Burundi: Le représentant de l'UE lance de sérieuses mises en garde à l'élite du pays

L'Union européenne a lancé hier aux décideurs burundais de sérieuses mises en garde sur plusieurs sujets de préoccupations. C'est le chef de la délégation de l'Union européenne au Burundi, Stéphane De Loeker, qui s'est chargé de ce message, mercredi 9 mai au soir, lors d'une cérémonie officielle organisée à Bujumbura devant un parterre composé de plusieurs ministres, parlementaires, hommes d'affaires et leaders de la société civile.

Parmi ces préoccupations, la question des tensions ethniques qui refont surface et celle de la corruption. Le représentant de l'Union européenne au Burundi, Stéphane De Loeker, a profité d'une cérémonie officielle à Bujumbura, le 9 mai 2012, pour mettre les pieds dans le plat, histoire sans doute de créer un électrochoc au sein de l'élite burundaise qui se pressait autour de lui.

Premier sujet de préoccupation pour Stéphane De Loeker, les tensions ethniques qui semblent ressurgir au Burundi, un pays dont l'histoire récente a généré de nombreux massacres interethniques : « Nous sommes préoccupés des relents d'ethnisme que nous sentons poindre de manière diffuse. Nous souhaitons aujourd'hui nous mettre tous en garde solennellement contre tout nouvel accès d'ethnisme qui n'apporte que malheur et désolation ».

Le Burundi s'enfonce de plus en plus dans les classements des pays les plus corrompus du monde. L'Union européenne, premier bailleur de fonds de ce pays, semble désormais à bout de patience.

Elle l'a fait savoir très clairement hier. « Nos opinions publiques européennes sont certes prêtes, malgré les difficultés à faire preuve de solidarité, poursuit Stéphane De Loeker, mais ne pourraient accepter des détournements de fonds ou des pratiques de corruption, qui restent malheureusement courantes dans ce pays, au Burundi, encore moins lorsque nos propres citoyens sont appelés eux-mêmes à se serrer la ceinture ».

Bujumbura, si prompt d'habitude à taper sur les doigts de tous ceux qui le critiquent, a fait profil bas cette fois. Le ministre en charge de la Culture, Jean-Jacques Nyenimigabo, qui a représenté le gouvernement burundais au cours de cette cérémonie, s'est contenté d'assurer que le Burundi était déterminé à faire face à tous ces défis, sans beaucoup convaincre apparemment.

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