Comme cela lui était trop souvent arrivé cette saison, le CA a plutôt déçu dans le 111e derby de l'histoire. Opposé à un ensemble «sang et or» qui roule pied au plancher et vise un dixième succès consécutif, le Club Africain, revu et corrigé par Ben Chikha, n'a pas tenu ses promesses dans ce sérieux examen de maturité.
Mercredi dernier, dans le désert d'El Menzah, à l'occasion du derby du silence, c'est un ensemble en équilibre instable qui nous a été donné à voir. D'ailleurs, ce déséquilibre traduit l'ensemble du parcours du club de Bab Jedid, cette saison.
Son derby n'aura pour ainsi dire duré qu'une mi-temps. Par la suite, c'était l'effondrement physique et mental. Les coéquipiers de l'excellent Ifa, coeur de lion et combatif à souhait, ne possèdent-ils plus les ressources pour tenir le coup 90 minutes durant, eux qui sont supposés appartenir au cercle fermé des grosses écuries du foot national?
Si tel était vraiment le cas, ce serait grave et impardonnable par rapport à l'échelon auquel aspire accéder le club «rouge et blanc». Par ailleurs, il faudra mesurer, dans la perspective de la suite de la saison, l'écart séparant actuellement les deux grands rivaux aussi bien au niveau du fonds de jeu, du potentiel humain que des ressources financières.
Ainsi eut-on droit à un contraste saisissant entre le jour et la nuit lors du derby.
Au départ, parfaitement organisés sur le terrain, toujours les premiers sur le ballon et remportant systématiquement les duels, avec, notamment, un N'djeng mis sous l'éteignoir par Ressaïssi, les Clubistes paraissaient alors tenir le bon bout de cette rencontre pas comme les autres. Parfois même eut-on l'impression que les hommes du Suisse Michel Decastel n'allaient plus jamais pouvoir échapper à l'étreinte asphyxiante du frère ennemi.
Et puis, le néant, ou presque! les copains de Karim Nafti allaient faiblir drôlement.
Comme si, point de vue physique et mental, ils n'étaient programmés que pour 45 minutes seulement. Tout vint alors à leur manquer : fraîecheur, ressources, concentration et même conviction. Il faut également admettre que les deux changements opérés par l'entraîeneur espérantiste Michel Decastel à la pause ont tiré la machine «sang et or» de sa torpeur.
Pertinent et intelligent, ce double coup de poker (Chammam à la place de Ben Mansour, Awadhi qui relève Afful) va complètement transformer le visage du leader, permettant d'accélérer la reconversion côté gauche et de fixer l'arrière-garde de Ben Ayoub à partir du moment où Awadhi se plaça très haut, tout près de l'avant-centre N'djeng. Il fallait le faire !
Un exode massif lourd de conséquences
Mais au-delà de la énième déception de la saison, des erreurs arbitrales qui l'ont précipitée sans néanmoins devoir la justifier, car en deuxième mi-temps, il n'y avait absolument plus photo tellement le CA sembla paralysé, au-delà aussi des performances médiocres alignées par Ben Chikha qui n'est pourtant guère tombé de la dernière pluie, certaines vérités méritent d'être rappelées à mi-parcours :
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