Les ministres ont pris l'engagement de maintenir haut le niveau de la croissance de l'économie africaine. Libérer le potentiel économique de l'Afrique en tant que pôle de la croissance mondiale».
C'est autour de ce thème que les ministres africains de l'Economie et des Finances et leurs collègues chargés de la Planification du développement ont planché, lors de leur 5e réunion conjointe organisée sous les auspices de la direction des affaires économiques de l'Union africaine (Ua) et la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (Cea).Rencontre qui s'est tenue à Addis-Abeba en Ethiopie, du 22 au 27 mars.
L'économie mondiale est caractérisée, ces dernières années, par des crises à répétition. L'accumulation de la dette des Etats-Unis, la crise de la zone euro, la persistance du chômage, l'augmentation du prix du pétrole et de celui des denrées alimentaires sont, entre autres, les effets de cette mauvaise conjoncture économique. Durant cette période marquée par le marasme socioéconomique, l'Afrique a résisté. Elle a même amorcé une reprise, dès 2010.
Une situation qui réjouit les économistes africains. Et avec eux, les dirigeants de l'Union africaine. M. Jean Ping, le président de la Commission de l'Ua, dira à cet effet : «Une nouvelle géographie de la croissance est en train de se dessiner dans le monde et un consensus de plus en plus large se dégage sur le décollage économique que l'Afrique est sur le point d'opérer. Nous nous réjouissons du fait que notre continent pourrait devenir, dans un avenir proche, la locomotive qui tiendra la croissance mondiale».
Le président de la Commission de l'Ua illustre son optimisme par les dernières performances économiques de l'Afrique. En effet, selon M. Ping, sur les 15 pays ayant une croissance rapide dans le monde, dix se trouvent en Afrique. Mieux, ajoute-t-il, En 2010, deux pays africains ont eu un Pib par habitant supérieur à celui de la Chine, tandis que celui de six autres est supérieur à celui de l'Inde.
M. Abdoulie Janneh, le secrétaire exécutif de la Cea, va plus loin. Selon cet économiste onusien, en raison du regain de croissance, l'Afrique est de plus en plus reconnue comme un marché émergent et un pôle de croissance mondial. «En effet, explique-t-il, un consensus de plus en plus large se dégage sur le fait que l'Afrique est sur le point d'opérer son décollage économique et qu'elle pourrait devenir un pôle de croissance mondial». Pour M. Janneh, cette conviction se fonde essentiellement sur certains facteurs. Notamment les ressources naturelles inexploitées du continent qui fournissent un potentiel d'investissement considérable. Le secrétaire exécutif de la Cea souligne également que la croissance démographique régulière de l'Afrique, si elle est bien gérée, pourrait générer des rendements positifs.
L'Afrique croit désormais à son avenir. Elle veut consolider ses acquis pour passer à une étape supérieure. Les ministres réunis dans la capitale éthiopienne se sont engagés à booster cette croissance. Pour eux, libérer le potentiel économique est une phase importante afin de générer des ressources nécessaires au financement du développement du continent et à l'éradication de la pauvreté.
«Après une longue période de déclin et de croissance lente qui s'est étendue aux années 80 et 90, il est réconfortant de constater que notre continent a réémergé au XXIe siècle comme région riche en possibilités et en perspectives. En effet, alors que récemment elle n'était encore qu'une région enregistrant une croissance lente, l'Afrique est devenue l'une des régions du monde à la croissance la plus rapide, ayant enregistré un taux de croissance annuel moyen supérieur à 5 %, au cours des dix dernières années», se réjouissent-ils dans le rapport final de leurs travaux.
Les ministres africains disent avoir noté que des changements fondamentaux se produisaient sur le continent africain, «qui pourraient bien propulser nos pays vers une transformation structurelle intérieure et mettre la région en bonne position pour devenir une nouvelle source de croissance économique mondiale». «Le dynamisme dont nos pays font preuve, individuellement et collectivement, contraste avec la morosité qui caractérise des pans importants de l'économie mondiale», reconnaissent les ministres africains en charge de l'Economie et de la Planification. Qui ajoutent : «Il se présente là une occasion historique que nous sommes déterminés à saisir, en collaboration avec toutes les parties prenantes, pour le mieux-être de nos populations».
Maintenir la tendance positive
A Addis-Abeba, il a été question du maintien du niveau actuel de croissance du continent africain. Les participants à la rencontre de la capitale éthiopienne soutiennent qu'il est crucial que les gouvernements et les autres acteurs du développement prêtent toute l'attention voulue à divers problèmes qui avaient contribué, dans le passé, à contrecarrer les efforts de transformation structurelle.
« Pour relever ces défis, proposent les ministres, il faudra agir de manière urgente et déterminée dans de nombreux domaines. Notamment pour améliorer les capacités à diriger, la gouvernance et les institutions, amener nos populations à avoir plus confiance en elles-mêmes, renforcer les idées et les institutions, assurer un meilleur conditionnement et une meilleure communication sur les perspectives de développement de l'Afrique...».
Ils se déclarent « conscients » que les tendances et les évolutions en cours dans le monde influent directement et indirectement sur les économies des pays africains. «Néanmoins, nous sommes encouragés par le fait qu'en 2011, le taux de croissance de l'Afrique est resté positif, malgré les chocs mondiaux, et que les perspectives pour 2012 et au-delà sont relativement prometteuses», concluent-ils.
La décision de la Conférence des ministres de l'Union africaine chargés des Ressources minérales de créer le Centre africain de la mise en valeur des minerais, en tant que cadre pour la mise en oeuvre du Plan d'action de la vision africaine de l'industrie minière, a été adoptée par ceux en charge de l'Economie et des Finances.
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