Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Aubin Minaku - Virtuel président de l'Assemblée nationale

L'évolution politique devient intéressante quand bien même elle susciterait encore des interrogations avec cette crise politique perceptible. La mise en place progressive des institutions de la République issues des élections, s'accompagne également du choix ou de la désignation des principaux animateurs.

Pour l'instant, il s'agit du Bureau définitif de l'Assemblée nationale. Les cogitations politiques en cours tournent autour de Aubin Minaku, député national et actuel secrétaire général de la Majorité présidentielle.

La validation des mandats de députés nationaux, bien que la Cour suprême de justice continue l'examen des contentieux électoraux, ouvre la voie à toutes les initiatives politiques portant sur la désignation du bureau définitif de l'Assemblée nationale. Mais ces cogitations politiques graviteront autour de la désignation ou l'élection, c'est selon, du futur président de cette institution.

Une étape tout aussi importante au regard des responsabilités de cette institution chargée non seulement d'édicter des lois, mais aussi de contrôler l'Exécutif pour imposer une bonne gouvernance dans la gestion de la chose publique.

D'où, l'Assemblée nationale demeure «l'Autorité budgétaire» tant le budget constitue la colonne vertébrale de tout programme du gouvernement. Sa mauvaise exécution conduira sans nul doute le pays à la banqueroute.

Cependant, l'Assemblée nationale, c'est la représentation nationale. C'est dire que le président de cette institution incarne « le citoyen congolais » et « est le citoyen congolais ».

Avant d'en arriver là, il faudra constituer la «majorité parlementaire » pour respecter les règles du jeu. Certes, le camp présidentiel dispose de plus de 340 députés.

Si aucun d'eux n'était débarqué par la Cour suprême de justice qui examine en ces moments les contentieux électoraux, la Mouvance présidentielle disposerait là d'une majorité parlementaire confortable.

Toutefois, cette majorité ne doit pas «paraître» mais « être » une vraie majorité consciente de ses responsabilités d'une «majorité parlementaire citoyenne». Celle qui aura pour mission principale immédiate de se choisir un président du Bureau définitif de l'Assemblée nationale.

Aubin Minaku mieux placé

A en croire les premiers éléments d'information, l'honorable Aubin Minaku part avec toutes les faveurs des pronostics pour devenir le futur président de l'Assemblée nationale.

Elu député en 2006, il a été le chef du groupe parlementaire du PPRD avant d'être nommé secrétaire général de la Majorité présidentielle.

On dit de lui qu'il est d'une intelligence fine, qualité requise pour mieux apprécier les grandes questions nationales et internationales.

Habitué de cette institution, il aurait appris beaucoup pour être à la hauteur de sa tâche. Il est donc de ceux-là dont la valeur n'attend point le nombre des années.

Toutefois, affirme-t-on, la politique est une autre école. Il faut souvent user de son pantalon dans ce cercle où les meilleurs manquent souvent ce « réflexe » indispensable pour parer à tous les coups, et échouent. D'autre part, soutient- on dans ces mêmes milieux, l'ascension de Minaku a été trop rapide qu'il risque de provoquer de nombreux dérapages. Ce qui pourrait coûter cher à la Majorité présidentielle, à son parti le PPRD et à ses rapports avec le président de la République. Mais ne dit-on pas que c'est en forgeant qu'on devient forgeron

Lors de la dernière législature, l'Assemblée nationale a connu deux présidents. Quels que soient les motifs évoqués pour le départ de l'un et de l'arrivée de l'autre, ce fait explique largement que la partie ne sera pas du tout facile.

Car, il ne s'agit pas seulement de gérer les humeurs de la Majorité et de l'Opposition, mais de retenir que le peuple sera trop regardant.

Surtout de se souvenir de cette mise en garde du président américain lors de son discours à l'Afrique, depuis Accra : « l'Afrique a maintenant plus besoin des institutions fortes ».

Bousculade politique

La désignation du président du bureau de l'Assemblée nationale entraînera ipso facto de changement d'hommes dans le camp présidentiel.

Dans l'hypothèse où l'honorable Aubin Minaku serait désigné président de l'Assemblée nationale, il faudrait songer à son remplacement au niveau du secrétariat exécutif de la MP. Le choix pourrait porter sur un des ses adjoints.

Toutefois, il n'est pas du tout exclu que l'on refasse appel à Louis-Alphonse Koyagialo, actuel vice-Premier ministre et ministre des PTT, alors prédécesseur de Minaku à ce poste.

Mais comme son nom est cité dans plusieurs postes tant au sein du gouvernement qu'à côté du président de la République avec la recomposition du pré-carré du président de la République, toute surprise n'est pas du tout exclue avec la désignation d'un des gouverneurs de province des plus influents ...

Cette bousculade politique concerne également la Primature. Le choix du président de l'Assemblée nationale influera sur celui du Premier ministre.

Autant des noms sont avancés, à savoir Professeur Boshab, Koyagialo, Modeste Bahati. On laisse même entendre qu'à ce niveau, la désignation tiendra compte de la géopolitique.

Même effervescence dans le sillage du président de la République après la mort de l'honorable Augustin Katumba Mwanke. En plus des noms déjà annoncés, viennent s'ajouter ceux des personnalités suivantes : Yav Muland, She Okitundu, respectivement Directeur de cabinet adjoint du président de la République chargé des problèmes économiques, sénateur et ancien Directeur de cabinet de Laurent-Désiré Kabila.

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