La Prospérité (Kinshasa)

1 Mars 2012

Congo-Kinshasa: Bongeli très fâché !

Kinshasa — L'homme n'y comprend rien. Il est sorti de ses réserves, hier, en fin de la soirée. Traits tirés sur les visages, Emile Bongeli, Secrétaire Exécutif National en charge de la Communication au sein du PPRD, n'a pas parlé de chiffres sur la gestion Boshab à l'Assemblée Nationale.

Bongeli est, par contre, resté sur les principes. Pourquoi les agents de l'administration du Parlement ne sont pas en grève, si leur argent a été détourné ? Pourquoi tous les sept syndicats reconnus à l'Assemblée Nationale n'adhèrent pas à la démarche de M. Ngueshi ?

Mais, pour quelle raison, ces agents-là, eux dont l'argent aurait été détourné, n'ont-ils pas confié, depuis plusieurs mois, ce dossier aux Députés de la législature sortante, afin qu'il soit traité ne serait-ce qu'une seule fois, en plénière ?

Pourquoi cela n'arrive que maintenant ? Sans verser dans des déclarations oiseuses, ni se perdre dans des éternels jeux d'attaques personnelles, le Professeur Emile Bongeli parle simplement de la mauvaise foi et si pas plus, d'une tempête dans un verre d'eau. Il croit, en outre, que toute l'agitation observée, ne saurait arrêter la marche inexorable de l'histoire du Parlement congolais.

Avant-hier, les mandats des Députés ont été validés. Demain ou après demain, ce sera le tour de la mise sur pied du Bureau définitif. Puis, le gouvernement doit démissionner.

Après tout, le Chef de l'Etat, dans son pouvoir discrétionnaire, officialisera le résultat de ses délibérations sur le futur locataire de l'Hôtel du gouvernement, à la lisière de la Gombe. A propos de la crise politique, Bongeli en fait une autre lecture.

Pour lui, en effet, tout est calme, à l'exception de plusieurs défis qui attendent la République : la lutte pour l'amélioration du vécu quotidien des Congolais, la reconstruction, la mise en oeuvre de la révolution de la modernité.

La montée au créneau, ces derniers jours, de certains acteurs politiques et autres analystes qui crient, à qui veut les entendre, qu'il y a crise politique en République Démocratique du Congo, n'a pas laissé insensible, la hiérarchie du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD).

Au cours de la conférence de presse tenue hier mercredi, 29 février 2012, au siège du parti, le Professeur Emile Bongeli, Secrétaire Exécutif National du PPRD en charge de la Communication, a battu en brèche de telles considérations, soutenant que toutes les institutions de la République fonctionnent normalement.

«Les élèves vont à l'école, les fonctionnaires à leur poste d'attache, le Président de la République dispose de ses manettes de pouvoir et oeuvre à la marche du pays, l'Assemblée Nationale vient de finir avec la validation des pouvoirs de tous les Députés, même ceux de l'opposition, les services de sécurité sont à pied d'oeuvre », a précisé Bongeli Emile, pour confondre tous les prophètes des malheurs, parce que le peuple Congolais n'entend point les suivre sur cette voie-là.

Une tempête dans un verre d'eau Répondant à la question sur un éventuel détournement de la rémunération des administratifs de l'Assemblée Nationale, Emile Bongeli n'est pas allé par le dos de la cuillère, pour souligner qu'il s'agit tout simplement de quelques allégations dénuées de tout fondement.

Elles sont comparables, précise-t-il, à "une tempête dans un verre d'eau". «Sinon, les fonctionnaires, eux-mêmes, devraient être agités. Il s'agit d'allégations d'un certain syndicaliste à la solde de quelqu'un en mal de repositionnement face aux enjeux politiques actuels », a-t-il fait savoir. Et d'ajouter que le PPRD n'entend point s'attarder sur des dénonciations et autres attaques déloyales.

Partage des postes La question en rapport avec la répartition des postes durant cette législature a conduit Emile Bongeli à rappeler que son parti, le PPRD, reste respectueux des engagements, comme en 2006. L'homme s'étonne du fait que d'autres partis se soient mis à alimenter des soupçons.

Pourquoi cette attitude ? S'est-il demandé. Et de dire que la logique voudrait que le partage soit fait selon le poids politique de chaque parti.

«Ce sont des règles établies et aucun parti ne sera minimisé», a laissé entendre le Secrétaire exécutif national chargé de la Communication au PPRD.

De son côté, la mosaïque PPRD a tiré son épingle du jeu, en mettant en place une stratégie pour le renforcement de ses capacités d'actions au Parlement.

Le PPRD, à son avis, devient incontournable, avec près de 150 Députés à la chambre basse du Parlement. Ce qui constitue, du reste, un atout indéniable pour la Majorité présidentielle.

D'où viendra le Premier Ministre ? Il n'y aura pas de miracle. Les mécanismes constitutionnels sont clairs. Le Premier Ministre est issu de la Majorité parlementaire. Nul ne peut donc penser autrement.

A moins que le Chef de l'Etat, usant de son pouvoir discrétionnaire, agisse dans le sens d'impulser une certaine ouverture politique, en tendant la main à l'Opposition. Mais, s'il s'en tient à la Constitution, le choix du Premier Ministre est une affaire "exclusive" de la Majorité Présidentielle et non de l'Opposition.

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