Sénégalais... Le candidat Macky Sall sorti deuxième du premier tour de la présidentielle du 26 février s'est engagé hier, mercredi 28 février devant Dieu et la Nation.

Le maire de Fatick, candidat de la coalition « Macky 2012 », challenger d'Abdoulaye Wade au deuxième tour de la présidentielle s'est engagé, s'il est élu, à proposer une réforme constitutionnelle visant à ramener la durée du mandat présidentiel à cinq renouvelable une seule fois, une disposition qu'il compte s'appliquer.

« Je proposerai une réforme constitutionnelle visant, entre autres, à ramener la durée du mandat du président de la République à cinq renouvelable une seule fois. Je m'appliquerai cette réforme », a-t-il déclaré hier, lors d'une conférence de presse tenue après la publication des résultats provisoires des 45 départements l'annonçant au second tour pour affronter le président sortant.

. Le président de l'Alliance pour la République (Apr), Macky Sall, admis à se présenter au deuxième tour de la présidentielle prévu le 18 mars ou le 25 prochain, grâce à ses 26% obtenus au premier tour dont les résultats provisoires ont été publiés hier d'ajouter : « Si je suis élu pour sept ans, je m'engage à n'exercer qu'un mandat de cinq ans et cette réforme qui limitera le nombre de mandat à deux et la durée à cinq ans, ne pourrait plus faire l'objet de modification ».

Invité à se faire plus précis sur la question du régime qu'il adopterait une fois élu, le candidat Macky Sall de signifier que le Sénégal n'a pas de régime présidentiel. « C'est un abus de langage. C'est un régime semi-parlementaire ou semi-présidentiel, parce qu'il, à la fois, les attributs d'un régime parlementaire et les attributs d'un régime présidentiel », a-t-il indiqué.

Selon lui, le gouvernement sénégalais, aujourd'hui, est soumis à la fois à l'autorité de l'Assemblée nationale qui peut voter une motion de censure et renverser le gouvernement. "Ça ce sont les attributs d'un régime parlementaire. Dans un régime présidentiel, l'Assemblée ne peut pas renverser le gouvernement", a-t-il précisé.

Macky Sall a ajouté qu'en même temps, le gouvernement est responsable devant le président de la République qui nomme le Premier ministre et les ministres en relevant que dans le système sénégalais "c'est le président de la République qui a reçu mandat du peuple par le suffrage universel direct".

"L'enjeu pour nous c'est d'avoir des démocrates qui respectent les équilibres et la Constitution. L'enjeu c'est aussi d'avoir un équilibre à l'Assemblée. Si nous avons des forces équilibrées, il va de soi que le président ne peut pas se permettre n'importe quoi", a-t-il expliqué.

"Nous n'avons pas de problème de régime, nous n'avons un problème de démocrates qui respectent la Constitution et un problème d'équilibre des forces à l'Assemblée nationale", a poursuivi le candidat de la coalition "Macky 2012", promettant que lui et son équipe vont "quand même équilibrer" le système politique "de façon à avoir quelqu'un à la tête de l'Etat plus de dix ans".

Le candidat veut sauver l'année scolaire

Le candidat de la coalition "Macky 2012", a appelé par ailleurs, le corps enseignant, en grève depuis au moins deux mois, à "sauver l'année scolaire" en reprenant le chemin de classes et des amphithéâtres. Il s'est engagé, s'il est élu, à ouvrir des négociations avec les acteurs de l'école. « J'appelle d'ores et déjà le corps enseignant en grève à sauver l'année scolaire. Une fois élu, je m'engage à ouvrir sans délai des négociations sincères et inclusives avec tous les acteurs de l'école", a-t-il avancé.

Le syndicat autonome des enseignants du supérieur (SAES) et les deux syndicats du moyen secondaire sont en grève, réclamant à l'Etat l'application d'accords signés entre 2006 et 2011.

Dans sa déclaration liminaire, Macky Sall a interpellé les acteurs de l'école sénégalaise et de l'Université, qui vivent selon lui "l'angoisse d'une année blanche", avant d'appeler au "rassemblement" de nombreux autres segments de la société.

Il s'adressé à ceux qui "luttent au quotidien pour subvenir au besoin" de leurs familles "durement éprouvées par la cherté de la vie", ceux qui se battent pour "sortir de la précarité et du chômage", ceux qui "souffrent" de ne pouvoir soigner leurs enfants et les membres de leurs familles.

Macky Sall a aussi appelé au rassemblement les "jeunes filles et jeunes garçons sans emploi et sans formation professionnelle", les acteurs du secteur privé, "créateurs de richesses et de plus-values sociales", les "populations délaissées du monde rural" et celles "oubliées des banlieues, en proie à l'exclusion", les "hommes et femmes de culture, hommes et femmes du monde sportif, citoyens de la Diaspora et les personnes du troisième âge.

"Je vous appelle tous au rassemblement et à la mobilisation pour engager notre pays sur le chemin du développement véritable, celui donne à chaque citoyen sénégalais les chances réelles de s'épanouir et de vivre dans la dignité", a dit le président de l'Apr qui veut être celui du Sénégal, dès le 18 mars prochain.

"Le Sénégal est à un tournant décisif dans sa quête de liberté, de justice, de paix et de développement", a-t-il ajouté, estimant que les Sénégalais ont aujourd'hui "l'opportunité de prendre un autre chemin et d'ouvrir de nouvelles perspectives" pour le peuple.

Il a assuré que "c'est tout le sens du programme ambitieux, réaliste et chiffré, « Yoonu Yokkute » (Le chemin du véritable développement)", qu'il propose et qui "s'inspire notamment des conclusions des Assises nationales".

Réduction des produits de premières nécessités

Des "mesures immédiates" de réduction des prix des produits de première nécessité comme le riz, l'huile, le sucre, seront prises au début du prochain mandat présidentiel, a annoncé mercredi Macky Sall, qui sera opposé au président sortant lors du second tour de la présidentielle.

"Je m'engage également à mettre en oeuvre, dès les premiers jours de mon mandat, des mesures immédiates de réduction des prix des produits de première nécessité comme le riz, l'huile et le sucre", a dit le candidat de la coalition "Macky 2012", lors d'une conférence présidentielle.

Macky Sall n'a pas plus de détails sur ces mesures, se bornant à dire que les experts de son équipe ont étudié les possibilités budgétaires de les mettre en oeuvre. Il a indiqué que ces mesures s'inscrivent globalement dans le cadre de son programme de gouvernement "Yoonu Yokkute" axé notamment sur la lutte contre les injustices sociales.

Ce programme vise aussi à permettre aux Sénégalais à faibles revenus de subvenir aux besoins essentiels : apprendre, se former, se soigner, se nourrir. Il a comme cibles principales les jeunes, les femmes et le monde.

Pas encore à l'abri de la confiscation de la victoire

Le candidat de la coalition "Macky 2012" a fait observer que, "malgré la bonne tenue du premier tour", les Sénégalais ne sont pas pour autant à l'abri d'une "confiscation de la volonté populaire", avant de les appeler à faire preuve de "la plus grande vigilance, à maintenir le cap de la mobilisation et à parachever le processus pour une nouvelle alternance démocratique".

Auparavant, Macky Sall a rendu "un hommage vibrant" au peuple sénégalais, saluant la "lucidité exceptionnelle" dont il a fait montre en allant voter "massivement" lors du premier tour de l'élection présidentielle, dimanche dernier. S'exprimant mercredi au cours d'une conférence de presse, M. Sall, qualifié pour le second tour, a relevé que lors du scrutin du premier tour, les Sénégalais se sont "clairement et très majoritairement exprimés pour mettre fin au régime du président sortant", Abdoulaye Wade.

« Près de deux Sénégalais sur trois ont choisi d'ouvrir une nouvelle page de notre histoire. Je voudrais rendre un hommage vibrant au peuple sénégalais qui fait preuve d'une lucidité exceptionnelle en allant voter massivement, dans la calme et la sérénité", a souligné le maire de Fatick.

"Malgré les violations de vos droits à manifester pacifiquement pour le respect de la Constitution, malgré les intimidations et la violence d'Etat qui a coûté des vies humaines, vous avez imposé à tous la suprématie de votre souveraineté", a-t-il affirmé.

L'ex-Président de l'Assemblée nationale, ex-Premier ministre de Wade, aujourd'hui redoutable adversaire d'ajouter : "Nous devons consolider cette sagesse nationale multiséculaire et l'option irréversible pour la démocratie et la République. De même, j'exprime ma profonde gratitude à tous les électeurs qui m'ont fait confiance à l'occasion de ce premier tour de l'élection présidentielle".

Il a confondu dans ses remerciements les militants et sympathisants son parti, ceux de la coalition "Macky 2012", "pour leur engagement et leur mobilisation", avant de saluer "très fraternellement", tous les candidats, les parties prenantes des Assises nationales, les membres du M23 et les composantes de ces mouvements populaires et citoyens.

"Ils jouent tous un rôle déterminant pour la sauvegarde de notre système démocratie rudement malmené par le régime en place", a poursuivi Macky Sall qui a aussi remercié "tous les agents de l'administration pour la gestion professionnelle et non partisane du processus électoral".

Il a par ailleurs salué le "comportement républicain des Forces de défense et de sécurité", "la vigilance" de la Commission électorale nationale autonome (CENA) ainsi que le rôle du Conseil national de régulation de l'audiovisuel (CNRA), des observateurs nationaux et internationaux et des pays amis du Sénégal.

Selon les résultats provisoires proclamés mercredi soir par la Commission nationale de recensement des votes, Abdoulaye Wade (34,82%) et Macky Sall (26,57%) sont les deux candidats que les 5,3 millions d'électeurs sénégalais devraient départager lors du second tour.

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