Dès son arrivée, le technicien suisse s'est évertué à rééquilibrer le jeu «sang et or» en incluant un milieu supplémentaire. Résultats mitigés.
Decastel est un adepte du 4-3-2-1, ce fameux système en sapin de Noêl qui, pour certains, ferait passer tous les autres schémas de jeu pour de vulgaires stratégies.
C'est dans cette configuration qu'il faisait évoluer ses anciennes équipes du CSS, d'Ezzamalek et du WAC.
Et c'est comme ça qu'il fait jouer l'Espérance aujourd'hui.
Le coach «sang et or» a voulu rompre avec la tradition de deux milieux récupérateurs devant la défense alignée par son prédécesseur, plus favorable au 4-4-2 ou au 4-2-3-1.
Lui préfère un milieu à trois avec un joueur devant la défense (Khaled Mouelhi), sorte de libéro avancé chargé d'orienter le jeu le plus sobrement possible et de couper les trajectoires des passes adverses, puis de ratisseur-relayeur amené à presser sur les côtés et à se projeter vers l'avant dès la récupération du ballon.
Résultat ? Efficace sans être très spectaculaire. Son dernier match en supercoupe face au MAS (1-1) a même été franchement ennuyeux. Cela sans oublier bien sûr la perte du titre.
L'EST paraîet mieux équilibrée et prend peu de buts (0 but en trois matches en Ligue 1 et 1 but en supercoupe), mais donne parfois l'impression d'être coupée en deux avec, d'un côté, des arrières et des milieux récupérateurs (Mouelhi-Aouadhi-Traoui) peu enclins à se porter dans le camp adverse et, de l'autre, un trio offensif (Bouazzi-Y. M'sakni-N'Djeng) allergique aux replis.
Milieu inédit, mais pas performant
La présence de deux milieux assez bas sur les côtés (Aouadhi, Traoui) permet de mieux sécuriser deux zones sensibles, autrefois ouvertes aux quatre vents à cause des largesses défensives de Bouazzi et de Youssef Msakni. Elle permet aussi à ces deux derniers de mieux dynamiser la défense afin de favoriser les mouvements des latéraux (Derbali ou Afful, Chammam), qui sauront de ce fait que les couloirs seront bien protégés.
Aujourd'hui, c'est peut-être encore trop tôt pour dire si c'est mieux ou moins bien qu'avant. L'équipe n'a certes pas encore progressé, mais elle est restée compétitive, ce qui est déjà très bien quand on mesure la difficulté à mettre en place un système différent avec autant de problèmes...
Bref, l'EST a gagné ses trois matches en retard sans encaisser de but, le mérite revenant incontestablement à Moëz Ben Chrifia.
Quelle place pour Iheb Msakni?
Dans une EST qui se veut dominante, Decastel doit choisir entre Bouazzi ou Iheb Msakni. Ce dernier est actuellement à la recherche d'une place en attaque ou à l'entrejeu. Le néo-«sang et or» est ainsi perturbé. A notre avis, il doit remplacer Bouazzi qui ne semble pas à l'aise dans le système du Suisse.
Cela n'empêche que, lors du dernier match face au MAS en supercoupe, l'EST a dévoilé des lacunes et Decastel y est pour quelque chose en s'étant trompé de stratégie et de formation. L'Espérance ne pouvant pas attendre, Decastel a tout intérêt à rectifier le tir.
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