Charles Taylor, président du Liberia entre 1997 et 2003, a été déclaré hier jeudi 26 avril coupable de crimes de guerre en Sierra Leone par le tribunal spécial chargé de juger les responsables présumés des atrocités commises durant la guerre civile dans ce pays. C'est du moins ce qu'a rapporté Reuters dans son édition d'hier jeudi.
A 64 ans, il devient le premier ancien chef d'Etat africain condamné par une juridiction internationale.
«L'accusé est pénalement responsable (...) d'avoir aidé et encouragé la commission de crimes», a déclaré le juge Richard Lussick, en énumérant les onze chefs d'accusation, au Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL). La lecture du jugement a duré plus de deux heures.
Charles Taylor était notamment jugé pour sa responsabilité présumée dans des crimes de guerre et contre l'humanité, en particulier meurtre, viol, esclavage sexuel et enrôlement d'enfants soldats lors de la guerre en Sierra Leone de 1991 à 2002, qui a fait plus de 50 000 morts et des milliers de mutilés.
Vêtu d'un costume bleu foncé et d'une cravate bordeaux, Taylor, qui a plaidé non coupable, est resté calme et silencieux à la lecture du verdict.
Charles Taylor a été inculpé en 2003 durant la dernière année de son mandat par le TSSL avant d'être arrêté trois ans plus tard au Nigeria où il s'était réfugié.
Il a été transféré en 2006 pour être jugé dans une chambre délocalisée du TSSL, au sein des bâtiments de la Cour pénale internationale (CPI).
Il est accusé d'avoir commandé et armé en sous-main les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) en Sierra Leone.
Ce jugement est riche en pédagogie pour la simple raison qu'il servira de leçon aux autres dictateurs encore en fonction en Afrique. Bien plus l'épilogue du feuilleton Taylor sans doute contribuer efficacement au respect des fondamentaux des citoyens en Afrique et dans le reste du monde.
Reste qu'après la publication des peines qui seront requises en charge de Taylor le 30 mai prochain que les autorités sierra léonaises envisagent déjà de trouver des voies et moyens susceptibles dédommager les victimes oubliées de la guerre de Sierra Leone.
Pour tout dire ce procès augure une autre ère qui met fin à l'impunité.

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