Ai-Cameroun — Tous les acteurs de la lutte anti-braconnage affirment que ces condamnations sont un tournant décisif dans ce combat perpétuel.
Le tribunal de grande instance de Yokadouma, chef-lieu du département de la Boumba-et-Ngoko, région de l'Est, a condamné, mardi 03 avril 2012, 17 braconniers d'éléphants et trafiquants des perroquets gris d'Afrique à des peines allant de 10 à 30 mois de prison ferme et à 77.169.060 francs Cfa d'amendes et dommages-intérêts.
Selon des sources proches du dossier, « les quatre braconniers condamnés à 18 mois d'emprisonnement, à 3 millions francs Cfa d'amendes et 30 millions de francs Cfa de dommages et intérêts avaient été arrêtés avec 14 pointes d'ivoires dans la zone périphérique des parcs nationaux de Boumba-Bek et Nki le 24 mars 2012 ».
De leur côté, Atangana Roger et Onana Lazare, deux braconniers de perroquets sont des récidivistes. Soupçonnés d'être derrière la décapitation de milliers de perroquets gris d'Afrique dans le parc national de Lobéké, ils ont été condamnés à deux ans et demi de prison ferme.
En outre, Atangana et trois de ses complices doivent payer une amende de 4 millions francs Cfa et des dommages et intérêts de 8.000.000 francs Cfa et pourraient purger 2 ans de plus en prison en cas de non-paiement desdites sommes. Le tribunal a enfin ordonné la confiscation et la mise en vente aux enchères des deux motos appartenant à Atangana.
Une collaboration fructueuse entre la justice, le MINFOF, la WWF et le Laga
Près d'un mois après que le même tribunal ait condamné quatre trafiquants de 44 défenses d'ivoire à une légère peine d'emprisonnement de 30 jours, cette décision constitue une étape importante dans le processus d'éradication du braconnage dans les forêts du Sud-Est Cameroun.
Elle est le fruit de la nouvelle collaboration entre la justice, le ministère des Forêts et de la Faune et les organisations engagées dans la protection de nos écosystèmes telles que le Fonds mondial pour la nature (Wwf) et le Last great apes organisation (Laga) et marque un tournant dans l'histoire de l'application des lois contre le braconnage dans le Sud-Est du Cameroun.
Désormais, les choses ne seront plus comme avant
Selon David Hoyle, directeur de la conservation pour le WWF au Cameroun, «Nous félicitons la magistrature camerounaise pour avoir appliqué à la lettre la loi, et espérons que ces décisions serviront de dissuasion pour arrêter le carnage aveugle de la faune sauvage au Cameroun. Ce verdict va certainement stimuler le moral des gardes forestiers qui ont été jusque-là attristés et déçus par la série des jugements doux prononcées par les tribunaux au fil des années. »
Pour Balla Ottou, le chef section faune de la Boumba et Ngoko, l'un des quatre représentants du Ministère des Forêts et de la Faune lors du procès, « les choses n'allaient jamais plus être les mêmes et nous avons besoin de telles décisions pour arrêter l'hémorragie ».
Quant au Dr Zacharie Nzooh, le Chef de Projet du WWF pour Lobéké, « Les arrestations sont régulièrement faites, les procès-verbaux acheminés vers les tribunaux, mais quelques temps après ces suspects sont libérés ».
Au moins 50 éléphants sont abattus au Sud-Est Cameroun chaque année, selon les rapports lutte anti-braconnage.
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