Photo: M. Hallahan/Sumitomo Chemical Co. Ltd Washington — L'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) marquera la Journée mondiale de lutte contre le paludisme ce 25 avril en présentant au Congrès un rapport documentant les progrès considérables réalisés dans la réduction de la mortalité due au paludisme grâce aux investissements accrus, notamment faits par les États-Unis, dans le cadre de la campagne mondiale contre cette maladie.
« La mortalité chez les enfants de moins de 5 ans a enregistré une baisse extraordinaire dans toute l'Afrique subsaharienne de pair avec l'accroissement massif des efforts de maîetrise de la maladie », lit-on dans le Sixième rapport annuel au Congrès sur l'Initiative présidentielle de lutte contre le paludisme (President's Malaria Initiative, PMI).
Lancé par les États-Unis en 2006, ce programme cible 15 pays d'Afrique subsaharienne particulièrement vulnérables au paludisme et auxquels il offre des mesures de contrôle de la propagation de la maladie : distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticide, pulvérisations d'insecticide à l'intérieur des maisons, tests de diagnostic et médicaments antipaludiques améliorés, etc.
Les sondages menés à l'échelle nationale auprès des ménages dans la plupart des pays ciblés font ressortir des changements rapides dans les taux de mortalité de toutes causes chez les enfants de moins de 5 ans. Ces progrès ont été le plus marqués au Rwanda, où l'on a enregistré une baisse de 50 % du nombre de décès infantiles, et aussi au Sénégal où le taux a été de 40 %.
Neuf autres pays ont signalé une baisse de leur taux de mortalité infantile liée au paludisme : Angola, Éthiopie, Ghana, Kenya, Madagascar, Malawi, Tanzanie, Ouganda et Zambie.
On s'inquiète particulièrement pour les enfants du fait qu'ils ont le moins de chances de survivre à la maladie. Le paludisme est causé par le parasite Plasmodium qui est propagé par la piqûre de moustiques infectés. En 2010, 90 % des décès dus au paludisme se sont produits en Afrique, ses victimes étant principalement des enfants âgés de moins de 5 ans.
L'élargissement des efforts de prévention du paludisme par le biais de l'Initiative présidentielle et d'autres partenariats d'envergure mondiale a permis d'atteindre des dizaines de millions de personnes qui vivent dans les régions où le parasite sévit le plus. Le rapport soumis par l'USAID au Congrès note les résultats suivants :
Les programmes de pulvérisations d'insecticide de la PMI ont protégé plus de 28 millions de personnes en 2011.
La PMI a financé l'achat de plus de 59 millions de moustiquaires et en a distribué plus de 31 millions depuis 2006.
Plus de 92 traitements antipaludiques ont été distribués par le programme en six ans.
En 2011, la PMI a étendu ses efforts à d'autres pays, mettant en oeuvre des activités de contrôle de la propagation du paludisme en Guinée et au Zimbabwe, tout en élargissant ses programmes au Nigéria et en République démocratique du Congo. Actuellement, la PMI est opérationnelle dans 19 pays africains, ainsi que dans la région du Grand Mekong, y compris en Birmanie, en Thaïlande, au Laos, au Cambodge, au Vietnam et dans la province de Yunnan en Chine.
« La prévention et la maîetrise du paludisme forment un volet majeur des objectifs de l'aide à l'étranger du gouvernement américain », selon le rapport sur la PMI remis au Congrès. Le président George W. Bush a réaffirmé l'engagement des États-Unis à lutter contre cette maladie en allouant à la PMI la somme supplémentaire de 1,27 milliard de dollars échelonnée sur cinq ans à partir de 2006. Puis en 2008, le Congrès s'est engagé à débloquer 5 milliards de dollars de plus sur cinq ans.
L'USAID fournit également un financement séparé à des programmes de lutte contre le paludisme au Burkina Faso, au Burundi et au Soudan du Sud, de même qu'elle soutient, dans le cadre de l'Initiative amazonienne contre le paludisme, des projets en Bolivie, au Brésil, en Colombie, en Équateur, en Guyane, au Pérou et à Suriname.
La Journée mondiale de lutte contre le paludisme est marquée le 25 avril, date à laquelle, en 2000, 44 dirigeants africains s'étaient réunis au Nigéria pour proclamer l'engagement de leur pays à réduire de moitié en l'espace de dix ans le taux de mortalité due au paludisme. « Dans la décennie qui s'est écoulée depuis, les financements et les efforts accrus ont permis une multiplication des interventions efficaces contre le paludisme, dont a découlé une baisse des taux de morbidité et de mortalité dans de nombreux pays », selon le matériel publié à cette occasion par l'Organisation mondiale de la santé.
En 2010, on a enregistré 216 millions de cas de paludisme et 655.000 décès imputables à cette maladie, selon les estimations de l'OMS, soit une baisse de 17 % de son incidence et de 25 % du taux de mortalité dans le monde depuis 2000.
Pour la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, l'OMS a choisi cette année le thème suivant : « Maintenir les progrès, Sauver des vies : Investir dans la lutte contre le paludisme ». Elle entend ainsi souligner la nécessité de consolider les acquis et de continuer de soutenir les interventions visant à combattre cette maladie.
Les auteurs du rapport de la PMI au Congrès abondent dans ce sens. « Les gains sont fragiles, et le partenariat mondial contre le paludisme doit rester vigilant face aux menaces potentielles », écrivent-ils. Parmi ces menaces figurent le potentiel de résistance accrue aux antipaludéens et la résistance aux insecticides, qui se sont révélés efficaces pour éliminer les moustiques.
La PMI s'insère dans une stratégie en faveur de la santé dans le monde qui part du constat suivant : la santé de la population aux États-Unis est liée à celle des populations du reste du monde. L'initiative du président Obama pour la santé dans le monde (GHI, Global Health Initiative) porte sur une vaste gamme de programmes et d'investissements dans le secteur de la santé d'environ 80 pays. Elle s'emploie notamment à forger des partenariats avec d'autres gouvernements non seulement pour améliorer la santé de leurs citoyens, mais aussi pour accroître leur capacité en matière d'administration de programmes sanitaires. La GHI vise à réduire considérablement le fardeau du VIH/sida, du paludisme et de la tuberculose aussi bien qu'à améliorer la santé maternelle et infantile, la nutrition et la planification familiale dans le monde.


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