«Il y a un vrai problème de leadership». C'est la conclusion à laquelle est parvenu un diplomate occidental en poste à Abidjan qui nous parlait récemment de l'incapacité d'Alassane Dramane Ouattara à faire face à la situation d'insécurité galopante et de crise sociopolitique qui règnent dans le pays depuis avril 2011.
Evoquant la rencontre que les ambassadeurs de l'Union européenne (Ue) en Côte d'Ivoire ont eue, mardi dernier, avec le chef de l'Etat, au palais présidentiel d'Abidjan-Plateau, il a soutenu : «Les ambassadeurs ont parlé de l'insécurité très inquiétante dans le pays ; de la relance économique, du dialogue politique et de la réconciliation nationale. Certes, nous sommes prêts à aider la Côte d'Ivoire mais il faut des efforts en face. Malheureusement, tout traîene».
Le diplomate a traduit aussi la grosse déception de ses pairs au lendemain du passage de Ouattara sur les antennes de la télévision ivoirienne : «La récente interview télévisée du Président Ouattara ne nous a pas du tout rassurés. C'est aussi l'une des raisons de l'intérêt de la rencontre de mardi dernier». Pour les chancelleries, le ton attendu n'y était pas du tout et cette situation risque de retarder encore les choses pour le pays. «C'est un discours apaisant, rassembleur que l'on attendait et non ce ton quelque peu belliqueux», ajoute le diplomate occidental.
Ce sont donc des ambassadeurs de l'Ue partagés par des sentiments d'inquiétude, de scepticisme et d'espoir qui ont rencontré, mardi dernier, Alassane Ouattara qui était entouré, pour l'occasion, de ses ministres Kablan Duncan (Affaires étrangères), Charles Diby Koffi (Economie et Finances) et Adama Bictogo ( Coopération). Au-delà de la cordialité des échanges, notre source est formelle : «Nos ambassadeurs sont inquiets». Une inquiétude qui pourrait progressivement s'estomper, si «l'opposition, surtout le Fpi du Président Gbagbo, entre au gouvernement et promet de participer aux prochaines élections municipales et régionales», précise notre source.
Comme quoi, les soutiens de Ouattara commencent à s'interroger sérieusement sur les aptitudes de leur «pion» à diriger la Côte d'Ivoire. Car, quand des diplomates, habitués à habiller les mots pour ne point choquer commencent à dire les choses de la façon la plus crue possible en parlant, par exemple, de «problème de leadership», c'est que y'en a marre.
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