Enfin, Guillaume Soro quittera la primature ivoirienne. De sources concordantes, l'homme qui a dirigé la rébellion ivoirienne a présidé son dernier conseil de ministres hier jeudi 8 mars qui a coïncidé avec la Journée internationale de la femme. Mars 2007-mars 2012, l'homme aura passé cinq années à ce poste, dont quatre sous l'ère Gbagbo.
Premier ministre de crise, Soro aura contribué à sa façon au retour de la paix dans son pays qui avait basculé dans une guère civile, jamais connue de son histoire. Au temps fort de la guerre postélectorale, plus d'un se demandait quel ange pouvait bien l'aider, lui et son mentor ADO, à sortir de l'ornière. Mais tout cela n'est pour eux et pour tous ceux qui ont lutté à leurs côtés pour restaurer la démocratie, que mauvais souvenir. Depuis belle lurette, on se posait plutôt la question de savoir à quand Soro rendrait sa démission pour céder sa place à un du PDCI (Parti démocratique de Côte d'Ivoire), conformément aux accords signés entre les partisans de Houphouet-Boigny au second tour en novembre dernier. Avec cette démission annoncée de Soro, on tend vers une application effective de ces accords. « Les bons comptes font les bons amis », comme dit l'adage. Jeannot Ahoussou, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, serait en pole position du côté du PDCI pour remplacer Guillaume Soro.
Toujours est-il que le tout prochain Premier ministre aura la lourde tâche de faire ce difficile ménage à trois entre le PDCI, le RDR (Rassemblement des républicains) et les FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire). Aura-t-il donc les coudées franches, comme son prédécesseur, pour exercer tous les pouvoirs qui lui seront dévolus ? La question mérite d'être posée quand on sait que jusqu'ici, le vrai pouvoir reste, en grande partie, dans les mains des ex-rebelles auxquels ADO doit aussi son fauteuil. Une autre question, et non des moindres, est celle relative à l'avenir de l'ex-patron des rebelles. En effet, Soro démissionne au moment où la CPI (Cour pénale internationale) étend le champ de ses enquêtes sur les exactions commises en Côte d'Ivoire jusqu'en 2002.
Le patron des ex-Forces nouvelles pourrait-il être face à la Justice internationale, pour des besoins d'enquêtes, surtout qu'on dit que de lourds soupçons pèsent sur lui et ses proches dans les crimes commis durant la longue guerre civile pré-électorale ? Son éventuel poste de président de l'Assemblée nationale le mettrait-il à l'abri de tout souci de la Justice internationale ? Difficile de répondre à ces questions pour l'instant. Au demeurant, l'homme lui-même ne manque pas d'affirmer à toutes les occasions, qu'il n'a rien à se reprocher. On peut le croire jusqu'ici.
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