Le Pays (Ouagadougou)

Burkina Faso: Droits humains - Se souvenir et bannir l'incivisme

Le 30 mars 2012, le ministère des Droits humains et de la Promotion civique a organisé un panel à la Chambre de commerce, d'industrie et d'artisanat de Bobo-Dioulasso.

La commémoration de cette journée répond à une volonté politique initiée le 30 mars 2001, à travers la Journée nationale du pardon par le chef de l'Etat, à la suite des troubles sociopolitiques qu'a connus le Burkina. Il s'agit de marquer un regard rétrospectif sur les cas de violation des droits humains et de s'inscrire dans une perspective de promotion et de protection de ces droits.

Les années 1998-1999 ont laissé un impact indélébile dans la mémoire collective des Burkinabè, tant les évènements sociopolitiques avaient fini par mettre longtemps sur le fil du rasoir la paix sociale dans notre pays. Une douzaine d'années plus tard, les Burkinabè se souviennent encore mais veulent aller de l'avant. Le 30 mars 2001, date de la première célébration de la Journée nationale du pardon, le chef de l'Etat avait pris sur lui l'engagement de commémorer le 30 mars, chaque année, en souvenir de la promotion des droits humains et de la démocratie.

Ainsi, depuis 2003, cette Journée s'inscrit dans les activités que le ministère en charge des questions des droits humains organise dans plusieurs localités du pays. Cette année, le thème retenu est « Droits humains et promotion du civisme : quelle stratégie pour une citoyenneté responsable au Burkina Faso ? » Une réflexion bien justifiée et qui mérite d'être menée au regard de la crise sociopolitique qu'a connue le Burkina Faso, courant 2011. Cette crise qui a encore mis la paix sociale à mal décrit la fragilité de la situation politique et sociale. Et les organisateurs reconnaissent que la paix et la tolérance sont des valeurs qui ne sont jamais définitivement acquises. C'est pourquoi, il convient de les promouvoir et de les préserver.

A cet effet, deux axes essentiels se dégagent. Il s'agit de poursuivre les efforts dans la culture de la bonne gouvernance et de sensibiliser les populations au civisme et au respect des droits humains. Cette commémoration intervient dans un contexte où les droits de l'Homme ont été éprouvés, voire bafoués dans notre pays. En effet, le premier trimestre de l'année 2012 a encore été agitée et le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale, Soungalo Ouattara, représentant le Premier ministre, de rappeler quelques faits marquants : « Des familles ont encore été endeuillées à la faveur des évènements malheureux survenus, notamment à Guénon et à Bobo-Dioulasso ». L'on peut en citer d'autres plus pathétiques mais le constat qui se dessine est qu'il existe un environnement de tensions récurrentes marqué par une remise en cause de ce qu'il convient d'appeler « des acquis démocratiques ».

Cette défiance vis-à-vis de l'Etat et des institutions devient un véritable casse-tête pour le gouvernement. Et l'heure est venu d'inviter les Burkinabè à une vraie culture de citoyenneté et à regarder ensemble dans la même direction pour partager les valeurs de pardon, de civisme, de tolérance, de retenue et d'humilité chères à notre République. C'est du moins l'objectif qui est recherché à travers cette démarche du gouvernement. Le public bobolais semble adhérer à cet idéal puisque le 30 mars dernier, la grande salle de conférences de la Chambre de commerce a refusé du monde.

Un public jeune, certes, mais qui constitue la principale cible quand on connaîet l'activisme de ces jeunes scolaires lors des différentes manifestations. Les mutations sociopolitiques sont un must et induisent nécessairement des efforts de changement à tous les niveaux. Pour sa part, le gouvernement a joué et continuera de jouer sa part de responsabilité à travers la création d'un environnement juridique et social favorable à l'expression des droits fondamentaux des citoyens, selon Soungalo Ouattara. « La construction et la consolidation de la paix sociale supposent un environnement favorable généré et entretenu par une gouvernance responsable, l'effectivité des droits et libertés de chacun et par une participation effective, citoyenne et responsable à la gestion des affaires publiques de la part de la population.

La création de cet environnement propice à la paix, fondé sur le respect des droits humains, la démocratie, la justice sociale et la tolérance, doit être l'oeuvre de toutes les composantes de la société », a dit le Premier ministre Luc Adolphe Tiao à travers Soungalo Ouattara. Le domaine des droits humains est un domaine de la proactivité, a soutenu le ministre des Droits humains et de la Promotion civique, Albert Ouédraogo. Il a invité le personnel de la Direction régionale des droits humains à créer des canaux de communication afin d'être informé et d'intervenir en temps réel dans les situations de violation des droits de l'Homme.

A l'issue de la rencontre avec ses agents, Albert Ouédraogo a laissé entendre que les questions des droits humains doivent aller au-delà des heures légales de service. Chaque agent doit être en situation de pouvoir intervenir en temps réel sur tous les cas qui impliquent les questions des droits humains. Sur les préoccupations soulevées par le personnel de la direction régionale, le ministre a souhaité que les doléances soient traitées dans le respect de la procédure administrative pour suite à donner. La visite du ministre s'est étendue à deux associations : l'Association Deni-Dêmê et l'Association des aveugles malvoyants espérance.

Selon le ministre, cette visite vise à renforcer le partenariat avec les organisations de la société civile avec lesquelles son département partage le même champ d'action. Plusieurs doléances ont été soumises au ministre par le responsable de l'école des malvoyants : manque d'infrastructures et de moyen de locomotion ainsi que le déficit de formation pour les enseignants.

Le ministre s'est dit disposé à faire un plaidoyer pour leur cause et à créer une facilitation avec les ministères compétents afin que des mesures idoines soient prises. Pimé Germain Zongnaba, directeur régional des droits humains, s'est réjoui de la visite de leur ministre de tutelle. « C'est un levain pour encore renforcer la visibilité et l'efficacité dans la promotion et la défense des droits humains », a-t-il conclu.

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