Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Prévalence en hause chez les jeunes filles - L'ANCS indexe la sexualité précoce et ouvre le plaidoyer

L'Alliance nationale de lutte contre le Sida a animé avant-hier, mercredi 16 mai un atelier de partage sur la problématique de la prévalence du VIH/Sida dans la région de Sédhiou. C'est en réponse à un taux jugé élevé dans la région, propulsé, relève-t- on par une sexualité précoce chez les jeunes filles en l'occurrence. Des recommandations sont formulées à l'endroit des leaders d'opinion, des acteurs de l'école et autres partenaires pour infléchir la tendance.

« Sédhiou fait partie des quatre régions du pays les plus affectées par l'infection du VIH/Sida. Ces régions affichent le double du taux national. Et dans la région de Sédhiou l'enquête a montré que le taux est de 1,1%. Et si on ajoute les cas de grossesses précoces qu'on y retrouve surtout en milieu scolaire, on se rend compte que les jeunes sont les plus touchés ». Ce constat est de l'Alliance nationale de lutte contre le Sida (ANCS) profondément préoccupée par la prévalence dans la nouvelle région de Sédhiou. La vulnérabilité sévit chez le plus chez les jeunes filles affirme-t- on, conséquence des grossesses et mariages précoces surtout en milieu scolaire.

Mercredi dernier, l'ANCS a installé son quartier général à Sédhiou pour animer un atelier de plaidoyer auprès des autorités, des leaders d'opinion et autres partenaires afin d'asseoir un cadre opérationnel de protection et de prévention de l'infection virale à VHI/Sida. Mme Magatte M'bodji Guèye la directrice exécutive de l'ANCS note que « nous avons vu dans les statistiques et dans les études qui ont été menées dans la région de Sédhiou que la sexualité précoce est très élevée ici chez les jeunes filles. Nous avons enregistré dans la région plusieurs cas des grossesses non désirées au niveau des établissements scolaires mais également des cas de grossesses précoces. Et ce sont autant de facteurs de vulnérabilité chez les jeunes ».

Mme Guèye la directrice de l'ANCS de poursuivre qu'« il est attendu des participants des discours visant à faire changer les comportements à risque. C'est une journée de plaidoyer au cours de laquelle les différentes parties prenantes posent la question de vulnérabilité surtout chez les jeunes filles, de dégager des stratégies de sensibilisation et de mobilisation pour éviter ces cas de grossesses précoces et de formuler les recommandations pour mener ensemble le combat devant conduire à réduire la prévalence ».

Pour un accompagnement financier des partenaires

La phase actuelle de l'Alliance nationale de lutte contre le sida s'estompe en 2015 avec possibilité de retrait des partenaires financiers. A ce sujet, l'ANCS manifeste ses craintes quoique relative «en fait les bailleurs nous ont dit qu'ils vont réduire leurs contributions en espérant que les Etats vont s'engager à apporter eux aussi leurs contributions pour qu'on puisse avoir un panier avec la contribution de l'Etat et celle des bailleurs de fonds. Qui dit réduction de contributions dit réduction des interventions sur le terrain, ce qui ne nous arrange pas au vue des résultats obtenus surtout les dix dernières années. Au Sénégal les engagements ne sont pas souvent suivis d'actions concrètes. On peut ratifier l'ensemble des déclarations mais quand il s'agit de les appliquer, ça pose problème. Nous invitons les collectivités locales à inscrire les programmes de lutte contre le sida dans leur budget», a ajouté Mme Magatte M'bodji Guèye.

Elle invite l'État à en assurer le suivi pour combler le gap en appoint à ce service public de prise en charge de la question du Sida.

Enfin, au cours des échanges, les chefs religieux musulmans comme chrétiens, les notabilités coutumières et les acteurs de l'école ont promis de jouer leur partition pour inverser la prévalence du VIH/Sida dans la région en rapport avec l'ONG leader Londoo Loloo, sous récipiendaire de l'ANCS à Sédhiou.

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