Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, a pris son bâton de pèlerin le 13 avril dernier pour entamer une tournée qui l'a conduit dans plusieurs localités des régions du Nord et du Sahel.
Après avoir assisté, la veille, à Ouahigouya, à une double cérémonie qui a consacré le lancement de l'assurance volontaire de la CNSS et à l'inauguration du nouveau Centre hospitalier régional de Ouahigouya, le Premier ministre a mis le cap sur Titao, chef lieu de la province du Loroum où il a visité le Centre d'éducation de base non formelle (CBNEF).
C'est à 9 h 17 mn que le chef du gouvernement et la forte délégation qui l'accompagnait ont été accueillis à la place de la Nation par la population en liesse. Civisme oblige, c'est en choeur qu'élèves, enseignants, autorités locales et tous les ministres ont entonné le Ditanyé, l'hymne national du Burkina.
C'est à juste titre que le maire de Titao, Boukary Jacques Niampa, a dit toute sa joie et celle de ses administrés d'accueillir dans sa ville le chef du gouvernement. S'il reconnaîet que la présence de Luc Adolphe Tiao à Titao entrait dans le cadre d'une visite du Centre d'éducation de base non formelle (CBNEF).
Il s'est réjoui du fait qu'il ait choisi Titao dans son itinéraire. Le maire a surtout axé son message sur le cas des enfants travaillant sur les sites aurifères. Pour étayer ses propos, il a fait cas d'une visite effectuée le 9 avril dernier à Titao par l'Ambassadeur de France au Burkina, Emmanuel Beth.
Au cours de ce voyage, le diplomate français a souhaité visiter le site d'or de Rimassa à quelques encablures de Titao. Par la suite, il a été touché de voir les enfants de 6 à 9 ans dans les trous au lieu d'être à l'école.
Partageant sa préoccupation avec son hôte, ce dernier tenait donc à la faire au Premier ministre. Le CBNEF qui a nécessité l'escale du chef du gouvernement à Titao existe il y a de cela 10 ans.
Ce centre a vu le jour grâce au soutien du Projet d'appui au secteur de l'éducation de base (PASEB). Sa création est une suite logique de la mise en place des Engagements nationaux.
L'Etat, dans le souci de donner une seconde chance aux enfants qui n'ont pas réussi à l'enseignement classique, avait donc pensé juste de créer 104 centres pour les besoins de la cause. Et le centre de Titao, s'il n'existait pas, il fallait vraiment le créer, en ce sens qu'il brille aujourd'hui de mille feux.
Depuis sa création en 2002, le centre a, à son actif, 119 jeunes inscrits au cycle de base pour y recevoir un apprentissage en langue nationale, en Français et en sciences de la vie et de la terre.
A ce jour, le centre a pu former, avec brio, 3 apprenants en confection de grillage, 15 menuisiers en bois, 8 menuisiers métallique, 12 en animation, 19 en tissage, 32 en menuiserie, 38 en mécanique et 81 en couture.
Au cours de l'année scalaire 2011-2012, le CBNEF de Titao comptait au total 132 apprenants dont 96 filles. Il a mis sur le marché de l'emploi plusieurs travailleurs.
Le centre, aux dires de son directeur, fait de la rigueur son cheval de bataille ; ce qui justifie ses bonnes performances scolaires. A titre d'exemple, la 3e promotion a fait un taux de succès de 85,36% à l'examen interne et 54% au Certificat de qualification professionnelle (CQP).
Tous ces résultats obtenus l'ont été dans des conditions de travail parfois difficiles. Et le directeur du CBNEF de profiter de la tribune à lui offerte pour énumérer les difficultés qui se résument en 3 points : insuffisance d'équipements, manque d'ateliers de formation, l'insécurité au sein du centre due au défaut de clôture.
Mais en dépit de toutes ces contraintes, le centre reste ambitieux. Il envisage déjà de créer de nouvelles sections, notamment l'électricité, la restauration, la coiffure et la plomberie. De quoi réjouir le ministre délégué à l'Education non formelle, Zakaria Tiemtoré « Il faut croire au CBNEF.
Aujourd'hui, nous pouvons nous réjouir de tous les résultats engrangés par le CBNEF de Titao. Au nom du Premier ministre ici présent, je voudrais franchement féliciter tous les acteurs pour leur abnégation au travail.
Je voudrais aussi remercier tous les partenaires techniques et financiers qui nous ont accompagnés et continuent de nous accompagner dans le projet ».
A l'issue de la cérémonie, le Premier ministre a félicité tous les acteurs et les a exhortés à plus de travail. En guise de récompenses, les apprenants ont reçu des prix des mains du Premier ministre.
Ainsi, le 1er prix national en mécanique est allé à Boureima Hamidou de Gorom-Gorom. Il a reçu un lot de matériel de Travail. W. David Yaméogo a, lui, remporté le 1er prix national en maçonnerie.
Venu de Bobo-Dioulasso, il a reçu les mêmes récompenses que son prédécesseur. Idem pour Fabrice de Poa (Boulkièmdé) dans la catégorie soudure.
Le 1er en menuiserie bois se nomme Jean Bosco Tiemdrébéogo du Kadiogo tandis que Aguérata Bélem du Loroum (Titao II) a décroché le prix en couture. C'est la visite des locaux du centre qui a mis fin à l'escale du Premier ministre à Titao.
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