Dans le souci de redéfinir le rapport du Sénégalais au bien collectif, le chef de l'Etat a annoncé la création d'un Office national contre la corruption. C'était lors de la conférence de restitution des résultats de la mission de rationalisation et de restructuration des services de l'Etat.
Le chef de l'Etat, Macky Sall, a réaffirmé, hier, sa détermination à lutter contre la non transparence dans la gestion des affaires publiques.
Il a annoncé la création d'un Office national anti-corruption. Cette structure sera une autorité administrative qui aura pour mission la prévention et la lutte contre la corruption.
« Elle va promouvoir l'intégrité dans la gestion des finances publiques. Elle pourra saisir la justice et publier des rapports », a indiqué M. Sall qui s'exprimait lors de la présentation de la nouvelle répartition des services de l'Etat.
A côté de cet office, une Commission de restitution et de recouvrement des biens mal acquis sera également créée. Cette entité traquera partout les biens et avoirs dissimulés.
« Il est bien question d'une démarche cohérente », a déclaré le chef de l'Etat. Macky Sall a indiqué que son modèle de gouvernance s'articule autour d'un leadership fondé sur le mérite et l'intégrité. « Le 25 mars a consacré le Sénégal comme une démocratie majeure, citée en exemple par la communauté internationale.
Une nouvelle citoyenneté a émergé dans nos villes et dans nos compagnes », a-t-il souligné. Le président de la République a réaffirmé sa volonté d'inscrire son action dans la sobriété et la vertu.
« La transparence et l'obligation de rendre compte constituent un chantier de première importance qu'il convient d'ouvrir avec détermination », a insisté Macky Sall. Son objectif, c'est d'arriver à une utilisation rationnelle des ressources publiques.
C'est dans ce cadre qu'il faut inscrire la suppression des 59 structures, la réactivation de la Cour de répression de l'enrichissement illicite et d'autres mécanismes.
Le chef de l'Etat a précisé que la Cour n'est pas réactivée pour un combat partisan. Il compte élargir ses missions pour une meilleure répression des crimes économiques.
Audits : la loi sera appliquée
Le président de la République a également annoncé la création d'une Commission de suivi des politiques et programmes publics. Cette entité formulera des avis sur les politiques publiques et leur mise en oeuvre.
Dans un souci de mieux satisfaire les administrés, Macky Sall a exhorté les agents de l'Etat à être plus à l'écoute des usagers du service public. « Que les usagers du service public soient considérés comme des clients », a-t-il lancé.
En ce qui le concerne, le chef de l'Etat a promis d'être au service « exclusif » de la satisfaction des problèmes des Sénégalais. Les sorties de dignitaires de l'ancien régime sur les audits annoncés et la réactivation de la Cour de répression de l'enrichissement illicite n'ébranlent pas le chef de l'Etat.
Il a promis que la loi sera appliquée. « Quelles que soient l'opposition et la volonté de résistance, je vais faire appliquer la loi », a déclaré Macky Sall, lors de la conférence de presse de restitution des résultats de la mission de rationalisation et de restructuration des services de l'Etat. Toutefois, il a précisé que tout se fera dans le respect de la réglementation et dans la transparence.
« La loi sera égale pour tous. Il y aura des audits », a-t-il assuré, en réaffirmant sa volonté d'aller jusqu'au bout. Macky Sall a rappelé qu'en cas de changement de régime, des audits seront faits pour faire l'état de lieux. Aussi demande-t-il à ceux qui s'activent pour contrecarrer la réactivation de la Cour de répression de l'enrichissement illicite de se calmer.
Nominations de ministres conseillers
Le président de la République a déclaré, hier, avoir respecté ses engagements pris lors de la campagne électorale sur la taille du gouvernement. Celui-ci est constitué de 25 ministres.
« Seuls, les ministres du gouvernement doivent avoir un personnel. Les ministres conseillers n'ont pas de cabinet », a précisé Macky Sall. Il a expliqué que la nomination de ministres-conseillers répond à une volonté d'avoir des collaborateurs biens formés et rompus à la tâche.
« L'Etat ne me permet pas de payer 500.000 francs Cfa à un fonctionnaire. Je peux nommer un ministre conseiller pour lui permettre d'avoir un salaire d'un 1.500.000 francs Cfa. » Le chef de l'Etat a demandé, en faisant allusion aux dignitaires de l'ancien régime, « de se taire ».
Le Conseil des ministres dans les régions
Le chef de l'Etat Macky Sall a rappelé, hier, que son gouvernement sera « toujours à l'écoute des populations ». Dans ce souci, il a annoncé que le Conseil des ministres sera souvent décentralisé dans les régions. Ainsi, entre juin et juillet, des capitales régionales abriteront le Conseil des ministres.
A travers cette mesure, le chef de l'Etat veut toujours être à l'écoute des citoyens. «Nous pourrons, après la réunion du Conseil des ministres, échanger avec les populations pour identifier leurs problèmes et apporter des réponses », a indiqué Macky Sall.
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