La Presse (Tunis)

Tunisie: Kamel Krifa - A l'origine d'une success story, fut un rêve

Acteur et producteur, résidant à San Francisco, Kamel Krifa, la soixantaine bien tassée, représente le prototype du héros d'une success-story façon hollywoodienne. Parmi nous pour rencontrer l'une des costumières de la super production Hands of Stone dont il est le coproducteur et qui sera interprétée par Robert de Niro et Gael Garcia Bernal.

Mais, il avoue, aussi, qu'il compte construire ses propres studios de cinéma, monter des coproductions avec des parties tunisiennes et surtout contribuer à relancer les tournages de films étrangers dans nos merveilleux décors à ciel ouvert. Ce qui ne peut que concourir au développement de notre cinéma dans ses aspects économique, culturel et social.

Pour en savoir plus sur le parcours et les ambitions de ce self-made man nous l'avons rencontré. Nous déroulons, ici, son itinéraire ainsi que ses futurs projets.

Dés, l'âge de 7 ans, Kamel Krifa rêvait de cinéma et de films d'action, complètement fasciné par le genre qu'il a découvert, durant les années 60, dans les salles de cinéma populaires de la capitale en regardant les «Maciste», «Hercule» et autres opus.

Sur la terrasse de la maison paternelle sise au Bardo, il rêvait et priait Dieu afin de briller dans les domaines du cinéma et du sport. «C'était, pour moi, comme décrocher la lune».

Les Arts martiaux représentaient à ses yeux le sport qui allait l'amener loin, très loin... il en parle : «Depuis ma tendre enfance, j'ai commencé à pratiquer le judo, mais à 11 ans j'ai changé mon fusil d'épaule et j'ai entamé des cours de karaté, trois ans plus tard je me mis au jui jutsu, un art martial de self-défense». Ces dernières disciplines contribueront, par la suite, à lancer sa carrière cinématographique.

Avant que son rêve ne devienne réalité, il décida de travailler très dur. Ainsi, à l'âge de 13 ans, quand il n'était qu'en 2e année secondaire, il s'inscrivit dans une école hôtelière allemande à Bizerte où il brilla dans toutes les matières, raflant un chapelet de tableaux d'honneur.

Le secret de son succès est simple : «Quand tout le monde dormait, je veillais jusqu'à 3h00 du matin, lisant et priant, pour me lever à 6h00 comme tout le monde».

Recruté dans un hôtel à Tunis, il se distingua par son dynamisme et son sens des responsabilités, il réussit à décrocher une bourse de l'Office du tourisme pour un stage en Allemagne où il s'est marié et eut un enfant à l'âge de 17 ans.

Trois ans plus tard, il partit en Belgique où il travailla dans plusieurs cha&icircenes hôtelières internationales grimpant rapidement les échelons.

En parallèle, il continua à pratiquer les arts martiaux et s'inscrivit dans un centre de karaté où il s'entra&icircena au full-contact et au kick-boxer:

«C'est- là que j'ai fait la connaissance de Jean-Claude Van Damme, âgé alors de 13 ans, tandis que j'en avais 20. On est devenu d'excellents amis. A 27 ans, je me mis à mon propre compte et j'ouvris mon propre restaurant à Bruxelles», précise K. Krifa.

Kickboxer, le légionnaire et Hands-stone

Son ami Van Damme émigra aux Etats-Unis à l'âge de 22 ans et connut un succès fracassant quelques années plus tard, plus précisément en 1989, avec Kickboxer de Mark DiSalle : «J'ai été invité au festival de Cannes où Van Damme faisait la promo du film.

Remarquant la forte amitié qui nous liait, le réalisateur américain DiSalle insista pour que je fasse une apparition dans son film suivant, Coups pour coups. Ce n'était pas de refus.»

Voilà que le rêve de Kamel Krifa se réalise et qu'il voit son voeu s'exaucer puisqu'il suivit son ami aux Etats-Unis et s'installa à San-Francisco, afin que le rêve devient réalité avec «la conquête» de Hollywood, à l'âge de 37 ans. «J'étais désormais acteur et entra&icirceneur exclusif de Jean Claude Van Damme dans les arts martiaux.

De 1990 à 1994, j'ai encha&icircené les rôles dans plusieurs films d'action comme Double impact, tourné à Hong-Kong, Lion- heart, Universal Soldier, Maximum risk et Kickboxer où, sélectionné sur 1200 candidats, j'ai joué le rôle d'un méchant en diable. Je me rappelle, surtout, du calvaire des 3 heures de maquillage et du tatoo représentant un dragon sur mon épaule.

En 1997 j'ai joué dans le Le légionnaire le rôle d'Abdelkrim Khattab qui était spécialement écrit pour Omar Sharif, mais finalement le réalisateur Peter Mc Done, par ailleurs metteur en scène et coproducteur de 3 épisodes de Harry Potter, a tranché en ma faveur».

Au fil des ans et des films Kamel Krifa devint l'entra&icirceneur des stars à Hollywood. Outre Van Damme, il entra&icircene Steven Segal, Colin Farell, Michel Rodriguez, John Foo et d'autres. Ce qui n'est pas sans susciter l'admiration de Karim Hasnaoui, assistant de production qui nous a présenté ce self- made man.

Van Damme:et De Niro...

Kamel Krifa ne s'est pas limité à jouer dans les films d'action qu'il affectionne tant, avec son pote Van Damme mais il s'est également essayé à la production, puisqu'il a coproduit plusieurs opus dont Le légionnaire et où il a participé au financement à hauteur de 20 millions de dinars.

«Actuellement je prépare Hands of Stone de Jonathan Jacubowicz une nouvelle super production que je coproduis et dont le coût s'élèvera à 35 millions de dollars, soit 70 millions de dinars.

Le tournage de ce film sera à 30% tourné en Tunisie et je suis en contact avec le producteur Néjib Ayed afin qu'il soit le producteur exécutif de cette partie du tournage». Ce long métrage raconte l'histoire du boxeur panaméen, Roberto Duran, l'un des dix meilleurs boxeurs de tous les temps, qui remporta une couronne mondiale dans quatre catégories différentes.

Devenu professionnel dès l'âge de 16 ans, il remporte, en 1980, le titre mondial des poids moyens WBC en battant Sugar Ray Leonard, son principal rival, mais suite à un accident cet adulé des foules sportives, de par le monde, déserte le ring à l'âge de 51 ans.

Le rôle de celui qu'on surnomme Les mains de pierre sera interprété par Gael Garcia Bernal, acteur célèbre ayant joué dans des films importants, tels Limits of Control de Jim Jarmush ou La mauvaise Education de Pedro Almodovar.

Robert De Niro incarnera le rôle de Ray Arcel, l'entra&icirceneur de Roberto : «Il faut dire que De Niro est tombé amoureux du script dont il a peaufiné l'écriture, je suis sûr que le scénario lui rappelle Raging- Bull dans lequel il campait, il y a 25 ans, le rôle du boxeur.

Fidèle à la tradition de l'Actor-Studio, De Niro est allé jusqu'en Colombie pour rencontrer le boxeur et son entra&icirceneur Arcel afin d'explorer à fond le personnage qu'il va camper», souligne K.Krifa qui a également coproduit et codistribué plusieurs films avec Mario Kassar dont Rambo, Stargate, True life et Basic Instinct 1 et 2, Charlie Chaplin.

La préparation de Hands of Stone durera 3 mois et le tournage autant. Autre projet important : Dream Fighter coproduit avec le même M. Kassar et interprété par Michel Rodriguez.

Hard-work : la clé de la réussite

Mais quelle est la clé de la réussite d'un parcours aussi peu ordinaire que celui de Krifa ? La réponse est claire et sans détour : Hard-work, Hard-work.

Autrement dit travailler dur, très dur, mais aussi : Veiller et prier d'autant que, insiste-t-il «Le rêve américain est désormais beaucoup plus difficile à réaliser avec les problèmes de visa, de crise économique, d'augmentation du coût de la vie et de l'acuité de la compétition de plus en plus vive».

Maintenant, après une carrière bien remplie, Kamel Krifa ambitionne de mener plusieurs actions dans son pays natal : «J'ambitionne de construire des studios à Ras-Jebel, je compte développer, également, les coproductions avec des parties tunisiennes, et je suis en contact avec certaines d'entre elles. Je ferai, également en sorte, de stimuler les tournages de films étrangers dans nos décors.

Car la Tunisie a perdu sa première place de studios à ciel ouvert pour les films étrangers au profit du Maroc. Il faudrait, donc, qu'elle la retrouve».

Tout un programme, qui, espérons-le, se concrétisera loin des fausses promesses faites, par certains producteurs internationaux, tout au long de ces dernières années, et dont on nous a rebattu les oreilles si longtemps, mais strictement pour rien. Que tous tirent les leçons nécessaires.

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