Le Soleil (Dakar)

1 Mars 2012

Sénégal: En France, les partis font le bilan de leur campagne

Photo: Marieme/AllAfrica
Élections du 26 Février 2012 au Sénégal

Au lendemain du scrutin qui s'est globalement déroulé dans le calme en France, les différents quartiers généraux politiques évaluent leur stratégie de campagne du premier tour. Les suspicions de cheval de Troie des temps modernes font polémique.

Le changement d'attitude et de ton, c'est maintenant, serait-on tenté de dire, en décodant les projections du camp de Macky Sall. Les hourras entendus au soir du scrutin dans l'imposant bâtiment des Docks de Paris, lieu du vote de la communauté sénégalaise, ont laissé place à l'analyse et à la perspective d'un éventuel 2ème tour.

Après l'autosatisfaction du travail accompli qui place Macky Sall à la première place avec 38,89% des voix soit 4.420 des 11.365 électeurs en Ile-de-France, « nous allons prendre notre bâton de pèlerin pour aller à la rencontre des autres candidats et opposants du président sortant », planifie Zacharia Coulibaly, le chargé de la commission informations et stratégies du comité électoral Macky 2012 France. « Nous avions fait le sermen

t de nous allier à tout candidat arrivant au deuxième tour contre le président Wade, j'en attends pas moins de nos amis et alliés du M23 ». Une stratégie d'alliance que le Pds émettait quelques instants seulement après le vote du 26 février.

Il faudra faire plus qu'un appel du pied à un candidat comme Idrissa Seck, « nous partageons la même idéologie libérale », chuchotait un responsable du Pds France sous couvert de l'anonymat. « Mais l'essentiel est de faire notre propre autocritique, martèle Astou Niang, vice-présidente de la commission de communication. Ainsi, nous pourrons analyser ce qui n'a pas fonctionné ».

Les bus, le cheval de Troie du scrutin ?

Et dans le rayon des dysfonctionnements, la logistique et plus particulièrement le transport des militants en bus est montré du doigt. « Nous pensons que des militants de Macky Sall se sont mélangés aux nôtres pour profiter de nos bus et faire le déplacement afin de voter pour leur candidat », théorise Mamadou Lamine Sané, président de la commission de communication à la fédération Pds France.

Une hypothèse qui s'avère plus que probable. En effet, pas moins de 50 bus de 53 personnes chacun, selon les chiffres de la commission de communication, ont été mis en place pour acheminer les adhérents du Pds aux Docks de Paris, à Saint-Denis. Abdoulaye Wade en deuxième position avec 2.062 votants, soit 18,49% des voix selon les statistiques d'Abdou Karim Seck, l'ingénieur en statistiques lors du scrutin.

Les fantasmes du vote ethnique

Le compte y est difficilement, sans additionner les autres votants en faveur de la candidature du président sortant, venus de leur propre moyen. « Nous allons prendre des mesures dans l'éventualité d'un second tour auquel notre candidat prendrait part », s'engage Mamadou Lamine Sané. Une polémique qui n'est pas la seule à émailler l'après-scrutin.

« Nous dénonçons avec la dernière énergie l'accusation du vote ethnique dont notre candidat aurait bénéficié », plaide Zacharia Coulibaly, qui met en avant ses propres origines soninké, celles wolof de Sokhna Awa Diop Mbacké, présidente des femmes de l'Apr « et de tant d'autres au sein de la coalition Macky2012 ». « On ne peut pas reprocher à quelqu'un d'être soutenu par sa famille.

Et puis Macky Sall n'est pas le premier candidat Hal Pulaar. Avant lui, il y a eu Djibo Leyti Kâ et Abdourahim Agne, avec un résultat différent », argumente-t-il. Un sujet qui est au centre des questionnements en Normandie, bastion traditionnel d'une immigration en provenance du nord du Sénégal. « Nous sommes dans une région où la diaspora sénégalaise est constituée en majorité de Hal Pulaar.

Donc, c'est difficile d'avoir une projection objective des résultats dans notre circonscription qui placent Macky Sall en première position, avec 553 des 2.262 votants, devant Abdoulaye Wade totalisant 206 voix », analyse Samba Kandji, représentant de Bennoo siggil Senegaal dans les villes de Rouen, Le Havre, Evreux, Caen et Elbeuf.

Le juriste militant de la campagne de Moustapha Niasse déplore un manque de moyens et d'appuis de Dakar « pour expliquer les 90 voix récoltées. Nous avons mis en place une campagne de proximité avec nos propres moyens. Nous n'étions guidés que par nos seules convictions en faveur de Moustapha Niasse ».

Tout en gardant un oeil attentif et intéressé sur les résultats au Sénégal, les quartiers généraux des Fal 2012 et de Macky 2012 en France semblent les seuls à rester sur le qui-vive en vue d'un éventuel second tour de la présidentielle sénégalaise.

Ads by Google

Copyright © 2012 Le Soleil. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

Focus Sur

Les observateurs dressent le bilan du scrutin au Sénégal

Élections du 26 Février 2012 au Sénégal

 Le scrutin de l'élection présidentielle de dimanche s'est "bien déroulé" pour conduire à "des résultats acceptables" selon les ... Read more »