Notre Voie (Abidjan)

Cote d'Ivoire: Angui Anon - « L'Etat doit payer ses factures pour que les travaux s'achèvent »

interview

Angui Anon, directeur du Service de coordination et d'exécution des projets du ministère de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle ( Sercep), s'explique sur l'état d'avancement des travaux de réhabilitation des structures de ce département, au terme d'une inspection effectuée du 7 au 12 mai dernier à l'intérieur du pays.

 Vous affichez un optimisme par rapport à la fin des travaux de réhabilitation des établissements du ministère de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle avant le mois de septembre prochain. Alors qu'il y a un problème de paiement de factures.

Effectivement, nous venons de visiter les travaux entrepris dans les établissements. Les travaux avancent, mais il y a des difficultés qui sont d'ordre financier au niveau du paiement des décomptes des entreprises. A Gagnoa, par exemple, les travaux sont achevés à 90% et sur fonds propres de l'entreprise. L'entreprise a fait un effort. A Ferkessédougou, les travaux sont avancés à 80%. A Mankono et à Katiola, ils ont à peine commencé. Il n'y a pas de problème de financement à ce niveau. Au niveau du Lycée professionnel de Man où intervient la Banque arabe pour le développement des Etats africains, les travaux avancent parce que cet établissement paie sa partie ; c'est la contrepartie ivoirienne qui n'est pas payée jusqu'à ce jour. Et c'est là que l'Etat de Côte d'Ivoire doit faire un effort pour s'acquitter de sa contrepartie afin que les travaux s'achèvent normalement. Mais j'affiche un optimisme parce que les entrepreneurs se battent, et on se comprend. Je sais que nous allons respecter les délais de livraison des édifices à réhabiliter. Au niveau du Lycée professionnel de Man, il y a 26 bâtiments à réhabiliter dont l'internat.

Quel est le coût de la partie ivoirienne au niveau du Lycée professionnel de Man ?

Je ne saurais le dire avec exactitude. La Côte d'Ivoire paie 13% des 3 milliards représentant le coût du projet et 18% de Tva. Le montant du financement imparti à la Côte d'Ivoire tourne donc autour de 1 milliard 50 millions de FCFA.

 Sur quelle base réhabilitez-vous certains établissements et d'autres non ?

La plupart des établissements visités se trouvent en zones ex-Cno. Ces bâtiments ont été affectés par les crises. Il y a eu des vols, des pillages et des destructions. Ce sont des bâtiments plus dégradés que les autres. C'est pourquoi le Lycée professionnel de Man est délocalisé et les cours se donnent à Abidjan. Tout comme les Lycées professionnels d'Odienné et de Bouaké qui ont délocalisé à Abidjan. Il est donc bon que les établissements de ces zones-là soient réhabilités en priorité afin qu'ils retrouvent leurs sites initiaux. Parce que cette délocalisation joue négativement sur le rendement des élèves et la capacité d'accueil des structures et aussi sur la qualité du travail des enseignants. Les autres établissements qui ne sont pas concernés dans un premier temps ne sont pas des laissés pour compte. Parce qu'il y a un don de l'Union européenne et nous faisons des études pour toute l'étendue du territoire national. Il y a aussi le projet Badea numéro deux qui doit intervenir. Et le ministre de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle a donné des consignes fermes pour la réhabilitation de tous les internats fermés au début de la crise de 2002. Et l'ouverture de ces internats va permettre à tous les élèves de se donner pleinement à leur formation pour avoir de bons résultats. Le coût des 31 internats qui vont être réhabilités est estimé à 7 milliards de FCFA et les études sont en cours au niveau du Bnetd. Et de nouveaux établissements vont être créés. A l'état actuel des choses, notre département dispose de 59 structures au sein desquelles se font les travaux de réhabilitation.

 Le Lycée professionnel d'Odienné est durement affecté par la crise.

Le Lycée professionnel d'Odienné et le Lycée technique de Bouaké sont sur le projet Bid. Le ministère de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle a approché le bailleur de fonds pour que le premier financement disponible soit réservé à la réhabilitation et l'équipement du Lycée technique de Bouaké parce que les études le concernant sont terminées. Il ne reste que les appels d'offres. Les études relatives au Lycée professionnel d'Odienné sont en train d'être finalisées par le Bnetd. Dans un premier temps, on a donné une estimation de 3 milliards 500 millions de FCFA. En clair, ces deux lycées seront réhabilités et équipés.

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