La Presse (Tunis)

Tunisie: Affaire Belhassen Trabelsi - Les deux pays ne disposent pas d'un traité d'extradition

L'ambassade du Canada a ouvert, hier, ses portes pour une louable initiative: collecter du sang auprès du personnel au profit du Centre national de transfusion sanguine.

Les agents et les employés de l'ambassade ont encore une fois répondu favorablement à la requête de l'ambassadeur du Canada, Son Excellence Ariel Delouya, qui n'en est pas à sa première initiative et qui a déjà organisé, l'année dernière, une journée de don du sang, qui a permis de collecter quarante unités de sang.

Après sa prise de sang, Son Excellence Ariel Delouya a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a observé que «c'est la seconde fois que l'ambassade du Canada organise une collecte de sang », relevant, par ailleurs, que cette initiative permet de renforcer l'insertion de l'ambassade canadienne au sein de la communauté tunisienne.

«Personnellement, depuis que j'ai l'âge de donner du sang, je l'ai toujours fait. Ma mission d'ambassadeur prendra fin bientôt. J'espère que cette tradition sera maintenue dans les années à venir».

Evoquant l'affaire Belhassen Trabelsi, l'ambassadeur a relevé que la demande de résidence permanente avait été révoquée par l'organisme fédéral canadien, non convaincu par les motifs avancés par ce dernier.

Bien qu'ils aient été interdits de séjour, M. Trabelsi et sa famille ont, toutefois, la possibilité de demeurer sur le sol canadien, en attendant que la demande d'asile soit examinée. «Il n'existe pas de traité bilatérial d'extradition entre le Canada et la Tunisie, a souligné l'ambassadeur du Canada.

Par contre, une convention sur le crime organisé, signée entre les deux pays, pourrait servir de cadre pour l'extradition de M. Belhassen Trabelsi».

S'exprimant sur la question de l'emploi en Tunisie et l'augmentation du nombre de jeunes chômeurs au lendemain de la révolution, l'ambassadeur a souligné que le Canada avait augmenté le budget alloué au Fonds canadien d'initiative locale qui avait financé par le passé des projets pour la promotion des droits des handicapés.

Ce même fonds pourra, désormais, permettre le financement d'asassociations et de microprojets créés par des jeunes sans emploi.

Il a affirmé qu'«au cours de l'année 2011-2012, le budget alloué à ce fonds a été doublé. Nous avons consacré une grande partie de ces fonds au financement de projets à forte employabilité. Cette année, le montant destiné à ce fonds s'est élevé à près de 220 mille dollars, a permis de créer 20 postes d'emploi direct».

La collaboration entre les deux pays dans le domaine de l'emploi s'est concrétisée depuis des années par la mise en place de programmes visant l'insertion de travailleurs temporaires originaires des pays francophones.

Le Canada a développé ce programme pour pallier le manque de main-d'oeuvre dans certaines spécialités et renforcer les communautés minoritaires francophones dans certaines régions.

En effet, les entreprises et les sociétés canadiennes ont la possibilité d'obtenir une autorisation du ministère canadien des ressources humaines pour faire appel à une main-d'oeuvre étrangère francophone en envoyant des recruteurs dans le pays pourvoyeur en main-d'oeuvre.

Le Canada encourage, par ailleurs, l'insertion des jeunes diplômés de l'enseignement supérieur d'origine francophone désirant poursuivre des études approfondies après une licence obtenue dans une université canadienne, en leur donnant la possibilité d'effectuer un stage de travail dans une entreprise ou une société canadiennes, a, d'autre part, affirmé l'ambassadeur.

«Un étudiant poursuivant des études approfondies a la possibilité de parfaire sa formation en suivant un stage dans une entreprise. L'année dernière, le Canada a accueilli près de 300 mille étudiants étrangers francophones».

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