La journée de solidarité avec les orphelins est passée cette année presque inaperçue dans un pays religieux comme le Sénégal. Or au Fouladou, une région où ils sont de plus en plus nombreux les orphelins du sida se débattent dans d'énormes difficultés. Une situation très visibles dans certaines familles dont les orphelins en plus d'être traumatisés par la perte de leurs parents, sont torturés au quotidien par la pauvreté. Un douloureux phénomène dont les victimes croulent quotidiennement dans la misère et dans l'oubli.
Modou c'est son nom d'emprunt. Il aura bientôt 11ans. Il est élève en classe de Ce2 dans une école publique de kolda commune. Il est né avec le Vih. Son papa était un homme de tenue qui est décédé des suites de cette terrible maladie. Il vit avec une mère séropositive. Brillant élève, Modou paie le lourd tribut d'être né d'une famille séropositive. A son âge il manie déjà bien l'outil informatique. Tout ceci a été rendu possible grâce a son suivi médical. En effet il est déjà sous traitement antirétroviral ARV comme sa mère qui fait tout pour que son fils puisse observer régulièrement son traitement.
Toutefois elle redoute une chose, celle du choc que va ressentir ce dernier quand elle lui annoncera son statut de séropositif. Mais l'enfant développe déjà une curiosité qui l'inquiète. « Il ne cesse de me demander pourquoi il doit prendre chaque jour des traitements alors qu'il n'est pas malade. Pourquoi je suis le seul à prendre ce médicament ? » Des questions que la maman évacue vite en cherchant souvent à inventer des explications.
Modou fait partie des 213 enfants orphelins recensés par l'Association des PVVIH de Kolda. Le chiffre est loin d'être exhaustif, nous explique un des responsables de la structure. «Ce chiffre ne concerne que les orphelins qui adhérent à la structure. Et il y a d'autres qui ne sont pas répertoriés ». Mais Modou est un orphelin chanceux car sa mère est encore vivante et l'accompagne avec rigueur dans son traitement. En plus, son père qui était fonctionnaire à laissé une pension qui permet à la famille de survivre.
Une situation totalement différente de celle de la petite Aicha qui nous a été présentée en compagnie de sa grand mère. Ses parents ont tous été emportés par le sida. Elle, également est née avec le vih. Elle vit avec sa grand-mère qui est sans revenu. Elle passe régulièrement au siège de l'Association des pvvih de Kolda pour demander de l'aide. Le permanent indique que la vieille ne connaîet pas le statut sérologique de sa petite fille. «Nous la faisons souvent venir pour faire son suivi médical heureusement qu'elle n'est pas encore sous traitement ARV. Et nous avons beaucoup de cas se trouvant dans la même situation».
Le permanent de l'association des personnes vivants avec le vih à Kolda indique que sa structure rencontre beaucoup de difficultés pour couvrir les besoins de ses membres dont la plupart sont des orphelins. «On dit souvent que le traitement du vih est gratuit mais on oublie que pour avoir ce traitement il faut beaucoup d'analyses payantes.
En plus, la prise des ARV impose un régime riche en calories et autres vitamines. Ainsi un enfant qui prend les ARV sans prendre son petit déjeuner peut avoir d'énormes difficultés pour suivre à l'école. Même les adultes qui n'ont pas quoi manger ne peuvent pas prendre de médicaments. Il arrive que nous enregistrions des abandons dans le traitement chez des malades qui disent que les médicaments aiguisent l'appétit. C'est pourquoi les personnes qui n'ont la possibilité de trouver de quoi manger sont exposées à des difficultés. »
Or l'appui qui était accordé aux personnes vivant avec le vih s'est réduit de manière drastique dans la région du Fouladou et/où la pauvreté fait des ravages. Une situation aujourd'hui aggravée par la rareté de l'aide des partenaires techniques et financiers.
Seule l'Ong HACI avec un financement du fonds mondial de lutte contre le vih continue à appuyer l'Association de kolda par l'achat de médicaments et la distribution « 20kg de riz par trimestre pour 15 enfants ». Il y a certes des partenaires qui travaillent avec les autorités sanitaires mais qui oublient les associations de personnes vivants avec le vih et qui ont en charge des orphelins. D'où l'appel lancé à tous pour dire « Il faut que les nouvelles autorités pensent au pvvih au fouladou. Nous n'avons pas de soutien ici surtout en cette période de veille de saison des pluies nous souffrons avec nos orphelins. »

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